Politique

Urgence climatique : que proposent les candidats aux européennes ?

La lutte contre le dérèglement climatique est l’un des sujets majeurs de la campagne pour les européennes. Voici les propositions principales des listes candidates pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Par Paola de Rohan-Csermak I Publié le 15 Mai 2019


Les élections européennes se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019 (Crédit : Shutterstock)
Les élections européennes se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019 (Crédit : Shutterstock)
Banque européenne du climat, Green new deal, Frexit… À dix jours des élections européennes du 26 mai, les listes candidates ont fait connaître leurs idées pour respecter les Accords de Paris sur le climat, sans nuire à l'économie de l'UE. Voici leurs principales propositions.

Seuls sont présentés les partis mentionnés dans le sondage Elabe pour BFMTV, réalisé du 12 au 14 mai 2019, classés selon la date à laquelle leur tête de liste a été dévoilée (du plus ancien au plus récent).

Europe Écologie – Les Verts (EELV)

Tête de liste : Yannick Jadot
Groupe parlementaire européen : groupe des Verts / Alliance libre européenne (ALE)
 
Un “traité environnemental européen” subordonne les intérêts économiques aux intérêts environnementaux. L'écologie devient "la matrice à travers laquelle on définit l'économie".
Un “Green new deal à 100 milliards d’euros annuels, financé par la Banque centrale européenne (BCE), permet, en vingt ans seulement, de produire une électricité 100 % renouvelable, sans le nucléaire, d’assurer l’isolation thermique des logements, et davantage de fret.
L’UE développe un marché intérieur de l’énergie verte solidaire, pour ne pas pénaliser ses pays à moindre potentiel.
Est mis en place un “protectionnisme vert”, avec une taxe carbone aux frontières de l’UE. Le kérosène est désormais taxé.
Des aides financières encouragent la relocalisation de l’économie, soutiennent les artisans, les agriculteurs.
Un parquet européen autonome lutte contre les “écocrimes et les écocides” en contraignant les États et les entreprises privées à respecter la justice climatique et les droits de la nature.

Debout la France (DLF) : "Le courage de défendre les Français”

Tête de liste : Nicolas Dupont-Aignan
Groupe parlementaire européen : Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)

L’UE rompt les accords de libre échange, déloyaux et polluants, pour privilégier les circuits courts”. Elle met en place une taxe carbone à ses frontières.  Elle instaure un programme de prêt à taux 0 pour l’isolation thermique des bâtiments.

Union populaire républicaine (UPR) : "Ensemble pour le Frexit”

Tête de liste : François Asselineau
Groupe parlementaire européen : Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)
Non renseigné
 

Les Patriotes (LP) : "Ensemble, patriotes et gilets jaunes, pour la France, sortons de l’Union européenne !”

Tête de liste : Florian Philippot
Groupe parlementaire européen : Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)
 
Le Frexit et la sortie de l’espace de Schengen, la fin des traités de libre-échange (CETA, Mercosur…) mettent un terme à la délocalisation et aux circuits longs.
La France instaure un “New deal écologique patriote”, financé par la création de monnaie de la Banque de France, 30 milliards par an, pour décarboner l’énergie, soutenir l’investissement dans les filières électrique et hydrogène, permettre une agriculture bio susceptible de répondre aux besoins de l’Hexagone, et engager un plan national de reforestation.

Lutte ouvrière (LO) : “Contre le grand capital, le camp des travailleurs”

Tête de liste : Nathalie Arthaud
Non Renseigné
 

La France insoumise (LFI)

Tête de liste : Manon Aubry
Groupe parlementaire européen : Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NLG)
 
La France rompt avec le libre-échange et l’austérité : elle creuse son déficit budgétaire au-delà des 3% (critère de Maastricht) pour atteindre l’objectif de 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050, sortir du nucléaire, et mener un plan d’isolation thermique des logements.
Elle met en place une taxe carbone kilométrique : plus un produit viendra de loin, plus il sera taxé, selon une logique de "protectionnisme solidaire".
Au niveau européen, un tribunal de justice climatique pénalise ceux qui désobéissent à une “règle verte” édictée par une directive européenne : "on ne prend pas plus à la planète qu’elle ne peut en reconstituer elle-même".
Les gouvernements  promeuvent la sobriété, en incitant les citoyens à s’interroger sur leurs usages et leurs besoins vitaux.

