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Éric Piolle : “Avec les écolos au pouvoir, tout ne va pas s’effondrer”

Sera-t-il celui qui mènera le parti écologiste à la présidentielle de 2022 ? WE DEMAIN a rencontré Éric Piolle, réélu en juin dernier à la mairie de Grenoble. Morceaux choisis.

Le 30/11/2020 par Antoine Lannuzel
Crédit : Pablo Chignard/Divergence
Crédit : Pablo Chignard/Divergence

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans WE DEMAIN n°32. Un numéro toujours disponible sur notre boutique en ligne

Comment être maire vert sans passer pour un khmer vert ? Élu à Grenoble en 2014, réélu en 2020, Éric Piolle a appris à déjouer les pièges dans lesquels certains de ses camarades écologistes récemment élus à la tête de grandes villes se sont fait prendre à la fin de l’été – que ce soit en s’aventurant à questionner l’empreinte écologique du Tour de France (comme Grégory Doucet, le maire de Lyon) ou la tradition du sapin de Noël municipal (comme Pierre Hurmic, à Bordeaux).

Son nom est même évoqué pour représenter son parti Europe écologie-Les verts (EELV) à la prochaine présidentielle. Ce qui implique de répondre présent sur d’autres fronts que les habituels thèmes écolos, et surtout, de rassembler à gauche. Laïcité, sécurité, économie… Morceaux choisis de notre grand entretien, à retrouver dans le numéro d’hiver de WE DEMAIN.

Le financement de la transition écologique :

“30 milliards sur deux ans ? C’est grosso modo ce qu’il faudrait mettre chaque année. On injecte du fric dans des activités dont on sait qu’on ne veut pas les développer.”

La croissance verte :

“Depuis 1974, le PIB a explosé. Sommes-nous plus heureux ? Quel est le taux de mal-logés, de pauvreté ? Et le taux de chômage ? Il a explosé.” 

Le besoin de changement :

“La situation est intenable, les inégalités sociales s’accentuent, le changement climatique, la pollution, la prédation des ressources accentuent la destruction du vivant et l’unité sociale, mais on entend : ‘Ouhlala, si on change de façon trop rapide, ça va s’effondrer.’ À Grenoble, six ans plus tard, tout ne s’est pas effondré.”

L’image des écologistes :

Tant que les écolos n’étaient pas au pouvoir, il y avait un regard méprisant sur eux : les utopistes, les irréalistes… Maintenant qu’on y est, le discours a basculé.” 

La stratégie du gouvernement en matière de sécurité :

La politique de Darmanin, en fait, est une politique de laxisme. À chaque fois qu’il y a un fait divers quelque part il y va en disant, comme l’un de ses prédécesseurs : ‘On va nettoyer au Karcher.'”

La laïcité :

“L’école est un espace de neutralité religieuse : pas de signe ­ostentatoire religieux. Les fonctionnaires sont aussi en position de neutralité. Et le reste relève de l’espace public, où chacun peut exprimer ses convictions religieuses.”

Sur la défense :

“Il n’y a pas d’exemples d’une opération extérieure d’où on soit revenus en ayant réglé les problèmes.”

Sur 2022 :

“Ce n’est plus notre rôle d’être lanceurs d’alerte. […] Je suis convaincu que notre espace pour gagner en 2022 va du Parti socialiste à tout ou partie de La France insoumise. Et l’écologie est aujourd’hui la colonne vertébrale politique de cet espace.”

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