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WE DEMAIN N°34

Le 26/05/2011 par wedemain admin
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Cela fait partie des objectifs de la COP26 : réduire la présence de méthane dans l'atmosphère. Ce dernier est en effet un puissant gaz à effet de serre qui participe activement au dérèglement climatique. Cette molécule, composée d'un atome de carbone couplé à quatre atomes d'hydrogène (CH4), est naturellement présente dans l'atmosphère. Elle est émise notamment par l'agriculture (élevage, décomposition des végétaux, riziculture…). Autre facteur humain : l'extraction de pétrole, gaz et charbon, qui représenterait 30 % des émissions de méthane.

Et le méthane a des effets bien plus délétères que le CO2. Le GIEC affirme qu'un seul kilo de méthane va réchauffer autant l'atmosphère que 28 à 30 kilos de CO2 au cours du siècle qui suit leur émission. C'est pour cela que des scientifiques s'efforcent de trouver des solutions pour transformer simplement du CH4 en dioxyde de carbone. Parmi elles, les zéolites semblent une piste sérieuse… et abordable qui pourraient permettre de respecter les engagements de la COP26.

Des argiles naturelles aux propriétés vertueuses

Des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) viennent de faire savoir qu'ils ont développé une méthode de conversion du méthane en CO2 grâce aux zéolites. Les zéolites sont des argiles naturelles communes. Des minéraux que l'on retrouve notamment dans la litière des chats car peu onéreuses et présentes sur Terre en abondance. Dans un article publié dans le journal ACS Environment Au, les scientifiques ont pointé du doigt le fort pouvoir absorbant de ces argiles. Elles ont notamment la capacité de capturer des molécules sous forme gazeuse.

Afin de leur permettre de particulièrement emprisonner le méthane pour le transformer en CO2, ces chercheurs du MIT ont dopé les zéolites au cuivre. Cela facilite l’oxydation du méthane à basse température, dans les conditions atmosphériques classiques.

L'argile Zéolite est présente en abondance sur Terre, et abordable. Photo : Fotosr52 / Shutterstock

Une solution peu chère contre le méthane

"Au cours des 18 prochains mois, nous voulons démontrer que cela peut fonctionner concrètement sur le terrain, souligne Desiree Plata, professeure associée au Ralph M. Parsons Laboratory (MIT) et co-autrice de l’étude. La plupart des solutions de capture d'air coûtent très chères et ne seront jamais rentables. Notre technologie sera peut-être un jour un contre-exemple."

L'étude du MIT suggère qu'il serait possible d'intégrer ce nouveau catalyseur dans les systèmes de ventilation des mines de charbon, gros émetteurs de méthane. Qui plus est, le processus de transformation du CH4 en CO2 dégage une certaine chaleur. Cette énergie permettrait donc de générer de l’électricité… et de le rentabiliser assez facilement. Pour le moins prometteur.

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Réduire le méthane dans l’atmosphère grâce à la litière des chats ?
  • COP26 : “il manque une autorité contraignante sur le climat”

    La COP26, considérée comme la "COP de la dernière chance", n’a pas été un franc succès. Loin de là. "Les 1,5°C restent toujours un rêve mais tout le monde est maintenant d’accord pour dire qu’on va plutôt vers un réchauffement de 2,7°C", résume François Siegel, cofondateur de WE DEMAIN, invité du 23h de Franceinfo mercredi 17 novembre.

    "On disait que c’était la COP de la dernière chance, tout le monde avait identifié l’ennemi. Il faut arrêter les énergies fossiles. Tout le monde est d’accord sur le constat, mais personne n’est d’accord pour passer à l'acte solidairement", souligne-t-il.

    Autre échec de la COP : la promesse des pays développés d'aider les pays en développement. "L’accord de Paris, qui rythme les COP, a été signé grâce aux pays pauvres. C’est eux qui, en échange du 1,5°C, ont donné les voix de consensus qui autrement n’aurait jamais été obtenu. Ils demandaient, globalement, de l’argent pour compenser leur dette climatique. Or, la France ou les États-Unis leurs ont refusé. Le fossé ne cesse de se creuser."

    À lire aussi : COP26 : de nouveaux engagements… l’an prochain

    Après la COP26, "il faut garder espoir"

    Il faut tout de même garder espoir, selon le cofondateur de WE DEMAIN. "Même si ce n’est pas satisfaisant, il faut que les États continuent de se voir. Qu’ils se parlent, se réunissent", nuance François Siegel. "Il y a quand même des avancées. Notamment sur le méthane, qui est une des sources importantes du réchauffement, sur les forêts, sur la prise de conscience que les énergies fossiles sont néfastes…" 

    Le problème est qu'il n'y a pas de contraintes, ou d'autorité contraignante sur le climat, pointe François Siegel. Sans quoi un accord commun semble compliqué, voire impossible, à tenir.

    "Il y a quand même une prise de conscience globale à défaut d’un accord global", conclut-il.

    Retrouvez l’intervention de François Siegel à partir de la minute 31.

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    COP26 : “il manque une autorité contraignante sur le climat”
  • “L’accord de la COP26 est déconnecté de l’énergie des jeunes”

    Ils sont nombreux à avoir fait le déplacement. Les jeunes se sont largement mobilisés à la COP26. Ils ont manifesté dans les rues de Glasgow, ont participé aux négociations, à des conférences. Une centaine de jeunes Français ont notamment fait le déplacement.

    C'est le cas de Manon Combe, étudiante en deuxième année d’ingénierie à UniLasalle Rennes - EME (École des Métiers de l’Environnement). En tant que membre de COP TROTTER, une association qui mène des actions de sensibilisation au réchauffement climatique, et qui organise des marches pour le climat à Rennes, elle a été choisie par son école pour faire le voyage à la COP26, pendant quatre jours. Pour WE DEMAIN, elle revient sur cette expérience.

    Mon expérience de la COP26

    "Du 4 au 8 novembre, j’ai eu l’opportunité d’être les yeux et les oreilles de mon école à la COP26, envoyant chaque jour un compte-rendu sur les réseaux sociaux. J’ai pu y découvrir les coulisses de la diplomatie climatique. 

    En terme de négociations, ce rendez-vous est décevant malgré les discours pleins d’empathie des chefs d’États. Je reste marquée par le manque d’écoute des pays pollueurs envers les pays en voie de développements. Ces derniers ressortent démunis face aux impacts du changement climatique.

    Quelques engagements ont quand même permis de donner de l’ambition à la COP comme les accords sur le méthane et la déforestation mais il reste le problème de leur mise en œuvre lié à l’absence de réelle gouvernance climatique. 

    Néanmoins, l'essence de la COP se trouve aussi à l’extérieur des salles de discussion. Les négociations semblent déconnectées de la belle énergie que l'on retrouve en dehors des salles de négociations. Sur place, j’ai aussi rencontré des acteurs de demain, et une société civile dynamique, motivée, des gens prêts au changement, venus du monde entier. J'ai notamment discuté avec un indigène vivant à côté de l'Amazonie, qui m'a confié ses inquiétudes pour l'avenir de son fils, un témoignage très touchant. Malgré nos différents mode de vie, nous étions tous là pour la même cause : la lutte contre le changement climatique.

    Cette expérience, donc, n'a pas affaibli ma propre motivation, bien au contraire. En décembre, mon association va organiser une conférence pour les 5 000 élèves de l'école pour faire un bilan de la COP26. En parallèle, un autre projet me tient à coeur : je participe aussi au lancement d'une Alliance des générations pour le climat, qui tend à unir jeunes et retraités sur tout le territoire pour faire avancer la transition écologique."

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