Parti communiste français (PCF) : "Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent”

Tête de liste : Ian Brossat
Groupe parlementaire européen : Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NLG)
 
La France s’affranchit des traités européens : elle exclut du libre-échange les échanges agricoles, et passe outre les 3% de déficit de Maastricht pour valoriser la production locale, mener un plan de rénovation énergétique des bâtiments et investir dans le ferroviaire.
L’UE instaure une nouvelle fiscalité écologique : une TVA sur le train, et “très élevée” sur l’avion.
Pour lutter contre la pollution engendrée par le kérosène, elle interdit les trajets courts en avion, quand ils peuvent être réalisés en moins de deux heures en train.

Union des démocrates et indépendants (UDI)

Tête de liste : Jean-Christophe Lagarde
Groupe parlementaire européen : l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE)
 
Une réforme fiscale pénalise les activités nocives, et valorise les activités écologiquement responsables, dans une logique de bonus-malus.
Une taxe carbone aux frontières et une renégociation de la politique agricole commune (PAC) favorise le local et les circuits courts.
L’UE finance en priorité les grands projets d’infrastructures de transport ferroviaire.
Elle soutient activement la filière hydrogène pour devenir leader mondial de la production de moteurs propres.
 Elle finance son programme d’isolation des bâtiments et de production d’énergie verte grâce à une taxe carbone sur des importations et grâce au livret E : un livret épargne, conçu sur le modèle du livret A, servant à financer des projets écologiques.

Rassemblement national (RN) : "Prenez le pouvoir”

Tête de liste : Jordan Bardella
Groupe parlementaire européen : Mouvement pour une Europe des nations et des libertés (ENL)

Une politique de localisme encourage la production et les échanges au niveau national. Les circuits courts sont détaxés, et à l’inverse, les importations “mondialisées, anti-écologiques” sont surtaxées.
Les pays de l’UE mettent fin au libre-échange, et sortent des accords internationaux ; certains produits (non précisés) sortent partiellement du marché intérieur de l’UE.
Une “responsabilité nationale de l’entreprise” est instaurée, afin de favoriser l’embauche de personnel local, et éviter les délocalisations. Les entreprises qui s’en affranchissent n’ont pas accès aux marchés publics.

Les Républicains (LR)

Tête de liste : François-Xavier Bellamy
Groupe parlementaire européen : groupe du Parti populaire européen (PPE)
 
L’UE instaure une barrière écologique, en imposant des droits de douane anti-pollution aux  importateurs extérieurs, notamment pour protéger l'agriculture.
À l’intérieur de ses frontières, elle soutient le déploiement de l’énergie verte (gaz vert, biomasse), dans chaque pays, pour réduire la consommation d’énergies fossiles.
Pour lutter contre le gaspillage de l’énergie verte, elle renforce les interconnexions entre les pays, pour que les pays déficitaires en énergie verte bénéficient de celle des pays excédentaires.
Elle devient leader mondial du recyclage et de la production de batterie électrique.

Génération.s : "Liste citoyenne du printemps européen”

Tête de liste : Benoît Hamon
Groupe parlementaire européen : Printemps européen
 
L’UE rompt avec la règle des 3% de déficit de Maastricht pour mener le “Green new deal”, un plan d’investissement européen dans la reconversion écologique, à 500 milliards par an, financé par un système d’obligations (de dettes) “vertes”, souscrites par la Banque centrale européenne (BCE), grâce à une politique de création de monnaie.
Ce programme permet à l’Europe d’abandonner les énergies fossiles pour les énergies renouvelables, d’assurer la construction et rénovation thermique de logements.
En reconnaissant la nature comme une personne morale, et l’écocide comme un crime contre l’intérêt général et les générations futures, la Cour de justice européenne peut punir ceux qui le commettent.
Le marché carbone est réformé pour prendre en compte toutes les émissions, notamment celles des transports comme l’avion.

