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Quiz carbone : Masque tissu ou masque chirurgical ?

Crise sanitaire oblige, il s’agit de porter le masque systématiquement en présence d’autres personnes et d’en changer toutes les quatre heures. À ce rythme en France, en 2020, nous aurons enfilé 15 milliards de fois un masque, à raison de 456 enfilages par personne. Mais lequel émet le moins de carbone ?

Le 02/12/2020 par Julie Chansel
(Crédit : iStock)
(Crédit : iStock)

Le masque en tissu a une durée de vie moyenne de dix lavages (en machine, à 60 °C) et autant de passage au sèche-linge et de repassage doux. Mais il en est de même pour le masque chirurgical comme l’a démontré l’étude récente menée par UFC-Que choisir. Sous réserve donc de le réutiliser, le choix du masque chirurgical ne génère pas plus de carbone que le tissu. 

La différence entre masque en tissu et masque chirurgical au niveau de l’empreinte carbone se joue au moment de l’incinération.

Qu’en est-il de la fabrication ? Les masques chirurgicaux contiennent du polypropène, un dérivé du pétrole. Les masques en tissu sont principalement en coton. La culture de cette fibre naturelle représente, à elle seule, 16 % des pesticides utilisés. D’où l’importance pour réduire son empreinte carbone de choisir un coton bio et certifié (le label GlobalOrganicTextile Standard certifie au moins 95 % de fibres biologiques tandis que l’étiquette “composé de fibres biologiques” en contient au minimum 70 %).

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À bannir aussi les modèles teintés ou sérigraphiés qui impliquent des colorants et l’usage d’autoclaves (énormes machines pressurisées assorties de bains de teinture à plus de 100 °C), et qui sont fabriqués dans des usines en Asie fonctionnant aux énergies fossiles (charbon ou du gaz naturel). Ils consomment une énorme quantité de CO2. En plus, ces colorants – dérivés du goudron – seraient responsables de 20 % de la pollution des eaux dans le monde. 

Côté transport, le coton cultivé en France reste marginal (un peu dans le Gers), la fibre s’importe donc de Chine, d’Inde et des États-Unis. Le masque chirurgical même “made in France” nécessite lui aussi le plus souvent une matière première, le polypropylène, fabriqué en Chine.

La différence se fait donc surtout en fin de vie. Quand ces déchets qui relèvent d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) sont désinfectés puis incinérés. La combustion d’un masque chirurgical libère des substances toxiques comme les dioxines, le chlorure de vinyle et des résidus lourds (plomb et le cadmium). Ce qui en fait une moins bonne option que le masque en tissu à condition que ce dernier soit en coton bio et le plus simple possible. 


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