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Clearview, l’appli de reconnaissance faciale qui menace notre vie privée

Cette application de reconnaissance faciale est capable d’identifier un visage à partir de milliards de photos… récupérées illégalement sur les réseaux sociaux. Un outil déjà utilisé par les services de police américains, révèle une enquête du New York Times.

Le 21/01/2020 par Amaury Lelu
Utilisée par le FBI, l'application Clearview pourrait bientà´t àªtre entre les mains du grand public. (Crédit : Shutterstock)
Utilisée par le FBI, l'application Clearview pourrait bientà´t àªtre entre les mains du grand public. (Crédit : Shutterstock)

Après les Chinois, voilà les Américains victimes des dérives de la reconnaissance faciale. Un logiciel au nom évocateur est notamment mis en cause par une récente enquête du New York Times. Il s’agit de Clearview, qui peut se traduire en français par “clairvoyance”.
 

 
Conçu en 2016 par un Australien, cet outil serait capable d’identifier une personne à partir d’une base de plus de 3 milliards de photographies. Par exemple un quidam dans la rue, ou un manifestant…  Or, ces photos seraient issues de profils Facebook, Linkedin, Instagram ou Twitter, volées sur les réseaux sociaux qui interdisent pourtant cette pratique dans leurs conditions d’utilisation.
 
Une extorsion d’autant plus inquiétante que les autorités américaines feraient elles-même usage de l’outil. Jusqu’ici, elles utilisaient déjà les documents officiels (permis de conduire, photos judiciaires) pour la reconnaissance faciale, et peuvent désormais exploiter des images publiques. Au total, 600 services de police et la sécurité intérieure (FBI) auraient eu recours à Clearview, selon le New York Times. L’entreprise compte aussi rendre l’application accessible au grand public, afin de permettre à chacun de photographier un inconnu dans la rue pour connaitre son identité…

Réguler la reconnaissance faciale

Si le logiciel se vante de trouver une correspondance dans 75 % des cas, ses “prouesses” technologiques cachent plusieurs problèmes : Clearview peine à identifier les personnes de couleur, l’entreprise n’indique pas le nombre de personnes arrêtées injustement par la police et les serveurs où sont stockées les photographies ne sont pas suffisamment sécurisés.
 
Les journalistes du New York Times ont aussi révélé des liens douteux entre des politiques, hommes d’affaires et Clearview. L’application aurait ainsi été financée par Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook, réputé proche de Trump. Et plusieurs républicains ultraconservateurs auraient assuré la promotion du logiciel auprès des services de police du pays.

Une affaire qui interroge sur l’avenir de la protection de la vie privée, aux Etats-Unis mais pas seulement. Selon un document consulté récemment par Reuters, la Commission européenne envisage d’interdire la reconnaissance faciale dans les lieux publics sur une durée de trois à cinq ans.

Ce qui semble compliqué à mettre en place, des déploiements étant déjà prévus dans tout le continent. La France a par exemple l’intention d’instaurer dès 2021 l’application Alicem, afin que tout le monde puisse accéder aux services publics grâce à la reconnaissance faciale.

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