Le Parti socialiste (PS) et Place Publique : "Envie d’Europe écologique et sociale”

Tête de liste : Raphaël Glucksmann
Groupe parlementaire européen : groupe du Parti socialiste européen (PES)

Priorité est donnée aux économies d’énergie. Un plan de rénovation énergétique des logements permet de réparer les “passoires énergétiques”.
La création d’un "pacte finance-climat-biodiversité” permet de mobiliser jusqu’à 400 milliards d’euros par an dont 60 milliards pour la France, pour mener un plan d’investissement qui "permettra de diviser par deux les émissions de CO2 d’ici à 2030” et de “diminuer de 500 à 1000 € par an les factures de chaque ménage”.
L’UE encourage une croissance moins forte et mieux partagée : moins de ventes et plus de locations de biens et de services pour lutter contre l’obsolescence programmée, le consumérisme et la pollution.
Pour limiter le libre-échange, et favoriser la production locale, une certification européenne d’économie d’énergie garantit la qualité carbone d’un produit.

La République en marche (LaREM), le MoDem, Agir, le Mouvement radical : "Renaissance"

Tête de liste : Nathalie Loiseau
Groupe parlementaire européen : Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE)
 
L’innovation, massivement financée par une “banque européenne du climat et de la biodiversité”, doit décarboner l’industrie, et assurer un mix énergétique comprenant plus d’énergies renouvelables, moins d’énergies fossiles et moins de nucléaire.
Un “opérateur européen des réseaux électriques” assure la redistribution du surplus d’énergie verte aux pays déficitaires.
Un plan de rénovation énergétique des logements lutte contre le gaspillage énergétique.
En instaurant un protectionnisme écologique européen, l’Europe refuse les échanges avec les pays qui ne respectent pas les Accords de Paris.
Le marché du carbone se réforme pour que les pays s’harmonisent sur le prix de la tonne de carbone.
Un "Airbus de la batterie électrique" lève la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Corée et de la Chine.

Urgence écologie (UE)

Tête de liste : Dominique Bourg
Groupe parlementaire européen : groupe des Verts / Alliance libre européenne (ALE)

L’UE met fin à "toutes les subventions aux projets destructeurs du climat et de la biodiversité”, une mesure garantie par "la proclamation de la séparation de l’Europe et des lobbies”.
L’écocide est reconnu comme un crime.
L’UE interdit l’importation de produits nécessitant la destruction de forêts, contribuant au réchauffement climatique.
Elle investit dans le ferroviaire ; les liaisons aériennes sont supprimées, quand il existe une alternative, en transport en commun, de moins de 5 heures. La vitesse est réduite à 110km/h sur l’autoroute, et les véhicules thermiques sont progressivement interdits.
Les investissements écologiques sortent du calcul des déficits et de la règle des 3%.
L’Europe soutient la production locale et les circuits courts.
Elle met en place une "Sécurité sociale écologique”, pour les foyers modestes, financé en partie par un Impôt sur l’écologie (ISE, un nouvel ISF).
Elle instaure un "couvre-feu énergétique” (extinction des lumières dans les bureaux vides, suppression des panneaux publicitaires lumineux…).
Les pays qui sortent des Accords de Paris sur le climat sont sanctionnés (de "sanctions diplomatiques graduelles”).
 

Parti animaliste

Tête de liste : Hélène Thouy
Groupe parlementaire européen : non renseigné

Non renseigné

RIC – Union jaune. “Alliance jaune, la révolte par le vote”

Groupe parlementaire européen : non renseigné

Une taxe sur le fioul lourd et le kérosène permet de réduire les émissions de CO2 et de financer une partie de la transition énergétique. 












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