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Vitirover : des robots tondeurs pour remplacer les désherbants chimiques

Alexandre Anquart I 30 Août 2018

Du haut de ses 30 centimètres, le petit robot Vitirover, tout terrain et autonome, se propose en solution alternative à l’utilisation de glyphosate pour l’entretien des sols enherbés : vignes, bordures de voies ferrées, fermes photovoltaïques… Concourant dans la catégorie Smart City, la société Vitirover fait partie des douze finalistes des Prix EDF Pulse 2018.


Le robot Vitirover dans un vignoble bordelais, son environnement d'origine. Ses mensurations et aptitudes techniques lui permettent d'évoluer avec aisance dans ce type de milieux, difficiles et contraignants.
Le robot Vitirover dans un vignoble bordelais, son environnement d'origine. Ses mensurations et aptitudes techniques lui permettent d'évoluer avec aisance dans ce type de milieux, difficiles et contraignants.
Né à Saint-Émilion, au cœur du vignoble bordelais, Vitirover est le produit final de quatre générations de prototypes mis au point par les ingénieurs de la société créée en 2010 par Xavier David Beaulieu et Arnaud de La Fouchardière. Presque intégralement produit en Nouvelle Aquitaine, ce petit robot tondeur autonome a initialement été conçu pour évoluer dans l’environnement chaotique des vignobles, où les obstacles sont légion : ceps, piquets, trous, bosses, cailloux, terriers, etc. Aussi, il est né de deux constats. Le premier : « Les engins lourds employés pour le travail de désherbage des parcelles sont non seulement coûteux mais peuvent aussi entraîner de sérieux dégâts en cas de mauvaise manœuvre », explique Arnaud de La Fouchardière, président de Vitirover. Le second : « Sur les 8,6 millions d’hectares de vignes dans le monde, 6 millions sont entretenus avec des désherbants chimiques de type glyphosate. » 

Plutôt que de recourir à quelques grosses machines conduites manuellement et à des produits chimiques qui peuvent être nocifs pour la biodiversité, la vie des sols et l'homme, la start-up propose à ses clients d'utiliser une multitude de petits engins autonomes. Chaque robot mesure 70 cm de long, 30 cm de haut pour 32 de large et affiche 22 kg à la pesée. Grâce à un petit panneau solaire de 0,24 m2, il emmagasine chaque jour entre 6 et 9 heures de temps de travail sur le terrain. Et si le soleil n’est pas au rendez-vous, sa batterie lui offre encore 24 heures d’autonomie. Les mensurations et capacités du robot Vitirover ont été déterminées selon les contraintes des milieux dans lesquels il est amené à évoluer. Équipé d’une carte GPS délimitant la zone à entretenir au mètre voire au centimètre près, Vitirover effectue une tonte mécanique, lente mais continue, au plus près des ceps de vigne et de tous les types d'obstacles des surfaces qu'il entretient, durant toute la période de pousse de l’herbe, d’avril à septembre. « L’idée est ensuite de déployer des troupeaux de robots, supervisés à distance par un gestionnaire de flotte - un berger en quelque sorte - qui suit le travail des Vitirover sur son ordinateur », détaille le  président. En cas de problème, le robot envoie une notification au « berger » qui peut alors réaliser certaines opérations à distance (nettoyage des dents, pilotage télécommandé, etc.) ou intervenir directement sur place si le problème est plus important.
 
D’abord testés in situ dans les vignobles familiaux de Xavier David Beaulieu, plusieurs dizaines de robots Vitirover circulent actuellement dans certains des plus prestigieux châteaux du Médoc, comme Larose Trintaudon, ou de Saint-Émilion, comme Canon La Gaffelière. « Si vous pouvez être autonome dans la vigne, alors vous pourrez l’être dans la majorité des espaces », ajoute Arnaud de La Fouchardière. Nos robots peuvent intervenir sur des millions d’hectares, partout où les désherbants chimiques sont utilisés ». Ainsi, la société s’est diversifiée depuis 2016, visant les secteurs de l’énergie et des transports. « Nous intervenons depuis un an dans des fermes photovoltaïques et des postes de transformateurs électriques gérés par Elia, en Belgique, explique le président. En France, des tests sont en cours avec Enedis, mais aussi la SNCF. » Pendant une semaine, plusieurs robots Vitirover, surveillés à distance par leur « berger », ont ainsi désherbé une longue bande de 70 cm de large et bordant une ligne de train à grande vitesse (LGV). « Des robots autonomes, solaires, qui évoluent en bordure de voies ferrées pour entretenir la végétation, je vous assure, c’est une première mondiale! », précise le cofondateur de Vitirover.

Le long des voies ferrées ou au cœur des transformateurs électriques, entre des ceps de vignes ou des panneaux photovoltaïques, le robot Vitirover permet de remplacer les produits chimiques et les engins lourds pour entretenir les surfaces enherbées.

Actuellement en phase de présérie industrielle, la société déploie une cinquantaine de robots principalement dans des vignobles français. « Nous ne vendons pas nos robots, mais plutôt des hectares entretenus à travers une prestation annuelle dont le coût varie selon le nombre d’hectares à désherber, explique le  président. Naturellement, nous proposons un service moins coûteux  que les alternatives traditionnelles aux solutions chimiques. » La société prépare dans les prochains mois une augmentation de capital de 2 millions d’euros afin de lancer la fabrication de 200 robots supplémentaires. Un directeur industriel ainsi qu’un directeur marketing et commercial viendront alors gonfler les rangs. Parmi les prochains objectifs de Vitirover : « l’entretien des bordures enherbées des 2 600 km de LGV françaises, annonce Arnaud de La Fouchardière. Soit des centaines, voire des milliers de robots à déployer. »
 


Les Prix EDF Pulse récompensent les start-up françaises et européennes qui innovent dans le sens de la transition énergétique et imaginent les usages électriques de demain. Les entreprises qui concourent sont réparties dans quatre catégories, Smart Home (maison intelligente), Smart City (ville intelligente), Smart Business (entreprise intelligente), Smart Health & self (santé et bien-être  connectés). Un Grand Jury désignera un lauréat par catégorie, et un 5e Prix sera décerné par le public à l'issue d'une campagne de vote en ligne. Les résultats finaux seront annoncés lors des Electric Days, l'évènement innovation du groupe EDF, dont la deuxième édition se tiendra du 9 au 11 octobre à Paris. À la clé pour chacune des start-up lauréates  : 70 000 € de dotation, une campagne de communication grand public et l’opportunité pour elles de bâtir leur notoriété et d’accélérer leur développement.

Vitirover : des robots tondeurs pour remplacer les désherbants chimiques
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