La vie de We Demain

Rencontre avec Mr. Brainwash, l'artiste qui signe la Une de We Demain n°25

Star mondiale du street et pop art, proche de Banksy, l'énigmatique Mr. Brainwash a conçu la couverture du 25e numéro de We Demain, consacrée à la mobilisation inédite lancée pour le climat, des villes aux ONG en passant par les tribunaux. Entretien.

Par I Publié le 11 Février 2019


"Comment demander plus que d’avoir Albert Einstein, un génie toutes générations confondues, nous dire que la vie est belle". (Crédit : Olivier Mastey)
"Comment demander plus que d’avoir Albert Einstein, un génie toutes générations confondues, nous dire que la vie est belle". (Crédit : Olivier Mastey)
Retrouvez cet article dans le n°25 de la revue We Demain. Disponible en kiosque et en librairie le 21 février et sur notre boutique en ligne
    
C’est l’histoire de Thierry Guetta et Mr Brainwash. L’un est un petit gars de Garges-lès-Gonesse, né en 1966, et installé à Los Angeles (on n’en saura pas plus) ; l’autre est une star mondiale du street et du pop art. Les deux ne font qu’un et, très vite, les pistes se brouillent. Cette histoire raconte qu’il est devenu un artiste reconnu en une expo, à Los Angeles en 2008, avant d’être rendu célèbre mondialement par le docu de Banksy sur le street art, en 2010.

Le film, Faites le mur, raconte sa vie de commerçant français à L.A. adorant filmer le travail des street artists (Invader est son cousin) jusqu’à le devenir lui-même. Depuis, les commandes s’enchaînent, Madonna, les Kardashian, tous en redemandent. Mr Brainwash, lui, cultive l’exubérance, fait des œuvres caritatives, des phrases toutes faites, ne répond pas aux questions et joue avec les rumeurs. Brainwash ? Ça veut dire lavage de cerveau en anglais. 
 
En 2010, le monde vous découvre dans le docu de Banksy. C’est votre vraie histoire ?
Mr Brainwash : Il y a dix ans, j’ai fait mon premier show [la fameuse expo qui a attiré les foules à Los Angeles, ndlr] et je suis sorti du noir [il esquive toute question sur les étapes de sa vie d’avant la notoriété]. Je pourrais vous parler de mes shows, aux J.O. de Londres par exemple… Mais ce n’est pas ça l’important. Je vis en temps réel. Cela a toujours été une passion de vie, qui ne s’arrête pas. La vie est un jeu, il faut jouer ! Moi, je joue avec la passion, l’amour et le travail. Un jour, aux Oscars [le film Faites le mur y a été nommé en 2011 dans la catégorie documentaire, ndlr], j’ai repensé à ce moment où j’étais sur mon balcon à Garges-lès-Gonesse  : je regardais le lointain, je me demandais ce que j’allais faire de ma vie. Est-ce qu’un moment en particulier a fait basculer les choses ? Non. Comme disait Jean Gabin, on ne sait jamais. Chaque jour est un nouveau jour. 

"Aimer, c’est aider" (Crédit : Olivier Mastey)
"Aimer, c’est aider" (Crédit : Olivier Mastey)
Imaginiez-vous, à l’époque, que le street art se retrouverait dans les musées, à l’image de vos œuvres ?
Oui, bien sûr. Le plus important, c’est de l’exposer et de le partager. Pour que le maximum de gens puisse le voir.

On vous sait aussi très investi dans des œuvres caritatives.
Aider, c’est tout. C’est aider une vieille dame à traverser. C’est aider en donnant de l’argent, de l’art. J’ai fait 5 millions de dollars en donations l’année dernière. C’est une force que je ne peux pas arrêter. Je voudrais donner 200  millions ! Le reste n’est pas important. Aimer, c’est aider.
 
Et la sauvegarde de la planète, qui fait la Une de ce numéro de We Demain, comment y contribuez-vous ?
Sur toutes mes pièces, il y a quelque chose d’écologique. Le projet est d’aimer le monde et d’essayer de l’améliorer. De pouvoir utiliser même les choses qu’on n’aurai pas pensé utiliser, et de faire quelque chose avec. En 2008, j’ai commencé à faire cela avec des pneus usagés. J’ai fait le bonhomme Michelin. Je me suis dit : "Je ne peux pas m’arrêter." Alors j’ai fait un cheval, des cartoons, comme Mickey. Et je ne me suis jamais arrêté. J’aimerais essayer de faire ça avec les villes, dans les aires de jeux pour enfants. Si, dans le monde entier, on y mettait des pneus, cela aiderait à leur donner une autre vie, une vie. Je n’ai pas encore de contact à ce sujet avec des villes, mais je veux voir cela dans les parcs.
 
Quel est le message de ce dessin de couverture ?
Comment demander plus que d’avoir Albert Einstein, un génie toutes générations confondues, nous dire que la vie est belle. C’est tout autour de la positivité, de l’amour, de la vie, et des couleurs !

"Qui ? Bank Qui ? Time will tell". (Crédit : Olivier Mastey)
"Qui ? Bank Qui ? Time will tell". (Crédit : Olivier Mastey)
Vous signez vos œuvres avec la formule "Life is beautiful". Et le futur, vous le voyez "beautiful" ?
Je ne le vois pas seulement beautiful. Je le vois très très beautiful ! Alors profitez-en.
 
Et vous, comment allez-vous en profiter ?
Quelque chose mûrit en moi depuis dix ans et, cette année, je vais me lâcher. Ça va être le feu d’artifice, sous quelque forme que ce soit. Je ne m’arrêterai jamais de donner de l’amour. J’ai dit : "Je vais faire cinq  livres", on m’a dit "c’est impossible". Alors j’ai dit : "Je vais en faire sept et peut-être même dix !" Il y aura aussi un film, une chanson… C’est une communication avec le monde. Ce sont des petits rêves, qui deviennent une réalité. Dis-toi que la vie est belle. Et à demain !
 
On vous sait proche de Banksy, dont on ne connaît ni l’identité ni le visage. Si proche, que certains vous soupçonnent d’être… lui ! Vous révéleriez ce scoop en exclu dans We Demain ?
Qui ? Bank Qui ? Time will tell. 
    












Newsletter : recevez chaque semaine
une sélection de nos meilleurs articles



wedemain.fr sur votre mobile