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Pommes, pêches, poires : comment transformer votre balcon en verger

Par Emilie Dehu I Publié le 29 Avril 2016

INFOGRAPHIE. En ville, ou lorsque l'on a un petit jardin, cultiver des arbres fruitiers est une option que peu d'habitants envisagent. Cela est pourtant parfaitement possible grâce aux arbres fruitiers colonnaires ! Voici la marche à suivre.


Des fruits frais à portée de main... même en ville (Crédit : Diapicard/Pixabay)
Des fruits frais à portée de main... même en ville (Crédit : Diapicard/Pixabay)
Sur votre balcon inondé de soleil, vous êtes enfoncé dans un transat. Lorsque soudain, une petite faim. Que faire ? Briser le charme de l'instant et regagner la cuisine ? N'y pensez pas. Vous n'avez qu'à tendre le bras... et à cueillir la belle pomme rouge qui poussait là, près de vous.

Beaucoup l'ignorent, mais il n'est pas nécessaire de posséder un jardin pour avoir à disposition des fruits frais, gratuits, sans pesticides, qui, en prime, embellissent l'extérieur. Un balcon, une petite terrasse ou un minuscule lopin suffisent. Car certains arbres fruitiers vivent très bien dans des pots !
 
C'est ce que l'on appelle, chez les pépinieristes, les arbres fruitiers colonnaires, taillés de façon à pousser à la verticale. Ils se composent d'un tronc (porte-greffe) qui se prolonge par une branche verticale mesurant entre 1m50 (minimum requis pour une bonne productivité) et 2,50 m de haut, sur 30 cm de large.
 

Pommiers colonnaires (Crédit : plantes-et-nature.fr)
Pommiers colonnaires (Crédit : plantes-et-nature.fr)
Cette technique d'arboriculture peut être appliquée à différentes espèces  : prunier, abricotier, cerisier, pêcher, amandier, nectarinier, citronnier... Mais celles qui épousent le mieux ce type de taille arboricole sont des variétés spécifiques de pommes et de poires. Autant de fruits poussant sur des arbres colonnaires que les pépiniéristes vendent à un stade de croissance déjà avancé.

Les fleurs et les fruits accolés le long de leur colonne ont longtemps fait de ces arbres un élément décoratif des jardins. Plusieurs variétés de pommiers colonnaires portent aujourd'hui des noms de châteaux français (Versailles, Villandry, Amboise...) en hommage à Jean-Baptiste de la Quintinye, jardinier de Louis XIV et "précurseur à Versailles de la conduite des arbres fruitiers en espaliers, plantés le long des terrasses et des palissades afin d'être protégés du vent, mais bien exposés pour profiter du meilleur ensoleillement", explique le site rustica.fr



La culture de ces arbres fruitiers nains est simple et accessible à tout le monde. La première récolte a lieu l'année qui suit la plantation, et les tailles à pratiquer sont légères : en hiver pour maintenir la forme de l'arbre, en été pour concentrer sa sève vers les bourgeons.
 
Vous voulez vous y mettre ? Suivez le guide.
 

Cerisier colonnaire (Crédit : moneden.fr)
Cerisier colonnaire (Crédit : moneden.fr)

QUAND ET OÙ ACHETER VOTRE ARBRE ?

Pour installer chez vous un arbre déjà en pot, qu'importe l'époque de l'année. Mais si vous faites l'acquisition d'un arbre cultivé en terre et livré racines nues, ou si vous décidez de réaliser votre greffe vous-même, l'idéal est de le faire entre la Toussaint et la mi-avril.

À noter que les pépinières et les jardineries sont mieux fournies en arbres fruitiers au printemps et à l'automne. C'est donc à cette période que vous aurez le plus grand choix.
 

COMMENT LE PLANTER ?

Vous pouvez utiliser tout type de récipient, tant qu'il est assez profond et large pour que les racines de votre arbre y soient à l'aise. Évitez le plastique, qui peut se fissurer. Préférez-lui un matériau lourd pour assurer la stabilité de l'arbre, avec un trou pour le drainage. Les bacs en fibre de béton, en résine, ou les bacs d'orangerie (en bois) sont parfaitement adaptés. L'idéal est de choisir le plus gros pot possible, pour ne pas avoir à rempoter l'arbre par la suite lorsqu'il sera "installé".

Plantez le pied à la même profondeur que celle où il se trouvait en terre (le précédent sol laisse une trace sur le tronc). Pour un meilleur drainage, il est possible d'ajouter de l'humus ou du sable à la terre.

Bien que chaque variété ait ses spécificités, tous les arbres fruitiers ont besoin d'un bon ensoleillement : Idéalement six heures de soleil par jour pour devenir robuste et produire des fruits sains. Veillez donc à ce que le lieu de vie de votre arbre soit bien exposé.

