Tous marins ! Voici le covoiturage des mers

Vous rêvez de hisser la grand-voile, mais comme la plupart des Français vous n’avez pas de bateau ? Voici la co-navigation, la version nautique du covoiturage. Le principe est de partager, à prix léger voire gratuitement, le bateau d’un autre : catamaran, vieux gréement, vedette… Et si vous êtes vous-même l’heureux propriétaire d’un navire, sélectionnez vos équipiers, novices ou experts, afin d’amortir vos coûts de navigation.
 
Sites spécialisés

Première option : les sites spécialisés dans les trajets de longue durée. Au lieu de louer un bateau pour 4 000 euros la semaine, on y déniche une cabine pour 200 à 300 euros, partout dans le monde. Parmi ces sites, Vogavecmoi.com, Sailsharing.com, ou encore Co-navigation.fr, créé en 2012 par Jean-Claude Rollo à destination « des gens qui n’ont encore jamais posé les pieds sur un bateau de leur vie »

La plateforme fédère aujourd’hui une communauté de plaisanciers originaires de 130 pays. Pierre A., navigateur, y recherche un « partenaire possédant un bateau à La Ciotat ou environ pour sorties pêche, participation aux frais », alors que Florence F., « équipière expérimentée, souhaite découvrir la Grèce ou la Turquie à la voile, durant une ou deux semaines ».  Quand Pierre et Florence trouveront leurs embarcations, ils recevront un code à présenter lors de l’embarquement. L’argent sera alors transféré aux propriétaires des bateaux, et le site retiendra une commission de 5 euros. Une sorte d’Airbnb des mers, en somme.

Pas de frais, pas de commission

Deuxième option : la croisière ne vous amuse pas et vous n’aspirez qu’à vous déplacer d’un port à un autre. Pour cela, une autre formule vient de voir le jour. Las de la hausse des prix des navettes entre les îles du Morbihan et le continent, quatre jeunes Bretons ont eu l’idée de mutualiser les petits trajets. Ouvert au printemps après une campagne de financement participatif, leur site, Cobaturage.bzh, met en relation directe voyageurs et plaisanciers. À la différence du covoiturage, tout est gratuit : pas de frais, pas de commission. Tout au plus une modeste gratification : un verre entre coéquipiers à l’arrivée, par exemple.

Côté législation, pas d’inquiétude. Le principe est celui du covoiturage : tant que vous ne faites pas de bénéfices avec votre navire, la répression des fraudes ne vous en voudra pas. Les compagnies de transport maritime et les opérateurs de croisières, à leur tour menacés de disruption, n’en diront peut-être pas autant…
 
Lara Charmeil
Journaliste à We Demain
@LaraCharmeil
 

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