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Mettre en cohérence missions et transition écologique : le grand défi des associations

Parties prenantes de la société civile, les associations sont elles aussi concernées par la transition écologique. Mais il n’est pas toujours aisé de combiner les missions de son association avec sa propre transition écologique. À l’occasion du Forum National des Associations & Fondations 2023, qui s’est tenu à Paris le 18 octobre, Alexandre Chaudonneret, Chef de projet Environnement chez Médecins Sans Frontières (MSF) France, a détaillé le processus qui a été mis en place en interne.

« En 2018, quand je suis arrivé à l’antenne parisienne de MSF, la transition écologique n’était pas un sujet. Quand je posais la question de l’environnement, on me répondait que nous n’étions pas Greenpeace… depuis, les choses ont bien changé. » Le sujet a été peu à peu mis sur la table et les préoccupations ont évolué. En 2020, MSF a pris un engagement de réduction de son empreinte environnementale et entamé une réflexion profonde en collaboration avec Climate Exchange Accelerator.

Une feuille de route climatique et environnementale

Fin 2021, la section française de MSF s’est engagée à diminuer de moitié son empreinte carbone à l’horizon 2030. Elle a aussi annoncé sa volonté de réduire davantage son impact environnemental dans ses zones d’intervention. Pour cela, l’association a défini une feuille de route climatique et environnementale qui a vu le jour à l’été 2023. « Elle a été créée dans le cadre d’un travail interdisciplinaire, nous voulions que cela soit cocréé avec nos membres. Nous avons donc mis en place une plateforme collaborative pour recueillir les idées. Et une personne a été désignée, moi, pour suivre le projet de bout en bout », détaille Alexandre Chaudonneret.

Cela a donné lieu à une feuille de route que nous pensons à la fois exhaustive et digeste. « Nous travaillons aussi avec d’autres acteurs, comme la Fondation Veolia, qui nous partage ses compétences R&D pour trouver des solutions d’assainissement de l’eau avec un impact carbone restreint. Nous avons aussi défini une check-list pour nos cadres sur le terrain afin qu’ils puissent eux-mêmes évaluer les compétences des entreprises locales de traitement des batteries, par exemple. Ils doivent pouvoir se faire une idée par eux-mêmes afin de faire les bons choix », ajoute Alexandre Chaudonneret.

« Les associations ne sont pas en dehors de la société »

Si MSF espère que sa feuille de route pourra se diffuser, infuser et inspirer d’autres associations, Inès Le Goaziou, Manager sustainable performance et transformation chez EY, rappelle l’importance d’intégrer la transition écologique au plus vite. « Les associations ne sont pas en dehors de la société. Elles doivent intégrer les engagements des Accords de Paris et aller vers une certaine sobriété, que ce soit en matière de climat, de biodiversité, etc. »

Autre point crucial : les effets du réchauffement climatique vont affecter la façon dont les associations travaillent car cela va modifier les besoins du grand public. Il est donc utile, dans un premier temps, de réaliser un état des lieux plus ou moins formalisé de son bilan carbone (l’Ademe fournit des outils, par exemple). Ensuite, il convient d’avancer sur ce projet de manière collaborative pour inclure tout le monde dans l’association. Il faut que chacun se sente concerné. Ensuite, une fois le bilan réalisé, il est utile d’identifier les bons leviers pour que les efforts aient le plus d’impact et fassent sens pour l’association.

« Dernière étape : il est utile de regarder les rapports du GIEC pour avoir des pistes pour se projeter et imaginer quelles seront les missions de l’association dans quelques années ou décennies. Cela permet de mettre en place dès à présent des mesures dans cette optique et de tenir sa trajectoire », conclut Inès Le Goaziou.

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