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Qui sera le prochain homme à marcher sur la Lune ?

Cinquante ans après les premiers pas de l'Homme sur la Lune, les projets d'y retourner se multiplient, sans pour autant se concrétiser. Qui de la Chine, des États-Unis, de l'Inde ou de l'Europe remportera la nouvelle course à la conquête lunaire ?

Par Albane Guichard I Publié le 19 Juillet 2019


L'astronaute Buzz Aldrin, photographié par Neil Armstrong lors de leurs premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969 (Crédit : NASA)
L'astronaute Buzz Aldrin, photographié par Neil Armstrong lors de leurs premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969 (Crédit : NASA)
Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, Neil Armstrong effectue "un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité". Cinquante ans après la première marche de l'Homme sur la Lune, l'idée d'y retourner obsède toujours autant. 

Car aucun humain n'a refoulé le satellite naturel depuis le 11 décembre 1972, date de la mission Apollo 17, il y a presque 47 ans.

Si les Américains restent les seuls à avoir réussi cet exploit, de nombreux pays et entreprises privées se sont aujourd'hui lancés dans la course à la Lune.

Petit tour d'horizon des programmes lunaires en cours.

Les États-Unis et la NASA : objectif 2024

La NASA, l'agence gouvernementale américaine chargée de l'exploration spaciale, entend bien renvoyer des hommes sur la Lune, comme elle l'a fait à six reprises entre 1969 et 1972 (au total, 12 Américains y ont marché). 

Mais au XXIe siècle, il n'est plus question d'y aller simplement pour planter le drapeau aux cinquante étoiles. L'objectif est tout autre : la Lune doit devenir une porte d'entrée sur Mars. 

En décembre 2017, Donald Trump a signé la "Space Policy Directive 1", une directive visant à planifier le retour des astronautes américains sur le sol lunaire, en vue d'un voyage vers la planète rouge.

Un an plus tard, la NASA annonce dans une vidéo promotionnelle sur Twitter le projet de "retourner sur la Lune pour y rester, afin d'aller encore plus loin, sur Mars". 

We're returning to the Moon, preparing to go beyond to Mars. We are going. We are NASA. pic.twitter.com/y24AaicGRy
La mission, nommée Artemis, prévoyait au départ de retourner sur la lune en 2028. Mais le Président américain en a décidé autrement. En avril 2019, il a fait avancer la date limite à 2024, et a par la même occasion octroyé 1,6 milliards de dollars supplémentaires à la NASA.  

Artemis sera-t-elle à la hauteur d'Apollo ? Rendez-vous dans cinq ans pour le savoir. 

La Chine : objectif 2036

En posant son astromobile Yutu sur la Lune en décembre 2013, la Chine s'inscrit officiellement dans la course à la conquête lunaire, jusque-là disputée par les États-Unis et la Russie depuis la Guerre froide. 

Après le succès de cette mission Chang'e 3, la Chine devient la première nation à alunir sur la face cachée de la Lune avec Chang'e 4, début janvier 2019. 

Mais l'Administration spatiale nationale chinoise veut aller encore plus loin en envoyant des hommes sur place, d'ici 2036. L'annonce a été confirmée par le Lieutenant Général Zhang Yulin en avril 2016. 

D'ici là, une nouvelle mission lunaire, sur la surface visible cette fois, est prévue pour la fin d'année afin de ramener des échantillons sur Terre. 

L'Inde : objectif 2021

Le 15 juillet 2019, l'ISRO , l'agence spatiale de l'Inde, devait lancer sa mission lunaire, Chandrayaan-2. En raison d'un problème technique, le départ de la fusée GSLV-MlIII vers le pôle Sud de la Lune a été reporté au 22 juillet.  Si l'alunissage est réussi, l'Inde deviendra le troisième pays à poser un appareil sur la Lune, après les États-Unis, la Russie et la Chine.

Un premier pari qui devrait préparer le suivant : envoyer des astronautes indiens sur le sol lunaire. 

Kailasavadivoo Sivan, président de l'ISRO, a affirmé que le Premier ministre indien Modi a fixé la date de "décembre 2021, avant le 75e anniversaire de l'indépendance" qui aura lieu à l'été 2022. 

Et l'Europe dans tout ça ?

Le gouvernement américain n'a pas souhaité mettre en place une coopération entre la NASA et l'Agence Spatiale Européenne (ESA) pour la première phase du retour sur la lune, prévu en 2024. Une décision qui laisse l'Europe quelque peu en reste. 

En juin, les responsables des agences spatiales européenne, japonaise, canadienne, russe et américaine se sont rencontrés pour discuter d'un accord. La NASA et l'ESA travaillent déjà sur une station en orbite autour de la Lune, baptisée Gateway. 
 

Si l'Agence Spatiale Européenne n'a pas encore défini de date pour une future mission à la surface lunaire, Thomas Pesquet a affirmé, dans une interview pour 20 Minutes  que "même si ça prend quelques années de retard, avant 2030, on aura des astronautes sur la Lune en partenariat avec l’Agence spatiale européenne notamment".

Et l'astronaute français espère bien faire partie du voyage !

Tourisme lunaire, dans combien de temps ?

En plus des agences spatiales gouvernementales, des entreprises privées prévoient d'envoyer des humains sur la Lune. C'est notamment le cas de Space X, l'entreprise d'Elon Musk, Blue Origin, la société de Jeff Bezos, et Virgin Galactic, créée par Richard Branson. 

Les trois hommes d'affaires ont mis en vente des tickets pour des vols spatiaux touristiques, et visent désormais la Lune. Le collectioneur d'art japonais Yusaku Maezawa a même déjà réservé son billet pour un voyage en orbite lunaire, à bord d'une fusée Space X.

Ce premier vol civil vers la Lune est prévu pour 2023. Si le prix du billet n'a pas été dévoilé, la note devrait être salée...

En attendant, si vous n'êtes ni milliardaire ni astronaute, mais que vous êtes à Paris, vous pouvez toujours rêver en parcourant l'exposition consacrée par le Grand Palais aux voyages réels et imaginaires sur la Lune. 
Le tourisme ira-t-il bientôt jusqu'à la Lune ? C'est le projet fou de SpaceX (Crédit : Space X)
Le tourisme ira-t-il bientôt jusqu'à la Lune ? C'est le projet fou de SpaceX (Crédit : Space X)












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