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Des agriculteurs indiens font reculer le gouvernement sur les OGM

Des agriculteurs indiens ont réussi à suspendre provisoirement une décision du gouvernement qui autorisait les essais en plein champs de 21 nouvelles variétés d’OGM.

Le 11/08/2014 par WeDemain
Sur Instagram, la popularité s'évalue au nombre de likes'' obtenus sous chaque photo. Un système que le réseau social souhaite changer... (Crédit : Shutterstock)''
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Après deux semaines de mobilisation à travers tout le pays, de nombreux agriculteurs indiens viennent d’obtenir une première victoire : la suspension provisoire de la décision du gouvernement d’élargir les cultures OGM en plein champs à 21 nouvelles plantes, dont l’aubergine, légume le plus consommé du pays, rapporte Courrier International.

Cette décision, prise contre l’avis de plusieurs commissions scientifiques, allait à l’encontre des promesses faites pendant la campagne par le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien, formation national-hindouiste, au pouvoir depuis mai 2014). « Dans son programme électoral, le BJP s’était engagé à ce qu’aucune décision ne soit prise pour étendre les expérimentations sans évaluation scientifique préalable. Le ministère de l’Environnement s’est assis sur ces promesses et sur les recommandations des scientifiques. […] Le ministre de l’Environnement, qui enthousiasme les milieux industriels, ne s’inquiète pas [des dangers des OGM] et a déjà pris pas mal de mesures anti-écologiques », s’insurgeait l’éditorialiste de Jansatta, grand quotidien (en Hindi) cité par Courrier. Pour le journal, ces expérimentations ont pour but « d’ouvrir la voie à une généralisation de cette pratique.  »

L’échec du coton Bt

Pour l’heure, le coton Bt, mis au point par Monsanto, est le seul OGM massivement cultivé en Inde (plus de 90 % des cultures de coton du pays). Autorisé en 2002, il lutte contre le ver de la capsule en sécrétant son propre insecticide. Lors de sa mise sur le marché, le coton devait permettre aux agriculteurs de tripler leurs rendements tout en faisant baisser les coûts de production. Mais des résistances sont apparues et les plantes sont devenues vulnérables à de nouvelles maladies, jusqu’ici inconnues en Inde. Les coûts s’en retrouvent alourdis. Les agriculteurs doivent multiplier les épandages d’insecticides pour sauver les récoltes, les rendements sont bien moins importants qu’annoncés et les semences OGM sont beaucoup plus chères que les graines traditionnelles.« Le Bt est une solution à court terme. Son utilisation se transforme en cercle vicieux d’endettement pour l’agriculteur », expliquait en 2010 Arnaud Apoteker, de Greenpeace, au Figaro.

Le Ministère de l’agriculture indien a depuis établi un lien direct entre les suicides de fermiers ruinés et l’utilisation de semences génétiquement modifiées, notamment dans l’ouest de l’Inde. Surendettés par l’achat d’engrais et d’insecticides, des milliers de paysans ont mis fin à leur vie. Ironie du sort, beaucoup l’on fait en avalant les pesticides qui devaient les sortir de la misère. Selon Vandana Visha, physicienne reconnue et militante écologiste indienne, ce sont « 270 000 paysans indiens » qui se seraient suicidés « depuis l’arrivée de Monsanto sur le marché des semences du pays ». La décision de l’Etat, d’écouter les manifestations populaires et de suspendre l’élargissement des cultures transgéniques, annonce peut-être un nouveau virage dans l’agriculture indienne. L’Etat du Maharashtra, dans l’ouest  du pays, a d’ailleurs interdit à Mahyco, le distributeur local de Monsanto, de vendre les graines de son coton OGM. 
 

Elisabeth Denys  
Journaliste / We Demain  
@ElissaDen   
 

 

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