Planète

Trois ONG disent stop aux publicités pour les voitures et voyages en avion

Par I Publié le 18 Juin 2020

Greenpeace France, Réseau Action Climat et Résistance à l’Agression Publicitaire veulent mettre fin aux publicités promouvant des énergies fossiles, ou des secteurs commerciaux qui les exploitent. Elles viennent de rendre un rapport détaillé sur le sujet.


Une personne regarde, chaque jour, l'équivalent de 110 minutes de publicité. (Crédit : Shutterstock)
Une personne regarde, chaque jour, l'équivalent de 110 minutes de publicité. (Crédit : Shutterstock)

Emmanuel Macron l’a réaffirmé dans son allocution du 14 juin : il s’agit, après la crise, de reconstruire une économie “forte, écologique, souveraine et solidaire”. Mais comment concrétiser cette transition écologique, alors que l’espace public reste saturé de publicités vantant les mérites de vols low-cost ou de SUV polluants ?

La question est au coeur des 50 mesures votées par la Convention Citoyenne pour le Climat, réunie en session exceptionnelle le 9 avril. L’assemblée de citoyens tirés au sort demande notamment l’interdiction, d’ici à 2023, de la publicité sur les produits hautement carbonés pour “mettre un frein à la surconsommation”. Une mesure également promue par le rapport Big Corpo, rendu le 8 juin dernier par un collectif de 22 organisations.

Un second rapport, plus mesuré, rédigé par le président de la Fabrique écologique Géraud Guibert et le conseiller au Comité économique et social européen Thierry Libaert, et remis le 11 juin à la ministre Élisabeth Borne et à la secrétaire d’État Brune Poirson, préconise quant à lui un meilleur encadrement du secteur.

C’est également dans ce sens que vont Greenpeace France, le Réseau Action Climat et l’association Résistance à l’Agression Publicitaire. Les trois ONG co-publient ce jeudi un troisième rapport sur le sujet, en formulant une proposition concrète : interdire toute publicité faisant la promotion des énergies fossiles ou des entreprises qui les exploitent, les produisent ou les distribuent.

Quatre secteurs sont particulièrement concernés : l’automobile, l’aviation, le transport maritime et les énergies fossiles. Les trois signataires revendiquent l’exemple historique de la loi Évin, qui encadre depuis 1991 les publicités sur le tabac et l’alcool (le fameux “L’abus d’alcool est dangereux pour la santé”, c’est elle).

[La loi] s’est révélée être très probablement efficace pour faire baisser la consommation d’alcool et de tabac en France tout en s’attaquant à la perception culturelle positive de ces deux produits”, appuie le rapport.


Publicité et climat : la double peine

Les dispositifs publicitaires pêchent doublement sur le plan environnemental. Ils sont tout d’abord, pour certains, très énergivores. La ville de Paris compte ainsi plus de 600 panneaux publicitaires numériques, qui consomment chacun, selon le collectif Stop Pub, entre entre 6 800 et 12 600 Kwh par an.
 

À lire aussi : J’ai suivi un "commando" anti-pollution lumineuse


Dans un autre registre, l’association UFC-Que choisir estime qu’un ménage Français reçoit tous les mois 2,3 kilos de prospectus en moyenne. Et les chiffres sont en constante augmentation.

Le rapport pointe également la “manipulation” induite par la publicité, qui “pose de sérieux problèmes en termes d’autonomie décisionnelle”. “La publicité (...) occulte sciemment l’impact social et environnemental désastreux des produits qu’elle encourage à acheter. Elle ‘invisibilise’ ces impacts”, soulignent les trois organisations. Ces dernières pointent le peu d’efficacité des outils existants (autorégulation, mentions légales et “name and shame” pratiqué par le Jury de Déontologie Publicitaire) pour sanctionner les publicités jugées climaticides.

La question irrigue désormais le débat politique. Les députés Delphine Batho et Matthieu Orphelin (Écologie, Démocratie, Solidarité) avaient déjà déposé en juin 2019 un amendement à la loi d’orientation des mobilités proposant la fin de la publicité pour les véhicules automobiles les plus polluants. Une nouvelle proposition de loi, portée par les députés Delphine Batho, Francois Ruffin (LFI) et Dominique Potier (PS), devrait voir le jour dans les prochains mois.











Newsletter : recevez chaque semaine
une sélection de nos meilleurs articles









    Aucun événement à cette date.

wedemain.fr sur votre mobile