Politique

Présidentielle : 14 propositions de la Fabrique Écologique pour peser sur le débat

I Publié le 20 Février 2017

Le débat écologique ne doit pas être une accumulation d'idées vagues mais s’ancrer dans la réalité des citoyens français. C'est l'avis de la Fabrique écologique, un think tank qui souhaite proposer des mesures concrètes aux candidats à l’élection.


En mettant en avant l'aspect pragmatique de ses mesures, le think tank espère faciliter leur adoption (Crédit: Pexels)
En mettant en avant l'aspect pragmatique de ses mesures, le think tank espère faciliter leur adoption (Crédit: Pexels)
Pour être pertinent, le "débat écologique actuel doit s’articuler autour des priorités des citoyens et concerner leur vie quotidienne".

C'est ce que défend la Fabrique écologique, un think tank transpartisan créé en 2013 et réunissant des chercheurs, des professeurs, des journalistes ou encore des syndicalistes .

Parce que la fondation entend faire peser l'écologie dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle, celle-ci a décidé de soumettre à ces derniers quatorze mesures concrètes à l’occasion d’une table ronde organisée à Sciences Po Paris le 23 février prochain.

Logements: rendre attrayante la rénovation énergétique

Selon la Fabrique écologique, agir pour l'environnement contribue positivement à l’activité économique, au pouvoir d’achat ou encore à l’emploi. A ce titre, le think tank cite en exemple sa première proposition qui vise à éliminer la pauvreté énergétique d’ici 2022.
 
Cette dernière concerne 1,6 millions de foyers en France, qui consacrent plus de 15% de leurs revenus à leurs factures d'énergie. La Fabrique veut donner la priorité à la réalisation de travaux de petite et moyenne ampleur pour les personnes habitants dans de véritables "passoires énergétiques". D’une manière générale, l’effort en terme de rénovation énergétique des logements doit être massif.

En effet, l'habitat représente 15% des émissions totales de gaz à effet de serre de l'Hexagone. Mais les français hésitent à effectuer les travaux nécessaires "en raison d’un manque de confiance vis-à-vis des professionnels du secteur", explique la Fabrique.
 
Celle-ci souhaite donc lancer au niveau national un programme de rénovation énergétique fortement identifié par une marque, qui doit clarifier la lisibilité des professionnels.

Les technologies sont prêtes pour l’autopartage (Crédits : Damien Roué/Flickr)
Les technologies sont prêtes pour l’autopartage (Crédits : Damien Roué/Flickr)

Transports: dépasser le modèle de la voiture individuelle

Pour la Fabrique écologique, la "politique s’est montrée trop fataliste face aux pollutions qu'engendrent les transports".

Ainsi, la première génération de politique de réduction de la voiture en ville aurait fait augmenter les embouteillages au point de perdre le bénéfice attendu sur la santé. Encore aujourd’hui, la voiture stationne 95% de son temps et son taux de remplissage s’établit désormais à 1,05.
Un gaspillage considérable sachant que "les technologies sont prêtes aujourd’hui pour l’autopartage, le covoiturage ou encore la voiture autonome partagée", avance le think tank.

Une pleine compétence  aux régions  pour  l es énergies renouvelables décentralisées (Crédits: Pixabay)
Une pleine compétence aux régions pour l es énergies renouvelables décentralisées (Crédits: Pixabay)

Démocratie: vers plus de dialogue au niveau des collectivités locales

Côté politique territoriale, la fondation prône une logique de décentralisation. "Nous voulons aller à l’encontre de ce discours de centralisation développé par les candidats", affirme-t-elle.

En matière d’énergies renouvelables, il faudrait donc confier aux régions une compétence globale pour leurs développements avec une marge de manœuvre réelle.

Pour encourager la décentralisation, une autre mesure vise à articuler démocratie sociale et environnementale. Chaque collectivité qui le souhaite doit avoir le droit d'organiser un dialogue collectif environnemental sur son territoire.
"Cela devrait permettre de développer rapidement des actions concrètes, telles que la protection de la biodiversité dans les zones humides", avancent les membres du think tank.

L’éducation à l’environnement suppose des expériences concrètes (Crédit: Pixabay)
L’éducation à l’environnement suppose des expériences concrètes (Crédit: Pixabay)

Education: sensibiliser l'ensemble de la population à l'écologie

Une  biodiversité qui n’est actuellement pas la préoccupation des français, estime la Fabrique écologique. Le think tank voudrait mettre en place un réseau de lieux dédiés à la sensibilisation à la biodiversité ainsi qu'un "dossier éco-citoyen de la transition écologique" pour chaque élève, de la maternelle à la terminale.

Les élèves devront y consigner leurs expériences d'éducation à l'environnement et passer un entretien sur l’éducation environnementale lors d’épreuves comme le brevet ou le baccalauréat.

L’éducation doit aussi se faire dans l’assiette. La Fabrique écologique veut privilégier les produits biologiques, de qualité et de proximité dans les cantines scolaires et pour cela, il est indispensable de bien définir ce que recouvrent ces appellations.

Le but de la Fabrique écologie: se faire piquer ses idées

Au programme également : la limitation du mouvement d’artificialisation des sols ; la création d’un label indiquant la durée de vie estimée des produits ; l'augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique ; la suppression des niches fiscales défavorables à l’environnement et enfin une augmentation de la taxe carbone pour la rendre plus efficace.

De nombreuses idées que la Fabrique serait, selon ses dires, "heureuse de se faire piquer".













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