Tech-Sciences

Un soutien-gorge connecté pour détecter le cancer du sein

Par Morgane Russeil-Salvan I Publié le 28 Juillet 2020

Développé par un groupe d'étudiants de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse, SmartBra est capable d'effectuer des échographies régulières et de détecter d'éventuelles masses cancéreuses. Il devrait être commercialisé début 2022.


La technologie ultrasonore utilisée par SmartBra serait une alternative aux radiographies actuelles. (Crédit : Shutterstock)
La technologie ultrasonore utilisée par SmartBra serait une alternative aux radiographies actuelles. (Crédit : Shutterstock)
C'est peut-être la fin des mammographies douloureuses. En avril, un groupe d'étudiants de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, impressionnait ses professeurs avec le projet SmartBra : un soutien-gorge connecté capable de détecter les masses cancéreuses.

Imaginé dans un cadre étudiant, l'objet s'est avéré si convaincant que ses créateurs travaillent aujourd'hui à sa commercialisation, en partenariat avec l'entreprise suisse IcosaMed, spécialisée dans la création de textiles connectés à but médical.
 

Prototype de SmartBra. (Crédit : IcosaMed)
Prototype de SmartBra. (Crédit : IcosaMed)
À l'heure actuelle, le dépistage du cancer du sein nécessite une mammographie, un examen intrusif et relativement douloureux, à base de rayons X. SmartBra propose une alternative : son tissu connecté utilise des ondes ultrasonores pour effectuer des échographies et détecter de potentielles masses cancéreuses.

Et il est inutile de brancher ou de recharger votre soutien-gorge : les ultrasons sont générés par des capteurs alimentés par piézoélectricité, une technologie permettant de générer du courant grâce à une pression sur un matériau piézoélectrique et que l'on retrouve également dans les briquets électroniques ou les montres à quartz.

Fatemeh Ghadamieh, Samet Hana, Jules Pochon et Hugo Vuillet, étudiants de l'EPFL à l'origine du projet SmartBra. (Crédit : EPFL)
Fatemeh Ghadamieh, Samet Hana, Jules Pochon et Hugo Vuillet, étudiants de l'EPFL à l'origine du projet SmartBra. (Crédit : EPFL)

Un outil de dépistage, voire même de soin

L'idée derrière SmartBra est de dépister le cancer à son stade le plus précoce et d'informer l'utilisatrice via une application mobile avant de la rediriger vers un spécialiste pour un diagnostic définitif. Mais Max Boysset, CEO et fondateur de la start-up IcosaMed, espère pousser la technologie ultrasonore du soutien-gorge plus loin.

"En plus d’être un outil de détection, la solution que nous proposons entend, à terme, agir préventivement sur le développement de masses cancéreuses grâce à la distribution contrôlée de manière quasi continue de faibles doses d’ultrasons", déclare-t-il dans un communiqué de presse. Cette méthode permettrait, théoriquement, de restaurer l’apoptose, le processus par lequel des cellules déclenchent leur autodestruction, et de se débarrasser ainsi des cellules cancéreuses.
Nous n'y sommes pas encore. Les étudiants et leur partenaire sont actuellement à la recherche des financements nécessaires à leur entrée sur le marché. Une étape ralentie par le contexte sanitaire actuel. "Avec ce retard, si nous réussissons notre levée de fonds, nous prévoyons de commercialiser fin 2021, début 2022", annonce Max Boysset à We Demain.

Cette commercialisation s'adressera, en premier lieu, aux femmes dont le cancer a déjà été diagnostiqué. Le SmartBra servira alors à suivre le développement de la maladie. Les créateurs du soutien-gorge souhaitent, par la suite, proposer leur dispositif aux femmes dont le patrimoine génétique les expose au cancer du sein, et, à terme, à toutes celles qui souhaitent s'en procurer. Le prix n'est pas encore connu, mais Max Boysset assure qu'il"restera abordable et en lien avec le service rendu par le système", sans plus de précision.











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