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À choisir, Greta Thunberg préfère le nucléaire au charbon

« Entre deux maux, il faut choisir le moindre. » L’activiste suédoise Greta Thunberg a fait sienne la phrase du philosophe grec Aristote. Alors que l’Europe doit faire face à une crise énergétique en raison de la guerre en Ukraine, la militante contre le réchauffement climatique a répondu franchement à une question posée à la télévision allemande Das Erste ce mardi 11 octobre 2022.

Interrogée sur le fait que le nucléaire est ou non la meilleure solution à l’heure actuelle, elle n’a pas hésité à trancher. « Si nous les [les centrales nucléaires] avons déjà en activité, je pense que c’est une erreur de les fermer pour se concentrer sur le charbon », a-t-elle déclaré. En Allemagne, le ministre de l’économie Robert Habeck a annoncé le « maintien en réserve » jusqu’au printemps prochain de deux des trois dernières centrales nucléaires du pays qui auraient dû être fermées cette année. Elles restent une option jusqu’au printemps 2023 en cas de crise énergétique alors qu’elles devaient être placées hors service à la fin de 2022.

L’interview de Greta Thunberg à la télévision allemande Das Erste le 11 octobre 2022.

Nucléaire, charbon… un choix complexe pour les politiques

Le choix de l’Allemagne de ne pas fermer ses centrales nucléaires à la date annoncée a fait polémique outre-Rhin. En effet, la coalition au pouvoir du chancelier Olaf Scholz inclut les Verts, qui réclame depuis longtemps une sortie permanente de l’énergie nucléaire. Ce choix de centrales nucléaires mises en réserve a donc créé une véritable tempête politique. Face à l’annonce de Greta Thunberg, le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, un Libéral, a applaudi cette mise au point : « Je salue les encouragements de l’initiatrice du mouvement Fridays for Future pour la position des Libéraux de maintenir en service nos centrales nucléaires. »

Mais, l’Allemagne mise aussi de plus en plus sur les centrales électriques au charbon pour combler le déficit énergétique provoqué par la guerre en Ukraine et des flux de gaz naturel venant de la Russie très réduits. D’autres pays d’Europe ont fait eux aussi ce choix. C’est le cas de l’Autriche, de la Bulgarie, de l’Italie, du Royaume-Uni ou encore des Pays-Bas. Rien qu’outre-Rhin, la production locale a augmenté de 40 % entre janvier et août. Conséquence : des émissions de gaz à effet de serre qui augmentent à court terme. Et l’objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5 % s’éloigne chaque jour un peu plus…

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