Charlotte, douze ans, élève au collège sans classes

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I Publié le 2 Décembre 2015

Pour lutter contre l’échec scolaire, les professeurs d’un établissement bordelais ont trouvé comment adapter leurs cours au niveau de chaque élève : ils ont supprimé les classes. Le Récit d’une ado pour "We Demain".


Charlotte, en "niveau 2" dans la majorité de ses cours (Crédit : Eugénie Baccot)
Charlotte, en "niveau 2" dans la majorité de ses cours (Crédit : Eugénie Baccot)
Bonjour, Je m’appelle Charlotte, j’ai 12 ans, je suis en cinquième. Enfin… je devrais plutôt dire que je suis en "niveau 2" dans la majorité de mes cours. Je m’explique : je suis élève au collège Notre-Dame à Bordeaux, un collège privé sous contrat avec l’État.

À la rentrée 2014, une petite révolution s’y est produite. Les classes ont été supprimées. Sixième, cinquième, quatrième, troisième : c’est de l’histoire ancienne. Depuis l’année dernière, les classes sont remplacées par des niveaux. La classe de sixième devient le niveau 1, la cinquième devient le niveau 2, jusqu’à la troisième qui correspond au niveau 4. Quand j’ai appris, l’année précédant cette réorganisation, que les classes seraient supprimées, j’ai trouvé cela très bizarre, comme d’autres élèves et parents du collège.

Bruno Gruyer, notre directeur, et les quatre professeurs qui ont orchestré la réorganisation du collège nous ont expliqué qu’ils avaient travaillé toute l’année, sans qu’on le sache, à cette suppression des classes. Ils nous ont dit que ce nouveau système permettrait à chacun de pouvoir progresser à son rythme sans s’ennuyer, sans accumuler de lacunes, sans redoubler. Et puis depuis quinze ans, le collège compte 10 % d’élèves intellectuellement précoces.

(Crédit : Eugénie Baccot)
(Crédit : Eugénie Baccot)

"Peu importe la différence d’âge"

L’équipe de professeurs et M. Gruyer voulaient proposer une solution adaptée pour ces enfants qui peuvent être très en avance dans certaines matières et s’ennuient vite en classe. La réorganisation du collège en niveaux, qui n’a nécessité aucun budget supplémentaire auprès de l’Éducation nationale, a même été validée par l’académie. Cela semble avoir rassuré les parents d’élèves, puisqu’aucun d’entre eux n’a décidé de retirer ses enfants de l’école après l’annonce de ce qui risquait d’être un bouleversement.

À la rentrée 2014, lors du lancement de cette nouvelle organisation, je ne voyais pas trop comment les cours allaient s’organiser. Finalement, nous, les élèves, avions commencé l’année en passant un test qui a permis de déterminer notre niveau dans chaque matière. Ainsi, en mathématiques, français, histoire-géographie, musique et arts plastiques, j’étais en niveau 2. Cela signifie que dans ces matières, j’ai les acquis nécessaires pour suivre le programme de la cinquième.

Dans les cours de français de M. Izquerdo, il y a dans ma classe des élèves qui ont jusqu’à deux ans de moins que moi. Mais peu importe la différence d’âge. D’ailleurs, en sciences de la vie et de la terre, en physique-chimie et en technologie, j’ai un peu plus de difficultés. Dans ces matières, je suis donc au niveau 1, un niveau inférieur, équivalent à celui de la sixième. J’appréhendais... 
Retrouvez la suite de cet article dans We Demain n°12

 

Propos recueillis par Ariane Puccini


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