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Sailcoop, la coopérative qui relance les voyages en voilier

Comment remplacer avions et ferries très polluants ? En développant un vaste réseau de transports à la voile, en France et vers le reste du monde. Tel est l’objectif de la coopérative Sailcoop, lancée par Maxime de Rostolan, Maxime Blondeau, et Arthur Le Vaillant.

Le 22/07/2021 par Alice Pouyat
Sailcoop entend louer des voiliers de plaisance français qui restent à quai 97,8 % de l’année.
Sailcoop entend louer des voiliers de plaisance français qui restent à quai 97,8 % de l’année. (Crédit Shutterstock)
Sailcoop entend louer des voiliers de plaisance français qui restent à quai 97,8 % de l’année. (Crédit Shutterstock)

Dilemme cornélien. Vous rêvez de lointains voyages mais votre conscience écolo vous glisse qu’il serait bon d’éviter l’avion. Un dilemme qui connait bien Maxime de Rostolan. Le fondateur de Fermes d’avenir, de Bluebees et de La Bascule lance un nouveau projet écolo : Sailcoop. Une coopérative qui souhaite développer un réseau de transport en voilier, vers la France et le reste du monde.

“Je ne prends plus l’avion depuis sept ans, mais ma femme étant brésilienne, il est difficile de ne plus voir sa famille”, explique Maxime de Rostolan.

Deux proches s’enthousiasment pour cette idée : Maxime Blondeau, président du Printemps écologique, le premier syndicat écolo, et le navigateur Arthur Le Vaillant. Les voilà tous les trois embarqués dans le projet.

“Sailcoop est une ode à l’aventure et à la sobriété, une alternative à la course folle du monde. Un espace-temps qui conjugue le partage et le calme, la découverte du monde et de soi”, plaide le trio dans la présentation de son projet.

BlaBlaCar des mers

Ensemble, ils imaginent trois formules de voyage. La première : une sorte de “BlaBlacar marin”, leur site mettant en relation des navigateurs disposant de places à bord et des voyageurs pouvant ainsi se déplacer à prix réduit.

En plus de ce covoiturage des mers, proposé par d’autres sites, Sailcoop proposera des lignes régulières vers des destinations proches, comme la Corse, dès l’automne, puis vers d’autres îles française ou britanniques. Une alternative aux voyages en ferries, eux aussi très polluants.

Pour cela, Sailcoop louera des voiliers de particuliers, petits monocoques, bateaux de course, ou même catamarans haut de gamme. Une façon de valoriser les voiliers de plaisance français “qui restent à quai 97,8 % de l’année”. Le coût estimé pour les passagers : entre 50 et 120 euros par jour de navigation. Pas plus que pour une traversée en avion ou en ferry.

Voyage en flotille

Enfin, pour les destinations plus lointaines, par exemple les États-Unis, les Antilles ou le Brésil, Sailcoop rêve de lancer des voyages en flottille, soit 15 à 50 bateaux navigant ensemble. La première transat est prévue pour le printemps 2022. Ici, comptez entre 80 et 110 euros par jour de navigation.

“J’aime cette image du voyage en groupe, à la fois drôle et rassurante”, poursuit Maxime de Rostolan.  

Autant de projets qui incluent un volet social, en recrutant et formant des personnes éloignées de l’emploi à la navigation et à l’entretien des bateaux.

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Le voilier pour “repenser nos manières de découvrir le monde”

“Alors que nos modes de vie mettent en péril climat et biodiversité de manière évidente, il est temps de repenser nos manières de découvrir le monde”, souligne encore Sailcoop.

Et en pleine crise climatique et sanitaire, l’initiative semble en effet séduire, au moins sur le papier. Déjà 250 personnes se sont dites intéressées par une Transat au printemps prochain, et près de 400 pour la Corse dès cet automne

Reste encore à peaufiner des détails du projet, annoncés en conférence de presse le 8 septembre prochain, à Marseille.

En attendant, Sailcoop propose de méditer quelques mots de Marguerite Duras pendant l’été. “Dans le voyage, il y a le temps du voyage. Ce n’est pas voir vite, c’est voir et vivre en même temps”.

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