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En camping-car autonome, ce couple va vivre une odyssée écolo sur les routes françaises

Planète. Sofia Colla le 17/03/2017

Pendant deux ans, ces deux jeunes Français vont vivre dans un ancien camping-car qu'ils ont entièrement retapé et rebâptisé Mobilab Songo. Il s'élancent sur les routes de France pour promouvoir et développer des modèles de consommation plus durables.

C’est le grand départ. Ce vendredi 17 mars, Romane (22 ans) et Anton (23 ans) prennent la route dans leur camping-car autoconstruit et autonome : Mobilab Songo. Sans itinéraire fixe, ils vont parcourir la France pendant minimum deux ans.
 
Songo veut dire "rêve" en Espéranto (langue internationale). Eux rêvent d’un monde plus durable : "Recommencer à partir de ce qui est essentiel. Expérimenter pour chacun de nos besoins premiers le "faire soi-même ensemble"".

Ils ont donc décidé de passer à l’action. D’abord à leur échelle, mais aussi en rencontrant les "acteurs de demain" afin de partager leurs connaissances et développer l’autonomie collective.
 
Leur mantra : "Vivre plus simplement pour que d'autres puissent tout simplement vivre." (Gandhi)

7 mètres carrés autonomes
(Crédit : Mobilab Songo)
(Crédit : Mobilab Songo)
Tout commence en 2015. Après être passé par la case des jobs traditionnels, le jeune couple achète un vieux camping-car. Ils le démontent et le refont entièrement : plancher, charpente, isolation, étanchéité, toit ouvrant pour la chambre-mezzanine… Tout est repensé. 

Dans si peu d’espace, il s'agit d'éviter la multiplication des déchets, réduire ses besoins et produire sa propre énergie. "Tout est en interaction avec tout" explique Anton au micro de France Bleu. Les déchets des toilettes sèches et de l’alimentation servent à produire du gaz pour cuisiner grâce à la microméthanisation. Des filtres à eaux recyclent l’eau de pluie et l’eau de la douche est réutilisable grâce à la phytoépuration.
 
"On s’inspire du fonctionnement de la nature, où rien n’est un déchet mais tout est une ressource pour que ça fonctionne en petit éco-système" rajoute Anton.

Le Songo produit de l’électricité grâce à un panneau solaire. "Nous comptons fabriquer une éolienne à plus long terme pour compléter la production énergétique dont nous aurons besoin" précise Romane.
 
Romane et Anton ne vont vivre qu’avec 500 euros par mois, avec comme objectif de devenir de plus en plus autonome. 
 
"Pour la nourriture nous ne pourrons pas être en totale autonomie. Sur place, nous ne cultiverons que quelques plantes en aquaponie et aurons les œufs des poules. Pour le reste, on espère fonctionner au maximum par le troc et les échanges avec les communautés".

Un laboratoire mobile et collectif en mode de vie durable
Ce long voyage n’est pas à confondre avec des vacances ! Le couple restera plusieurs semaines dans les villages ou éco-lieux et proposera des animations comme des ateliers pour confectionner des cosmétiques naturels ou créer une éolienne. Mais ils organiseront également des conférences, des projections et débats.
 
Hors de ces moments d’animation, Romane et Anton développent un "espace collaboratif ". C’est-à-dire que tous les outils (marteau, tournevis, vidéoprojecteur, etc.) seront disponibles dans un espace ouvert, que ce soit pour des projets collectifs ou individuels, afin que chacun puisse échanger et partager ses connaissances.
 
Au-delà des actions sur le terrain, le Mobilab Songo sera aussi présent sur le web. Des vidéos seront ainsi réalisées pour que tout le monde puisse apprendre à fabriquer des objets soi-même, une jardinière verticale ou un microméthaniseur par exemple. La vidéothèque sera également composée de contenus présentant les éco-lieux et d’autres plus généraux avec des réflexions sur la gouvernance ou la gestion du conflit.
 


Songo n’est pas tout à fait terminé, mais Romane et Anton ne retardent pas leur départ pour autant. Leur première étape : la Biennale Internationale Design de Saint-Étienne (qui porte cette année sur les mutations du travail) à partir du 25 mars, avec une escale ce week-end (18-19 mars) à l’événement caritatif Glisse en Cœur au Grand-Bornand (Haute-Savoie).
 



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