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Toitures végétalisées : cinq bonnes raisons de les adopter

Par Alice Pouyat I Publié le 16 Mars 2018

De nouvelles études viennent pointer les intérêts des couvertures végétales des toitures, en ville notamment, autant pour l’environnement que pour les habitants.


Les "toits vivants" favorisent la biodiversité (Crédit : wikimedia commons)
Les "toits vivants" favorisent la biodiversité (Crédit : wikimedia commons)
Les "toits verts" gagnent du terrain. D’ici 2020, la mairie de Paris souhaite couvrir 100 hectares de toitures, murs et façades. D’autres pays, comme l’Allemagne, vont même plus loin, avec 10% des nouvelles constructions végétalisées. Un mouvement qui s’appuie sur des d’études scientifiques de plus en plus nombreuses à démontrer les bienfaits de ces aménagements, qui varient toutefois en fonction du système de conception (type de substrat…) et de gestion choisi.

En résumé, il existe trois types de toits végétaux :
- Extensif : sur 4 à 15 cm de substrat, en général avec des sedum, des plantes peu exigeantes, grimpantes...
- Semi-intensif : sur 15 à 30 cm de substrat
- Intensif : sur au moins 30 cm de substrat, on peut y créer un potager et même y planter des arbres.
Plus le système est "léger", plus il sera économique et facile à gérer. Plus il sera "épais",  plus il demandera d'entretien et une structure solide pour supporter le poids de la terre. Mais plus il ressemblera à un jardin et pourra avoir les intérêts qui suivent, sans compter l’aspect esthétique, bien appréciable au printemps.

Promouvoir la biodiversité

Près de 200 espèces de plantes, dont 70% venues d'elles-mêmes en ville : voilà ce qu’ont observés les chercheurs de l’étude Grooves (1) menée actuellement par l’Agence régionale de la biodiversité d’Ile-de-France sur 31 toits de Paris et de la Petite Couronne, gérés selon des méthodes différentes. "Cela représente entre 7 et 53 espèces de plantes par toit", s'enthousiasme l’écologue Marc Barra. En même temps, plus de 300 espèces animales ont été recensées, dont 250 espèces d’insectes. Un cauchemar pour les arachnophobes… mais des havres de paix pour les animaux. "A ce stade, on ne peut pas parler de corridors écologiques, mais cela permet sans aucun doute aux oiseaux et à d’autres espèces de venir se poser et se reproduire." Ou aux abeilles de butiner.

Certains toits peuvent supporter des potagers et vergers (Crédit: Audrey Muratet)
Certains toits peuvent supporter des potagers et vergers (Crédit: Audrey Muratet)

Développer les potagers urbains

Les toits peuvent représenter de 15 à 30 % des surfaces horizontales des villes soit un terrain intéressant pour le développement de l’agriculture urbaine et locale. C’est ce que confirme une étude menée sur les toits de l’école AgroParisTech, publiée en décembre 2017 .Que cela soit avec du terreau industriel ou sur un sol enrichi en compost et vers de terre, elle démontre"des niveaux de production supérieurs à ceux de jardins familiaux en plein sol et proches de ceux de maraîchers professionnels en agriculture biologique".  Ceux qui s'inquiètent des niveaux de pollution peuvent se rassurer:  les métaux lourds mesurés ne dépassaient pas les normes.

Rétention des eaux de pluie

Autre intérêt des toits végétaux : ils ralentissent et limitent les rejets de eaux de pluie dans les dispositifs d'évacuation. Utile dans des métropoles bétonnées en proie à des inondations de plus en plus fréquentes. Des systèmes de 6 à 10 cm peuvent retenir jusqu'à 50 % des précipitations annuelles, a calculé le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Avec des bacs de 40 cm sur les toits d’AgroParisTech, 74 à 84% des eaux ont été retenues.

Isolation thermique et acoustique

La végétalisation peut aussi compenser la mauvaise isolation des bâtiments anciens, souligne Marc Lacaille, délégué général de l'Adivet, l’association des toitures et façades végétales. Une étude menée à Chicago pointe par exemple sur un même toit partiellement végétalisé des écarts de température de 30 degrés en été ! Ces couvertures peuvent donc rafraichir les bâtiments, éviter les pertes de chaleur en hiver, et permettre de réaliser des économies d’énergie. La végétalisation pourrait même tempérer plus globalement l’air ambiant et les "ilots de chaleur urbain", d'après des observations américaines. Aucune étude n’a encore validé cette hypothèse en France, ni l’effet escompté de ces toits sur la qualité de l’air, mais les chercheurs de Grooves viennent de poser des capteurs de température sur les toits de Paris pour évaluer cette fonction rafraichissante.

Les toitures végétalisées extensives ne demandent que peu d'entretien (Crédit: Audrey Muratet).
Les toitures végétalisées extensives ne demandent que peu d'entretien (Crédit: Audrey Muratet).

Des toîts plus durables et plus rentables

Dans certains cas, en protégeant les toits des intempéries, des UV, et des variations thermiques, la végétalisation peut aussi prolonger  l'étanchéité et la durée de vie des toitures, et se révéler à termes économique, poursuit Marc Lacaille. "A condition toutefois de l'entretenir et d'y passer régulièrement".  S'il est possible de se lancer seul sur un garage par exemple, sur une maison le devis d'un professionnel (des entreprises comme Mon Toit Vert se spécialisent sur ce marché) sera toutefois utile pour évaluer les coûts et les avantages à long terme, rappelle l’Adivet. Qui donne encore d'autres conseils en ligne à ceux qui veulent créer leur "toit vivant" !

(1) Etude Grooves réalisée par Lucien CLAIVAZ, Lucile Dewulf, Hemminki Johan, Gilles Lecuir, Audrey Muratet, Maxime Zucca et Marc BARRA.







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