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Boris Cyrulnik : "L'ordre sécuritaire est l'ordre des cimetières"

Société. Joseph Bancaud le 22/08/2017

Entre sécurité et sécuritaire, quelle culture favorise la résilience ? Un pays autoritaire peut-il être résilient ? Deuxième partie de notre grand entretien exclusif avec le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, en amont du forum Sécurité et résilience organisé par We Demain.

Boris Cyrulnik est, en France, celui qui poussé le plus loin l'étude des mécanismes de la résilience. Il a contribué à populariser ce concept depuis les années 1980, en publiant vingt essais sur le sujet, dont de nombreux succès de librairie.

Le neuropsychiatre, directeur d'enseignement à l'université de Toulon, a accepté d'être le grand témoin du premier forum We Demain consacré à la sécurité et la résilience. Comment réagir face aux nouveaux défis de sécurité posés par le terrorisme ou la révolution numérique ? Boris Cyrulnik livre sa recette de la résilience, afin de ne pas céder aux idéologies sécuritaires et simplistes. Il dépeint la résilience comme une attitude humaniste, un rempart à l'escalade de la violence.

La réaction résiliente à un acte violent, selon le chercheur, repose sur la capacité à s'adapter et à se reconstruire. Elle interroge les transactions entre le citoyen, les entreprises et les pouvoirs publics. Quid de la révolution numérique ? Est-elle facilitatrice de résilience ou, au contraire, un outil au service d'un pouvoir totalitaire ? Pour aborder ces enjeux majeurs en amont du forum We Demain, Boris Cyrulnik nous a accordé un riche entretien que nous vous proposons en quatre parties.

Après avoir défini les notions de résilience et de sécurité, Boris Cyrulnik nous montre dans ce deuxième épisode comment la sécurité et le sécuritaire ont des effets à l'opposé l'un de l'autre. Là où la culture sécuritaire est un tranquillisant qui entraîne la mort psychique, la sécurité est, elle, une invitation au jeu, qui nous permet d'explorer, et donc d'évoluer. Une possibilité d'évolution qui permet la résilience.

De la même façon, trop parler des attentats terroristes ou ne pas en parler, sont deux mauvaises réponses. Comme l'explique le neuropsychiatre, "il y a une négociation à faire entre les deux" pour que la victime d'un attentat terroriste trouve les mots, et la force de les partager.


Boris Cyrulnik sera le grand témoin de notre forum Sécurité et résilience.


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