Connectez-vous S'inscrire
We Demain, une revue pour changer d'époque
Assureur partenaire de We Demain

Pour prévenir des inondations et préserver sa baie, San Francisco taxera ses habitants

Par I Publié le 9 Juin 2016

Les habitants de la ville californienne ont voté "oui" à cette mesure le 7 juin. San Francisco sera donc la première aux États-Unis à prélever cette taxe auprès de sa population. Explications.


La baie de San Francisco (Crédit : Paul.h/ Wikimedia Commons)
La baie de San Francisco (Crédit : Paul.h/ Wikimedia Commons)
Au niveau mondial, les "villes et les zones côtières sont terriblement mal préparées pour le genre de risques climatiques et de catastrophes naturelles auxquels notre monde va devoir faire face dès maintenant" : C'est ce que prouve une étude du programme Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR), qui dépend de la Banque mondiale.

Relayée fin mai par l'organisation de recherche scientifique et climatique Climate central , cette dernière avance qu'en 2050, 1,3 milliard de personnes seront menacées par la détérioration des rivières et les inondations côtières. Des prévisions qui ont poussé la ville de San Francisco à prendre des dispositions pionnières pour préserver son patrimoine et sa baie, qui accueille plus de huit millions d'habitants, des catastrophes naturelles attendues.

La crue de la Seine à Paris, en juin 2016 (Crédit : p.guayacan/FlickR)
La crue de la Seine à Paris, en juin 2016 (Crédit : p.guayacan/FlickR)

Flyer des pourfendeurs de la mesure AA (Crédit : DR)
Flyer des pourfendeurs de la mesure AA (Crédit : DR)
Mardi 7 juin, ses citoyens, au terme d'une longue campagne, ont été appelés à voter dans le cadre de la primaire en Californie : Ils ont notamment dû s'y exprimer sur la première taxe régionale de laquelle devront s'acquitter, annuellement et au montant de 12 dollars, les propriétaires de terrains de la baie. Une taxe baptisée "Measure AA" et défendue par la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dont l'objectif est de générer 500 millions de dollars sur 20 ans pour soutenir des projets environnementaux.

Concrètement, l'argent collecté par ce biais devra servir à renforcer le littoral pour le protéger des inondations, tout en aidant à revitaliser les marais, qui aident à assainir les eaux de la baie et hébergent sa faune et sa flore sauvages.


Une mesure inédite à l'échelle américaine, qui a bénéficié d'un large soutien de la part des écologistes, des entreprises, des politiques locaux et d'une centaine d'organisations environnementales, mais qui a peiné à convaincre certains défenseurs des droits des contribuables, notamment ceux des personnes à plus faible revenu.

Selon ces derniers, cette taxe environnementale est un cadeau fait aux
habitants les plus riches de la baie et les entreprises technologiques, basés en bord de mer et donc plus exposés au changement climatique que les propriétaires des terres, plus nombreux, plus pauvres, et moins exposés aux intempéries.

La question posée aux habitants était la suivante :

"
Pour protéger la baie de San Francisco pour les générations futures en réduisant les déchets, la pollution et les toxines nocives, pour l'amélioration de la qualité de l'eau, la restauration de l'habitat pour les poissons, les oiseaux et la faune, la protection des communautés contre les inondations et l'augmentation des zones côtières accessibles au public, autorisez-vous l'Autorité de San Francisco Bay Restauration à instaurer une taxe par parcelle de terrain de 12 $ par an, permettant de collecter 25 millions de dollars par année pendant vingt ans avec un contrôle citoyen indépendant, des audits et tous les fonds traités localement ?"

Résultat : 69,32 % de votants ( 826 352 voix) en faveur de l'instauration, soit trois points de plus que les 66 % requis pour que la mesure passe. La baie de San Francisco sera donc la première des États-Unis à connaître d'importantes mesures de prévention des intempéries liés au changement climatique. Et ce, grâce à l'argent de ses citoyens.
 





Réservé aux abonnés du site.
Accédez à l'intégralité du n°16 de la revue WE DEMAIN

Pas encore abonné ?
Inscrivez-vous gratuitement !





WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE