Tech-Sciences

Sciences participatives, quand les citoyens font avancer la recherche

Par Léna Hespel I Publié le 23 Mars 2018

Des citoyens qui détectent le retour d’une espèce de chauve souris à Paris, d’autres qui débusquent des exoplanètes… Les programmes de sciences participatives permettent aux amateurs d’aider les scientifiques dans leurs recherches. We Demain vous explique tout.


En juillet 2017 certains participants au protocole de recensement des chauves souris mis en place par Vigie Chiro ont eu l'agréable surprise de découvrir le retour d'une espèce qui avait disparu du Nord de la France depuis 50 ans, le petit Rhinolophe. (Crédit : Vigie Nature)
En juillet 2017 certains participants au protocole de recensement des chauves souris mis en place par Vigie Chiro ont eu l'agréable surprise de découvrir le retour d'une espèce qui avait disparu du Nord de la France depuis 50 ans, le petit Rhinolophe. (Crédit : Vigie Nature)
Jouer à un jeu  sur son ordinateur, espionner son chat, prendre des photos d’insectes, regarder les étoiles, observer les plantes dans sa rue, compter les oiseaux … Et si l’on vous disait que toutes ses actions peuvent faire avancer la science ?
 
Nommées « sciences participatives », « sciences citoyennes » ou encore « sciences collaboratives », elles consistent à faire appel aux citoyens pour aider les scientifiques dans leurs recherches. Ces initiatives leur permettent en plus de se faire connaître du grand public.

Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) est l'un des pionniers des sciences citoyennes en France, notamment via son programme Vigie Nature. Un outil qui a permis de découvrir que le bois de Vincennes à Paris héberge une nouvelle espèce de chauve-souris, comme l'a annoncé le MNHN le 21 mars dernier. L’animal avait disparu des métropoles du Nord de la France et de l’Europe depuis 50 ans. Une bonne nouvelle, découverte grâce à l'observatoire participatif, Vigie-Chiro. Des enregistreurs automatiques avaient été placé par des bénévoles à divers endroits de la capitale lors de l'été 2017 pour capter les ultra-sons émis par les chauves-souris. 

Si les sciences citoyennes ont la côte chez les chercheurs, c'est parce qu'elles permettent d'obtenir un grand nombre de données sur de vastes espaces géographiques et de longues périodes de temps. De plus, elles nécessitent très peu de financements. Les citoyens qui participent à ces programmes le font bénévolement, et avec beaucoup d’envie.
 
Il existe des dizaines d’exemples, au niveau international, national ou régional. We Demain en a sélectionné trois.

Sauvages dans ma rue

Vous êtes vous déjà demandé quelles étaient les fleurs qui poussent au coin de votre rue ? Si la réponse à cette question vous intéresse, sachez que les scientifiques aussi. Ils ont d’ailleurs mis en place un programme de sciences participatives pour y répondre. Grâce au projet "Sauvages dans ma rue"  vous pouvez apprendre à reconnaître des fleurs sauvages tout en aidant des scientifiques. Il se présente sous forme d’une application mise en place par Vigie Nature.

L'application "sauvages de ma rue" permet d'apprendre à reconnaître les plantes sauvages qui poussent au coin des rues.
L'application "sauvages de ma rue" permet d'apprendre à reconnaître les plantes sauvages qui poussent au coin des rues.
Après avoir téléchargé l’application, il suffit de renseigner votre localisation et c’est parti ! Une fois la plante sous les yeux, pour la reconnaître il faut d'abord identifier la forme des feuilles, puis leur disposition sur la plante, la couleur des pétales et leur nombre... L'application vous guide étape par étape et toutes vos trouvailles y sont sauvegardées.
 
Depuis 2011, ce projet de recensement de la flore urbaine permet aux scientifiques de mieux comprendre comment l'urbanisme influence la biodiversité. Avec l'arrivée du printemps, c’est le bon moment pour tester cette appli !

Fold It

Faire des puzzles pour aider la science, c’est possible avec Fold It.  "Solve puzzle for science !" peut-on d’ailleurs lire sur le site de Fold It (littéralement "Pliez-la"). Dans ce jeu en ligne, initié en 2008 par l’Université de Washington, les joueurs tentent de résoudre des problèmes que les ordinateurs ne savent pas résoudre. Foldit propose aux joueurs du monde entier de résoudre les puzzles complexes d'un assemblage de protéines.

Les protéines, qui sont constituées d'une chaîne d'acides aminés, se replient dans les cellules. Cette structure en 3D leur permet d'assurer leur fonction biologique. Si les chaînes d'acides aminés sont bien connues des scientifiques, déterminer comment la protéine prend une forme tri-dimentionelle est mal compris.  

Depuis ses débuts, le jeu a fait ses preuves. Par exemple, en 2011, la structure d’une enzyme a été reconstituée en deux semaines grâce aux joueurs. Alors que des scientifiques planchaient sur le problème depuis plus de 15 ans ! La découverte a même été publiée dans Nature. Et en 2016, les joueurs ont permis d’identifier une protéine qui pourrait agir dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.
 

Zooniverse

Pour les amateurs d’astronomie, il est également possible d’aider les scientifiques en scrutant le ciel… sur un ordinateur. Depuis juillet 2007 le Citizen Science Alliance (CSA) a mis en place un site qui permet au choix de trier des galaxies, détecter des planètes, observer l’activité solaire...

Galaxy Zoo, le plus ancien projet du site zooniverse, vous permet d'identifier les structures des galaxies.
Galaxy Zoo, le plus ancien projet du site zooniverse, vous permet d'identifier les structures des galaxies.
Ce projet, nommé Zooniverse,  est un portail de sciences citoyennes qui a débuté avec Galaxy Zoo  en 2007. Le but était de reconnaître, à partir de photos, la forme de différentes galaxies. Au bout de cinq mois, 85 000 internautes avaient déjà participé au projet. Suite au succès rencontré, la plateforme collaborative a commencé à héberger de nombreux autres projets.  On peut par exemple aider à identifier des animaux en Nouvelle Zélande à partir de photos,  ou encore transcrire les dossiers militaires de conscrits afro-américains de la guerre civile américaine.

Si vous n’avez pas le temps mais que vous souhaitez tout de même aider les chercheurs, il est aussi possible de mettre la puissance de calcul de votre ordinateur à leur disposition. C’est par exemple le cas avec SETI@home, un projet de calcul de l’Université de Berkeley qui utilise des ordinateurs branchés à Internet. L'objectif ? Rien de moins que détecter des civilisations extraterrestres dans l'Univers !













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