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We Demain, une revue pour changer d'époque

We Love Green : Au delà de la musique, un festival des "acteurs du changement"

Par I Publié le 31 Mai 2016

INTERVIEW. Pour sa cinquième édition, le festival We Love Green déménage au Bois de Vincennes. L'occasion de développer de nouvelles technologies permettant d'accueillir 50 000 spectateurs sans nuire à la nature. Mais aussi d'impliquer les festivaliers dans une réflexion sur les enjeux de demain. Entretien avec Marie Sabot, la directrice du festival.


(Crédit : We Love Green)
(Crédit : We Love Green)
We Demain : Pour sa cinquième édition, We Love Green déménage du parc de Bagatelle à celui du Bois de Vincennes. Pourquoi ce choix ?
 
Marie Sabot : Le parc de Bagatelle est un endroit magnifique mais avec 35 000 festivaliers l’année dernière, nous étions arrivés au bout de nos solutions techniques pour protéger l’endroit. Le nouveau site du bois de Vincennes, avec ses 7 hectares, est deux fois plus grand et tout aussi sauvage.
 
On va pouvoir mettre en place plus de contenus et d’infrastructures pour recevoir les 50 000 festivaliers attendus cette année. Mais aussi se lâcher sur la décoration ! Celle-ci sera entièrement recyclée et recyclable. Elle est fabriquée en ce moment même par de jeunes architectes à partir de matériaux récupérés au Palais de Tokyo ou au Pavillon de l’Arsenal.
 

(Crédit : We Love Green)
(Crédit : We Love Green)
Augmenter le nombre de festivaliers, c'est aussi augmenter l'empreinte écologique du festival...
 
On augmente notre capacité d’accueil de près d’un tiers, mais sans pour autant changer nos engagements : 100 % du festival sera alimenté en énergie renouvelable, l’alimentation sera locale, bio et équitable et 100 % des déchets seront triés et compostés. Tout ça pour le même prix qu’un autre festival et quasiment sans aucune subvention. Pour compenser cela, on est obligé de s’allier avec des marques mais on les choisit selon une charte très précise.
 
Notre but c’est de montrer qu’il est possible de faire de l’événementiel tout en étant écologique. Ça demande beaucoup de recherche et de logistique mais c’est faisable : comment mutualiser les camions frigorifiques, recycler les mégots, éviter de tasser les sols… On espère que d’autres festivals vont reprendre nos solutions et que ce marché va aider au développement de l’économie verte.
 
Les solutions de We Love Green sont-elles facilement duplicables ?

Pour l’instant, on est obligé d’importer de l'étranger certaines technologies, comme nos générateurs solaires car il n’y a pas de fournisseurs en France. Et puis il y a de nombreuses barrières légales à bousculer, notamment sur la valorisation du compost ou l’utilisation de l’huile végétale recyclée dans les générateurs. Nous avons également investi 30 000 euros pour créer une nouvelle zone humide dans le parc pour protéger la biodiversité. Autant d'actions qui ne nous empêchent pas d'équilibrer notre budget.
 


(Crédit : We Love Green)
(Crédit : We Love Green)
Quelles sont les nouveautés au programme de cette cinquième édition ?
 
Au delà des têtes d'affiche comme PJ Harvey ou Air, la nouveauté, c’est surtout l’agrandissement du Think Tank, l'espace de débats et de réflexions créé l'an dernier. Il est désormais situé en plein centre du festival, un point de passage incontournable. Notre but c’est de dépasser le cadre du simple festival de musique pour devenir un véritable lieu d’échange d’idées sur le monde de demain, de fédérer tous les acteurs du changement.

L’invité d’honneur sera Olafur Elliasson, un artiste danois qui interroge notre rapport à la nature et qui a aussi créé Little Sun, une lampe solaire abordable pour les zones sans électricité. Il y aura des architectes comme Fernando Romero, des réalisateurs comme Cyril Dion et aussi des journalistes engagés comme ceux de Datagueule, des militants de l’agriculture durable, de la vie privée, du droit des migrants…
 

(Crédit : We Love Green)
(Crédit : We Love Green)
Est ce que l'on peut encore parler de festival de musique ?

Oui, car il y aura quatre scènes mais on veut vraiment aller au delà des formats classiques. Il y aura ainsi un espace de coworking où on pourra rencontrer des startups de l’économie sociale et solidaire. Et puis des projections de films de science fiction, comme Soleil Vert ou Interstellar qui à leur façon, alertent sur les problématiques de notre monde.

Une dernière chose à ajouter ?

Oui, ne venez surtout pas en voiture, nous n’avons prévu aucun parking ! Il faudra prendre les transports en commun et pour ça, il y aura des bus toute la nuit.




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