Des trains plus écolos, financés par les particuliers : le pari d'une start-up allemande

Par I Publié le 30 Novembre 2015

Locomore veut lancer la "première alternative citoyenne" à la Deutsche Bahn, le géant ferroviaire allemand. Financés grâce au crowdfunding, ses wagons alimentés à l'énergie renouvelable pourraient circuler à partir de septembre 2016.


Image d'illustration (Crédit : Florian Bausch/FlickR)
Image d'illustration (Crédit : Florian Bausch/FlickR)
Selon une étude parue début novembre, la Deutsche Bahn, le géant du transport public ferroviaire allemand, aurait perdu 180 millions d’euros et plus de 5 % de ses voyageurs. En cause, l’introduction, en 2013, de bus économes et longue distance. Mais bientôt, l'entreprise pourrait perdre encore plus, avec l'irruption d’une nouvelle compagnie, qui, elle, vient la concurrencer sur ses propres rails. Son nom : Locomore.

Pour se distinguer du géant public et devenir "la première alternative ferroviaire" à la Deutsche Bahn, cette start-up mise sur l’écologie et la participation citoyenne.
 
"Avec le succès des autocars, nous sommes à présent sûrs du besoin du consommateur de voyager plus économiquement : Notre projet veut également lui proposer de le faire plus rapidement en rendant à nouveau accessible le transport en train", explique Derek Ladewig, fondateur de Locomore.

Derek Ladewig, fondateur de Locomore (Crédit : Locomore)
Derek Ladewig, fondateur de Locomore (Crédit : Locomore)

"Le monopole de la Deutsche Bahn n'est pas normal"

C’est il y a "quatre ou cinq ans" que cet ancien directeur d’une association de transports dans le Brandebourg, représentant de la Deutsche Bahn auprès des Verts au Parlement, s‘est décidé à concrétiser Locomore. Son constat d'alors : "le monopole ferroviaire de la Deutsche Bahn ne laisse aucune liberté de choix au consommateur - ce n’est pas normal". Pour y remédier, il s’associe à trois personnes et se met à plancher sur un trajet, des horaires, des partenariats.

Résultat ? À partir de septembre 2016, les usagers pourraient disposer d’une ligne supplémentaire qui reliera quotidiennement Stuttgart (sud-ouest) à Berlin (nord-est), une fois le matin, une fois le soir, dans les deux sens. Sur ce tronçon, loué à la Deutsche Bahn, circuleront d’anciens wagons type Corail, qui auront été modernisés.

Le futur trajet des trains de la start-up (Crédit : Locomore)
Le futur trajet des trains de la start-up (Crédit : Locomore)

Électricité verte et vitesse réduite

Car l’idée de Locomore n’est pas de devenir le d’Easyjet ou le RyanAir du train. À l'inverse d’un service plus économe mais moins confortable, Derek Ladewig et son équipe misent sur le confort et l’ergonomie.
 
"Notre train ne circulera que deux fois par jour, mais il comprend des arrêts dans les principales villes du pays, sera plus économique, écologique, et surtout citoyen", affirme son fondateur.

Afin de ne pas faire rouler leur train au charbon, les employés de la start-up misent sur des fournisseurs d’électricité verte. En outre, sa vitesse n’excédera pas les 200 km/h, ce qui réduira également son empreinte écologique. À bord, la nourriture proposée sera 100 % bio. Enfin, ce service devrait être financé par les citoyens. Locomore deviendrait alors la première ligne ferroviaire financée grâce au crowdfunding.

Ses fondateurs se disent confiants : ce week-end, un mois seulement après le lancement de leur campagne sur Startnext, ils ont annoncé avoir collecté 230 000 euros déjà. Objectif final : 780 000 euros d'ici fin janvier 2016.

La vente de billets de train servira ensuite à financer l’entreprise au quotidien, qui compte recruter une vingtaine de salariés supplémentaires d’ici septembre. Les trajets courte distance coûteront en moyenne 7 euros, les moyenne distance 13, et les plus longs trajets 22 euros. 

À noter que, si les trains Locomore voient le jour, son fondateur compte également y installer plus de tables que dans les wagons classiques de la Deutsche Bahn. Les utilisateurs y seront servis, et y disposeront par ailleurs d’un accès gratuit au Wi-Fi.

En amont de leur voyage, s’ils le souhaitent, les voyageurs pourront également créer un profil en ligne, afin de passer leur trajet avec des personnes qui partagent leurs passions ou de pouvoir choisir leurs voisins avant de monter dans leur wagon.

Derek Ladewig, qui rêve même d’un compartiment pour fans de foot, tient tout de même à préciser que "le 'social seating' n’est pas obligatoire". Lui et les membres de sa start-up souhaiteraient "simplement rendre les trajets en train à nouveau agréables".







WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE