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Quand les économies de consommation deviennent un sport d'équipe : le défi famille à énergie positive

Par Natacha Delmotte I Publié le 2 Juin 2016

Chaque année, de décembre à mai, des familles s'affrontent en équipe. Leur objectif ? Réduire leur consommation d'énergie de 8 % sans que leur confort de vie ne s'en retrouve altéré. En moyenne, les foyers participants parviennent à économiser 200 euros par an. À Paris, cela équivaut à la consommation de 14 immeubles en un an !


L'équipe des luminins de Poitou Charentes (Crédit : Familles à Energie Positive/Facebook)
L'équipe des luminins de Poitou Charentes (Crédit : Familles à Energie Positive/Facebook)

"[En] installant des ampoules à LED, ou en faisant un peu plus attention aux appareils en veille inutilement, on est arrivés à faire descendre notre facture d'électricité à 16 € par mois". Pour la deuxième fois, Adrien a participé, avec sa compagne Mathilde, au défi famille à énergie positive . Lors de leur première expérience, ils avaient déjà réussi à économiser une centaine d’euros, assure-t-il à France 3 Nord Pas-de-Calais.


Lancée en 2008 en Haute-Savoie par l’association Prioriterre , l'opération "défi famille à énergie positive" s’est étendue depuis 2011 sur l’ensemble du territoire français. Avec, pour chaque famille participante, un objectif par hiver : celui de réduire sa consommation d’énergie de 8 %. Un chiffre qui correspond aux objectifs du protocole de Kyoto , dans le cadre duquel l’Union européenne s'était engagée à baisser de 8 % ses émissions de gaz à effet de serre entre les années 2008 et 2012 (par rapport à celles de 1990).


La répartition nationale des Familles à énergie positive (Crédit : Famille à énergie positive/Facebook)
La répartition nationale des Familles à énergie positive (Crédit : Famille à énergie positive/Facebook)
Cette année, 7 600 familles se sont inscrites au défi. Des familles réparties au sein de 960 équipes, sur 120 territoires différents. Alors que l’édition 2015-2016 touche à sa fin et que les résultats nationaux ne sont pas encore publiés, au niveau local, les équipes communiquent déjà leurs succès : Un succès de taille, qui montre que réduire de 8 % sa consommation d'énergie est facilement réalisable.

200 euros d'économie en moyenne sur la facture

En Haute-Savoie, les 68 foyers qui ont participé ont ainsi réussi à économiser en moyenne 11 %. Dans la métropole lilloise, les treize familles participantes de la ville de Seclin ont réussi à obtenir un gain de 15 %, soit 400 euros d’économie par an et par foyer. En Alsace, vingt équipes, rassemblant au total 170 familles, ont réussi à atteindre 12 % en moyenne de réduction de consommation...

À Paris, ce sont 280 familles qui ont réussi à atteindre un résultat plus que satisfaisant, car dépassant l'objectif initial : 11% d’énergie économisée, soit 118 600 kWh, ou la consommation de 14 immeubles parisiens en un an. Les témoignages individuels sont encore plus étonnants parfois :
“Les résultats pour les 4 familles de notre immeuble sont beaucoup plus importants que ce à quoi je m’attendais : entre 34 et 54 % d’économie d’énergie !” explique Olivier T. à l’Agence parisienne du climat


Il n'est pas nécessaire de tous les énumérer pour se rendre compte que les économies sont réelles : En moyenne, chaque année, les participants réalisent 12 % d’économie d’énergie, ce qui se traduit, sur les factures, en 200 euros de moins à dépenser, par an et par foyer.


Des équipes de familles pour s'aider à économiser

Mais n’imaginez pas que ces performances soient le résultat d'onéreux travaux d'isolation ou d’une détérioration du confort de vie. Pas besoin de prendre des douches froides de deux minutes et de s’éclairer à la bougie. Il "suffit" juste d’optimiser sa consommation d’énergie en rognant les dépenses inutiles, comme le précise Servane, une jeune mère de famille de Pantin qui a participé au défi en 2014 :
 

“On ne nous a pas demandé de révolutionner notre vie. (...) [Mais plutôt d'intégrer d'autres gestes à notre quotidien], des gestes qui correspondent aux contraintes d’une vie moderne et de différentes familles."


Pour participer, aucun prérequis n'est nécessaire, si ce n'est d’occuper son logement depuis au moins un an. Une condition nécessaire pour calculer l'évolution de sa consommation en eau et en électricité depuis l’année précédente.


Afin d'amorcer les économies d’énergie calmement, plusieurs outils sont mis à disposition des familles. Chacune d'entre elles dispose ainsi d'un wattmètres, pour calculer en temps réel la consommation d’énergie des appareils électriques. Mais aussi d'un guide avec 100 éco-gestes, qui alterne entre conseils pratiques et diagnostics, et dont l'ambition est de permettre à chaque famille d’adopter les habitudes les plus adaptées à sa situation. 


Pour maintenir la motivation, les foyers participants sont ensuite réunis en équipes de douze familles maximum, issues d’un quartier, d’une copropriété, d’une association, d’une entreprise, etc. Une organisation qui permet d'éviter de se sentir seul face à un tel changement de vie. Et comme les résultats pris en compte sont ceux de l'équipe, les participants ont tout intérêt à se donner des conseils. 

Une recette gagnante à ce jour, à en croire l'enquête de satisfaction réalisée par Prioriterre, selon laquelle 36 % des participants de la précédente édition qualifient l'ambiance de leur équipe de "conviviale".


Treiz'économes, Wattbusters, LuxoWatt... Les équipes choisissent un nom et pour la fédérer, un capitaine est nommé. Son rôle est de maintenir une certaine motivation et une bonne ambiance en son sein. Il doit, entre autres, rappeler à chacun de relever ses compteurs et organiser des événements.
 

“Un capitaine n’a pas besoin d’être expert en énergie. Son rôle est vraiment plus dans l’organisation et dans la motivation”, explique Maël Thominet, chef d’équipe près de Nantes en 2014-2015, dans une vidéo d’Espace Info Énergie des Pays de la Loire.

De petits aménagements seulement

Réduire sa consommation d’énergie passe par des gestes relativement simples. Par exemple, des petits aménagements pour ne pas perdre de la chaleur : installer des rideaux épais et/ou des volets aux fenêtres, fermer les portes des pièces les moins chauffées, baisser de 1 à 2°C la température de chauffage des pièces : Rien qu'un degré de moins représente déjà 7 % d’économie d’énergie sur une année ! Selon l’Ademe, le chauffage représente d’ailleurs 70 % des dépenses en énergie d'un foyer.



Les éco-gestes passent aussi par des petits changements d’habitude : prendre des douches de moins de 5 minutes, ne pas utiliser le sèche-linge ou éteindre les appareils en veille qui consomment chaque année l’énergie produite par deux réacteurs nucléaires.

Mais pas de crainte, l’adoption de ces nouvelles habitudes est accessible à tous. D’après l’enquête de satisfaction, 93 % des participants ont trouvé que les éco-gestes n’étaient pas contraignants.





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