Abricotier colonnaire (Crédit : biogarden.ch)
Abricotier colonnaire (Crédit : biogarden.ch)

COMMENT LE NOURRIR ?

L'un des inconvénients de la culture en pot est qu'elle oblige à un arrosage fréquent car le sol sèche beaucoup plus vite que lors d'une plantation en terre. L'intérieur du pot ne doit être ni détrempé ni sec. Dès que les premiers centimètres de terre sont secs, arrosez jusqu'à ce que l'eau soit drainée vers le fond du récipient.

Le conseil arrosage de Xavier Poillot, paysagiste en Bourgogne : "C'est comme un fondant au chocolat où vous plantez la pointe de votre couteau ! Pour savoir si vous devez arroser, plantez un tuteur ou un doigt, et s'il ressort propre, c'est qu'il a besoin d'eau !"
 
Pensez enfin à nourrir régulièrement votre arbre avec un engrais bio adapté à sa variété. "Il faut lui apporter des nutriments, et pour cela rien de mieux que de l'engrais bio adapté, explique Xavier Poillot. Non seulement cela vous évitera d'avoir des fruits plein de produits chimiques, mais ils ont en plus une durée d'action plus longue que les engrais traditionnels."

Voici le menu annuel de l'arbre colonnaire conseillé par Xavier Poillot :
 
- Petit-déjeuner au printemps, pour aider votre arbre à se réveiller doucement de l'hivernage.
- Déjeuner en fin de printemps (juin), pour aider votre petit à produire fleurs et fruits.
- Dîner en automne (septembre-octobre), pour requinquer votre colonne avant l'hiver.

(Credit : Unsplash/Pixabay)
(Credit : Unsplash/Pixabay)

COMMENT LE TAILLER ?

La taille va permettre à votre arbre de conserver sa forme verticale, et l'aider à diriger un maximum de sève vers les fruits. Elle dépend de la variété choisie, mais de manière générale vous pouvez prévoir deux tailles annuelles pour votre petit arbre :

- Une taille de formation en hiver pour conserver sa forme.

- Une taille de fructification en été (juin ou août), qui permettra à la sève de se concentrer dans les bourgeons porteurs de fruits.

QUE FAIRE EN HIVER ?

En période de basses températures, il est conseillé de protéger vos arbres du froid de la nuit en les plaçant en intérieur ou en les protégeant avec un textile. 

À SAVOIR AVANT D'ACHETER UN ARBRE DÉJÀ TAILLÉ

(Crédit : cocoparisienne/Pixabay)
(Crédit : cocoparisienne/Pixabay)
Il est possible d'acquérir directement des pommiers et poiriers taillés en colonne. Côté prix, il faut compter entre 35 et 65 € pour un pommier colonnaire d'un à deux ans. Ces derniers peuvent vous être livrés racines nues et vous devrez veiller à bien les protéger de la lumière jusqu'au moment de planter.
 
À noter que les producteurs développent actuellement de nouveaux arbres. Pêchers, cerisiers et pruniers font leur apparition chez certains arboriculteurs.

Cerisier colonnaire (Crédit : jardiplante)
Cerisier colonnaire (Crédit : jardiplante)

COMMENT "FABRIQUER" SON PROPRE POIRIER OU POMMIER ?

Pour cela, vous devrez choisir une variété autofertile, ou au minimum deux variétés compatibles pour la pollinisation. Tout d'abord, il vous faut greffer une branche de la variété choisie sur un porte-greffe.

La bonne adaptation de votre arbre à un environnement restreint dépend ensuite de la technique d'élagage :
 
- Lorsque l'arbre commence à se développer, taillez les branches latérales à trois noeuds du tronc central. Les deux plus proches seront ceux qui bourgeonneront, et le dernier sera utilisé comme "bouchon" à la pointe de la tige pour que la sève ne soit pas bloquée brusquement.  
 
- Lorsque les bourgeons se forment, coupez ce "bouchon" pour que les fruits des deux premiers noeuds reçoivent de la sève avec davantage de vigueur.

LES CONSEILS "PLUS" DE XAVIER POILLOT

(Crédit : Emilie Dehu)
(Crédit : Emilie Dehu)
"Quoiqu'il se passe, n'ayez pas peur de l'échec ! Même si le premier n'est pas un succès, ce n'est pas une raison pour abandonner votre projet ! En cas de doutes ou pour une approche plus technique, n'hésitez pas à vous rapprocher d'un paysagiste de l'UNEP (Union nationale des entreprises du paysage) pour des conseils. Comme pour un bonzaï, la longévité de votre arbre fruitier dépendra principalement de l'espèce choisie et des soins que vous lui apporterez !"
"Il faut être attentif à votre arbre chaque jour, un peu comme un animal de compagnie ! Vérifier ses besoins en eau quotidiennement, veiller à ce qu'il ne soit pas malade..."




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