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Transformer le CO2 en pierre, un moyen de lutter contre le réchauffement climatique ?

Par Natacha Delmotte I Publié le 15 Juin 2016

En Islande, des scientifiques ont mis au point une méthode pour stocker le principal gaz à effet de serre sans risque de fuite. Une solution face à la trop forte concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ?


Puits de forage et les environs de la station géothermique de Hellisheidi (Crédit : Hansueli Krapf/Wikimédia Commons)
Puits de forage et les environs de la station géothermique de Hellisheidi (Crédit : Hansueli Krapf/Wikimédia Commons)

L'un des principaux défis de l'humanité pour les années à venir est de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Mais si, en plus d'émettre moins de CO2, l'homme parvenait à capturer celui qui se trouve en trop forte concentration dans l'atmosphère ? En Islande, des chercheurs affirment avoir mis au point une technique pour y parvenir. Leur méthode consiste à stocker le dioxyde de carbone en sous-sol, sous forme de roche.
 

“Nous devons faire face à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Et la meilleure forme de stockage permanent, c’est de les transformer en pierre”, explique Juerg Matter à la revue Science, de l’Université de Southampton au Royaume-Uni, qui a dirigé les recherches.

Une méthode rapide et sure

Le projet Carbfix - c'est son nom - a fait l'objet de recherches sur le site de la centrale géothermique de Hellisheidi, au sud de l'île.

Pour transformer le CO2 en pierre, les chercheurs ont d'abord injecté ce gaz dans des roches volcaniques, après l'avoir capturé à l'embouchure d'une cheminée d'usine. Puis, ils sont parvenus à accélérer le processus au cours duquel le basalte, qui compose les roches volcanique, entre en réaction avec le CO2 pour former pour former une roche calcaire.

Jusqu’à présent, la seule façon de stocker le dioxyde de carbone était de le conserver sous forme de gaz. Mais cette technique est loin d’être idéale : ses coûts sont élevés, sans oublier les risques de fuite.

Cette nouvelle méthode se veut plus sure et moins chère. Ses concepteurs affirment qu'il ne faut que deux ans au gaz pour qu’il se solidifie. Un processus qui nécessite des des centaines de milliers d’années lorsqu'il se déroule de manière naturelle.

Le dispositif mis au point en Islande serait d'ores et déjà à même d'absorber l’équivalent de 10 000 tonnes de CO2 par an.


Un important coût en eau

La méthode a cependant ses faiblesses. Elle nécessite notamment de très importants volumes d'eau. Pour chaque tonne de CO2 enterrée, 25 000 litres d’eau sont nécessaires. Mais, rapporte le Guardian, Juerg Matter affirme que l’eau de mer peut très bien être utilisé pour ce processus.






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