Société-Économie

Seuls vos petits-enfants pourront lire ces livres

Par Séverine Mermilliod I Publié le 8 Juin 2018

En Norvège près d’Oslo sont conservés des manuscrits d'auteurs que leurs fans ne liront jamais : ils ne seront sortis de la bibliothèque qui les abrite qu’en 2114. La romancière turque Elif Shafak a confié le sien à la "Future Library" le 2 juin 2018.


Premier étage de la bibliothèque nationale de Norvège à Oslo / Rémi Mathis [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) /Wikimedia Commons
Premier étage de la bibliothèque nationale de Norvège à Oslo / Rémi Mathis [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) /Wikimedia Commons
Début juin, la romancière turque Elif Shafak a apporté en Norvège le manuscrit qu’elle a fini de rédiger, l’a déposé dans une boîte qu'elle a refermée et l’a soumis au jugement des générations futures. Le texte va en effet rester secret jusqu’en 2114.  Son œuvre suit celles déjà déposées par trois écrivains depuis 2014 et fait partie des cent qui formeront à terme la "Bibliothèque du futur"

À l’initiative de cette étonnante idée, une artiste écossaise, Katie Paterson. En 2011, la municipalité d’Oslo, qui recherche une œuvre culturelle dans le cadre du réaménagement d’un quartier portuaire, la contacte.  Le concept prend forme et en 2014, Katie Paterson obtient l’autorisation de planter mille épicéas dans la forêt de Nordmarka près d’Oslo. Dans un but bien précis : ils serviront cent ans plus de tard de matière première à l'impression des manuscrits.
 

Un nouveau livre par an

Depuis, chaque année, un auteur est contacté par les soins de l'artiste. Il ou elle a quelques mois pour rédiger un manuscrit inédit dont il se séparera l’année suivante, pour le remettre pour 100 ans - au grand dam de ses fans actuels - à Anne Beate Hovind, responsable du projet et du comité de sélection des écrivains. Tous les styles et toutes les langues sont acceptés.

Ainsi, pour l’année 2017, c’est la romancière turque Elif Shafak qui a été sélectionnée et qui a déposé son ouvrage le 2 juin 2018. Elle succède aux trois autres auteurs déjà choisis pour participer au projet. Margaret Atwood, l’auteure de la Servante écarlate, a été la première à participer avec un manuscrit intitulé Scribbler Moon. L’auteur anglais David Mitchell, qui a notamment écrit Cloud atlas, a suivi avec From Me Flows What You Call Time.  Finalement, c’est l’artiste et écrivain islandais Sjòn, qui a remis le troisième futur livre de la bibliothèque.
 

Un pari sur l’avenir

Mais ces arbres seront-ils toujours debout dans 100 ans ? Et lira-t-on encore des livres imprimés ?

Ceux qui en sont sûrs peuvent déjà acheter, contre la modique somme de 800 livres sterling, un certificat leur donnant droit à l’un des exemplaires des premiers ouvrages qui verront le jour.
 
Les manuscrits sont conservés depuis cette année, selon Wired, dans une salle dédiée de la "Deichman Public Library" d’Oslo.
Ainsi, après la Réserve mondiale de semences du Svalbard (une banque génétique souterraine de graines visant à conserver leur diversité), c'est désormais une bibliothèque à destination du futur que la Norvège abrite.
 













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