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Qui a dit que les éoliennes enlaidissaient le paysage ? – Épisode 2

Suite à l’article que nous avons consacré aux éoliennes les plus inattendues, grâce à vos réactions et contributions, voici cinq nouveaux modèles prometteurs.

Le 04/02/2015 par WeDemain

Vous avez récemment pu découvrir sur wedemain.com cinq étonnantes éoliennes : en forme de joncs, d’arbre, de voiles, ou bien volante, sans pales…. Vous avez été nombreux à réagir et à nous soumette d’autres modèles aussi originaux que méconnus.

Toutes n’ont pas été retenues car beaucoup d’entre elles sont encore à l’état de prototypes et ne semblent pas toujours techniquement au point. Sans plus attendre, voici notre sélection des incroyables possibilités de l’éolien, un secteur d’avenir… décidément peuplé d’inventeurs géniaux.

SKWID, Mi-éolienne, mi-hydrolienne

SKWID est une éolienne flottante combinée à une hydrolienne sous-marine. Selon son concepteur, la société japonaise MODEC (spécialiste des plateformes offshore), c’est le premier système hybride « capable de maximiser la collecte des énergies de l’océan ». Nos lecteurs les plus avertis auront reconnu une éolienne de type Darrieus, baptisée du nom de son inventeur en 1931. Cet engin  à axe vertical, de 47 mètres de haut, est omnidirectionnel et n’a aucune limite face à la puissance des vents.

L’hydrolienne, quant à elle, est construite selon un design concurrent du Darrieus, à savoir le rotor Savonius (1929). Il se compose de godets demi-cylindriques de 15 mètres de profondeur, qui tournent lentement au gré des courants, sans pour autant constituer une menace pour la faune. Encore en construction, SKWID devrait, à terme, être capable de produire 500 Kw, soit la consommation de 300 foyers !

MAGLEV, La lévitation magnétique à la rencontre du vent

Cette éolienne « couteau suisse » de 10 Kw, développée par l’entreprise chinoise Typmar, combine elle-aussi les designs de Darrieus et Savonius, mais sur le même mât. Cela lui permet de démarrer avec les vents les plus faibles (dès 1m/s) grâce au rotor Savonius (en rouge et bleu), mais aussi de profiter des vents les plus extrêmes grâce aux pales Darrieus (en blanc). Sa plage d’utilisation est donc plus ample que celle d’une éolienne standard à axe horizontal, qui peine à démarrer par vent faible, et doit être stoppée par grand vent.

L’une des seules limites de ce type d’éolienne est la forte contrainte mécanique exercée à la base du rotor, mais ici le problème a été contourné grâce à la lévitation magnétique ! Deux aimants à la polarité opposée empêchent toute friction entre le rotor et le stator. Résultat : moins de bruit, de vibrations, et plus de vitesse.

IMPLUX, L’éolienne inclassable

Si sa forme suggère un axe vertical, l’éolienne IMPLUX est inclassable, assure son constructeur. Elle utilise un rotor d’éolienne classique mais placé à l’horizontal, au centre d’une structure qui permet une aspiration omnidirectionnelle. Le vent pénètre par les fentes sur le pourtour, où il s’accélère et fait tourner l’hélice, avant de sortir en une colonne verticale au sommet.

Selon la société australienne KATRU, qui l’a développé, ce modèle présente les avantages des deux designs (axe vertical ou horizontal) mais sans leurs inconvénients en terme de stress structurel, de bruits ou de vibrations. Cette éolienne est parfaitement adaptée aux sommets des immeubles de quatre étages et plus, où elle tire partie des turbulences du vent. D’autant que sa petite taille lui permet de s’intégrer facilement dans le paysage urbain. IMPLUX sera disponible en 2015, avec des puissances allant de 0,75 Kw pour un modèle de 2,1 m et jusqu’à 3,5 Kw pour un modèle de 4,4 m.

SAPHONIAN, L’éolienne sans pales

Encore plus novateur : la Saphonian. Cette éolienne, dont le nom est inspiré d’une divinité carthaginois du vent a été développée par Saphon, une start-up tunisienne. Basée sur le principe d’une voile, elle oscille dans le vent et compresse un système hydraulique qui génère ensuite de l’électricité.

Selon l’entreprise qui la développe, cette éolienne ne serait pas limitée par la loi physique de Betz, qui définit le coefficient de performance maximum d’une éolienne à 59 % de la force du vent. La Saphonian, elle, afficherait un rendement de 80 % et génèrerait de l’électricité de façon exponentielle à mesure que forcirait le vent ! Reste à attendre attendre sa mise sur le marché pour pouvoir vérifier ces affirmations.

PIGGOTT, L’éolienne DIY

Si toutes ces hélices vous font tourner la tête, il existe une solution : fabriquer vous-même votre éolienne. Wedemain.fr en avait parlé en octobre dernier, cet engin promu par l’association française Tripalium est inspiré par les designs de l’écossais Hugh Piggott.

À partir de bois et de pièces mécaniques récupérées, vous pourrez produire localement de l’énergie. Seul bémol, cette petite éolienne ne suffira pas à assurer l’autonomie énergétique d’un foyer. Mais à la différence des autres, elle est facilement réparable, sans nécessiter de pièces venant de l’autre bout de la planète. Et n’est-ce pas ça avant tout, l’écologie ? Limiter son empreinte environnementale tout en reprenant le contrôle ?

Alors, comme dirait Georges Pernoud, « Bon vent » !

Jean-Jacques Valette
Journaliste We Demain

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