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Tech-Sciences

Singapour transforme une île en vitrine technologique des énergies renouvelables

Claire Gollot

I Publié le 1 Décembre 2017

Fournir de l’énergie à des zones inaccessibles mais riches en ressources naturelles, c’est l’ambition du programme REIDS développé en Asie du Sud-Est. We Demain a interrogé l’un des artisans de ce projet.


L'île de Semakau (Crédit : Focus)
L'île de Semakau (Crédit : Focus)
Bienvenue sur l’’île de Semakau, à 8 kilomètres de Singapour, ses plages, sa nature… sauf que, avec ses installations de production – micro-turbines, piles à combustible, mini-éoliennes… –, de consommation et de stockage, elle n’a rien d’un paradis pour touristes !

C’est sur cette île artificielle que l’ancienne colonie britannique cherche à démontrer qu’une énergie propre et abordable peut être fournie à tous grâce aux microgrids. Des réseaux électriques de petite taille (moins de 15 000 utilisateurs) qui organisent la distribution de l'énergie, renouvelable de préférence.

Dans les îles d'Asie du Sud-Est, 125 millions de personnes ont un accès à l’énergie difficile quand il n’est pas inexistant. La fourniture de l’électricité s’opère principalement par des groupes électrogènes fonctionnant au diesel. Une solution à la fois couteuse et destructrice de l'environnement.

Pour résoudre ce problème, l'Université technologique de Nanyang à Singapour a lancé le programme REIDS. Son but : démontrer la pertinence des microgrids comme alternative aux réseaux nationaux centralisés.
"Le plus simple microgrid, c'est un panneau solaire couplé à un générateur. Lorsque le soleil se cache, le générateur démarre automatiquement," explique Roch Drozdowski-Strehl, directeur adjoint de programme REIDS.

Appliqué à l'échelle d'une île, la technologie des microgrids permet de combiner des sources d'énergie aussi diverses que le soleil, le vent ou le mouvement des marées à des solutions de stockage comme l'hydrogène. Et d'harmoniser la consommation des habitants sur le territoire grâce à des compteurs connectés.

Trois groupes industriels français – Engie, Schneider Electric, General Electric Power (anciennement Alstom Grid) –, sont partenaires du consortium mis en place par  l’université singapourienne.

Pour eux, l'île de Semakau constitue  une vitrine technologique où il sera possible de sélectionner la bonne technologie et d’étudier avec des experts indépendants la configuration la plus rentable et réaliste pour tel ou tel "site" sur la planète en fonction des besoins de la population et de son climat.
"Le microgrid, c’est un monde dans lequel si jamais on oublie une partie des opérations, si jamais on a sélectionné le mauvais équipement, on a une explosion de l’enveloppe des coûts", prévient Roch Drozdowski-Strehl, directeur adjoint de programme REIDS.

Un projet ambitieux qui s’inscrit en 2018 dans le cadre de l’année de la présidence de l’ASEAN par Singapour et de l’année de l’innovation France-Singapour.
 



 



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