Voici comment s’est vraiment négocié l’Accord de Paris

Alors que la 24e Conférence pour le Climat débute ce lundi 3 décembre à Katowice (Pologne), France 5 actionne la machine à remonter le temps. Le documentaire “2 degrés, les dessous de la guerre climatique”, signé Jean-Michel Carré, nous ramène trois ans en arrière, dans les coulisses de la COP21 et la signature des Accords de Paris.

Souvenez-vous, c’était en 2015. Pour la première fois, l’ensemble de la communauté internationale s’engageait concrètement pour la lutte contre le réchauffement climatique, promettant de contenir le réchauffement climatique à +1,5°C. La fin de la politique de l’autruche, le début d’un renouveau environnemental ?

Lorsque la France a été choisie pour accueillir la conférence, ils m’ont tous dit ‘Mr Fabius, good luck !’”, se souvient Laurent Fabius, ancien ministre des Affaires Étrangères et président de la COP21. “Nous étions alors les seuls candidats : les précédentes COP avaient été des échecs.
 

À lire aussi : la tribune de Matthieu Guérin sur les Accords de Paris « Les objectifs sont ambitieux, mais les solutions restent nébuleuses « 

À la manière d’un roman à suspense, le documentaire chronique le déroulement de cette conférence historique, organisée juste après les attentats du 13 novembre dans un contexte social et politique explosif. Rien n’était joué d’avance. Il suffit d’écouter Laurent Fabius ou Laurence Tubiana, ambassadrice pour les négociations, nous raconter le détail des tractations diplomatiques pour s’en convaincre. L’acceptation même du texte final s’est jouée à une nuance grammaticale près…

Trois ans plus tard, Nicolas Hulot quitte avec fracas le gouvernement d’Emmanuel Macron, et dénonce le manque de moyens humains et financiers octroyés à la lutte contre le réchauffement climatique. Sa démission en direct, sur France Inter le 28 août dernier, accompagne le propos comme un fil rouge.
 
À lire aussi : l’interview de Jean Jouzel : « Le départ de Nicolas Hulot illustre un recul de la France »

De cause commune, la lutte contre le réchauffement climatique est devenue une source de conflit international, avec ses perdants et ses « je-m’en-foutistes » : le président américain Donald Trump, qui décida en 2017 de retirer son pays des Accords de Paris, est directement visé.

Refusant le défaitisme, “2 degrés, les dessous de la guerre climatique” se termine cependant sur un sentiment d’urgence. L’humanité toute entière se retrouve confrontée au plus grand défi qu’il lui a été donné de relever, et comme le souligne Laurence Tubiana dans les ultimes minutes du documentaire, il s’agit pas simplement d’y arriver, mais d’y arriver à temps. Un rappel salutaire. 
 

Recent Posts

  • Découvrir

Picture Organic Clothing : la marque outdoor française anticipe le réchauffement climatique

Née à Clermont-Ferrand en 2008, Picture Organic Clothing a voulu, dès ses débuts, faire rimer…

5 heures ago
  • Découvrir

L’ère du ‘slop’ a sonné : quand l’IA de mauvaise qualité envahit nos vies

Découvrez comment le terme "slop" décrit désormais le contenu de mauvaise qualité généré par l'IA,…

1 jour ago
  • Inventer

10 start-up françaises qui s’attaquent aux grandes problématiques environnementales

La troisième promotion de l'Environmental Startup Accelerator de Microsoft a sélectionné 10 start-up prometteuses dans…

1 jour ago
  • Découvrir

Essentia : Moët & Chandon prépare l’avenir avec son conservatoire des cépages

Véritable sanctuaire de la diversité des cépages champenois, Essentia a été inauguré par Moët &…

2 jours ago
  • Ralentir

Green Shift Festival : au carrefour des imaginaires, la culture et l’art comme planche de salut

Pendant trois jours, le Green Shift Festival a célébré l'imaginaire écoresponsable à travers des discussions,…

2 jours ago
  • Non classé

Ces migrations géantes qui se produisent en secret (ce n’est pas ce que vous croyez)

La plus grande migration sur Terre se déroule chaque nuit dans les océans. Découvrez comment…

3 jours ago