Planète

Rob Hopkins : "L'imagination va nous sauver"

Par Julien Millanvoye I Publié le 27 Décembre 2019

Alors que le mot "effondrement" gagne du terrain à chaque nouveau rapport du GIEC, le dernier livre de l’Anglais Rob Hopkins, fondateur du réseau des Villes en Transition, arrive à point nommé. "From what is to what if" redonne des raisons d’y croire, travaux scientifiques et méthodes à l’appui. We Demain s’est entretenu avec lui.


Crédit : Nigel Dickinson
Crédit : Nigel Dickinson

Une interview à découvrir dans notre numéro d'hiver, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne. 
 
Et si ? Le nouveau livre de Rob Hopkins, fondateur en 2006 du réseau des Villes en Transition, qui permet à près de 1 000 villes et villages d’aller vers des modes de vie plus durables, remet cette innocente question à l’ordre du jour.

Et si l’on vivait dans un monde où les écoles cultivent la créativité, où les rues ne sont pas couvertes de goudron mais de cultures bio, où l’on ne travaille que trois jours par semaine, où l’on envisage l’avenir avec confiance et envie ?

Pour réhabiliter cette perspective, et vaincre le changement climatique, Rob Hopkins estime essentiel de reconstruire, réparer et faire s’épanouir notre imagination, individuelle comme collective. Doux rêveur ? Non. Car au sens le plus strict du terme, il a les deux pieds dans la terre et, de façon plus imagée, les deux mains dans le cambouis.

Ensuite parce que les neurosciences établissent un lien clair entre l’imagination et notre capacité à bâtir le futur, à l’envisager, le comprendre et, si besoin – il y en a besoin ! – à le changer. De passage à Rennes pour une conférence organisée par Sans Transition !, "la revue engagée du local au global", il a pris le temps de répondre à nos questions.
 
  • We Demain : Comment est né ce livre ?
 
Rob Hopkins : Des personnalités que je respecte profondément, comme Naomi Klein, Bill McKibben ou George Monbiot évoquent souvent l’idée que le changement climatique serait le fruit d’un échec de notre capacité d’imagination. Cela m’intrigue depuis longtemps.

Puis je suis tombé sur une recherche, datant de 2011 : depuis les années 1960, 20 000 personnes passent chaque année le test de Torrance de la capacité créative. Et ses conclusions sont très nettes : le QI et la capacité d’imagination a augmenté régulièrement jusqu’au milieu des années 1990.

Puis, le QI poursuit sa progression, mais l’imagination se trouve prise dans ce que la chercheuse Kyung Hee Kim a nommé "un déclin régulier et persistant". Le problème, c’est que si nous manquons réellement d’imagination, c’est au pire moment, car l’époque exige, pour notre survie même, que nous soyons capables de concevoir un autre futur que celui qui s’annonce.

Aussi, lorsque la Fondation Lunt, en Belgique, m’a contacté pour me proposer de soutenir financièrement l’un de mes projets, je leur ai proposé de travailler sur cette notion. Je voulais prendre le temps de lire, énormément, d’accumuler autant de données que possible, d’interviewer des dizaines de personnes. Ils ont accepté, ce qui m’a permis de prendre un congé sabbatique, et From What is to What if est le résultat de ces deux ans de travail.











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