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EcoTrail Paris : en course aussi, il faut penser à son empreinte carbone

Avec un nom pareil, forcément la course est attendue au tournant. Chaque année depuis 2008, en mars, a lieu l’événement EcoTrail Paris. Plusieurs courses nature sont organisées aux abords de la capitale, dans l’ouest de l’Île-de-France et entre 13 et 15 000 participants sont attendus pour l’édition 2023. La plus longue, le 80 km, part de l’étang de Saint-Quentin-en-Yvelines pour finir… au premier étage de la tour Eiffel. D’autres s’élancent du parc du Château de Versailles ou encore de l’observatoire astronomique de Meudon. Mais elles ont toutes en commun une farouche volonté de limiter au maximum l’empreinte carbone de l’événement.

Car cette course est à la fois une manière de mettre en avant l’existence de sentiers vallonnés aux portes de Paris – entre 80 et 90 % des parcours sont hors bitume – mais aussi un véritable laboratoire pour les courses écoresponsables. « Année après année, nous poussons le curseur un peu plus loin pour diminuer notre impact sur l’environnement, explique Justine Birot, responsable Développement Durable de l’EcoTrail Paris. L’an dernier, par exemple, nous avons décidé de ne plus distribuer de T-shirt finisher, trop polluant et qui encombre bien souvent les placards. »

EcoTrail Paris, une course qui se veut locale

Bien souvent, le transport est le premier facteur d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pour ce genre d’événement (75 à 95 % du total). Et EcoTrail Paris ne fait pas exception à la règle. Outre le fait de proposer à tous les participants qui ne possèdent pas un abonnement Navigo des billets gratuits de transport en commun pour se rendre sur le lieu de départ de leur course, les organisateurs ont aussi pris la décision de mettre en place une « communication de proximité ».

« Nous voulons limiter au maximum les coureurs qui viennent de l’autre bout du monde en prenant l’avion ou qui font plusieurs heures de déplacement en voiture pour s’aligner sur la ligne de départ. Donc nous avons décidé de ne plus communiquer que sur un bassin de population situé au maximum à 1h30 de Paris », détaille Justine Birot. Et pour les coureurs Elite invités par l’organisation, il leur sera fourni un billet de train pris en charge à 100 %, là encore pour s’assurer de limiter l’empreinte carbone.

Un ravitaillement bio, local et de saison

Pendant la course, les ravitaillements sont bio, locaux, de saison et proposés en vrac pour réduire les déchets. Crédit : E. Montgobert / EcoTrail Paris.

Les stands de ravitaillement qui seront proposés aux coureurs pendant et après la course ont fait eux aussi l’objet d’un effort progressif de l’organisation de l’EcoTrail Paris pour améliorer peu à peu le sourcing et développer le vrac pour éliminer peu à peu le plastique. « Nous sommes désormais totalement sur des produits bio, locaux et de saison. Nous travaillons en direct avec des producteurs et nous nous assurons que les déchets seront bien compostés. Cette année, nous avons aussi fait le choix d’une collation végétarienne pour les bénévoles et l’orga », souligne Justine Birot.

Une dizaine de fournisseurs a été retenue pour fournir fruits frais et secs, compotes, charcuterie, sirops, fromages, biscuits, pain… et même bière locale, fabriquée à Bonneuil (94). En outre, aucune bouteille en plastique ne sera utilisée et, comme cela se fait de plus en plus sur les courses de trail, chaque participant est prié de venir avec son propre gobelet réutilisable pour limiter au maximum les déchets plastiques. Enfin, l’organisation a aussi recours à des générateurs électriques d’énergie verte pour limiter un peu plus les émissions de GES.

Sensibilisation à l’éco-responsabilité autour de la course

Outre l’ensemble de ces actions mises en œuvre dans le cadre des courses, l’EcoTrail Paris entend aussi sensibiliser les participants, du moment de leur inscription au village d’arrivée. En amont du jour de la course, des ateliers sont organisés pour à la fois découvrir le parcours mais aussi en profiter pour faire du plogging (ramasser les déchets trouvés sur les sentiers). En janvier dernier, en collaboration avec l’Office National des Forêts (ONF), 100 chênes sessiles ont été plantés en bordure du parcours dans le cadre du projet Forêts du Sport Français, soutenu par la Maif.

Lors du retrait des dossards aussi, une sensibilisation est prévue. Des ateliers MyCO2, créés par le cabinet de conseil Carbone 4 de Jean-Marc Jancovici, seront proposés en amont de la course ainsi que le jour J. Objectif : que les participants apprennent à calculer eux-mêmes leur empreinte carbone personnelle et comprennent les ordres de grandeur du carbone. « Des sessions de formations pour les bénévoles et l’ensemble du staff sont aussi organisées », précise Justine Birot. Après tout, les éco-gestes concernent tout le monde.

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