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3 néo-banques écolos “pour dépolluer votre argent”

Helios, Green-Got et OnlyOne : 3 nouvelles banques écolos se lancent en ligne, promettant de financer des projets respectueux de l’environnement avec votre argent.

Le 19/03/2021 par Alice Pouyat
a banque Hélios propose une carte en bois d'origine durable.
La banque Hélios propose une carte en bois d'origine durable. (Crédit : Hélios)
La banque Hélios propose une carte en bois d'origine durable. (Crédit : Hélios)

Et si votre argent pouvait participer, en deux clics, à la transition écologique ? Voilà la promesse de nouvelles banques en ligne : Hélios qui a ouvert le bal en février, ainsi que Green-Got et OnlyOne censées suivre dans l’année.

Des projets nés des manquements des banques traditionnelles “qui se transforment trop lentement”, pointe Julia Ménayas, diplômée d’HEC et co-fondatrice d’Hélios, elle-même passée par le monde de la finance. “Depuis les Accords de Paris sur le climat, déplore-t-elle, les financements aux énergies fossiles ont augmenté de 15 % ! Ils atteignent 2 700 milliards pour les 35 plus grosses entreprises, comment est-ce justifiable ?”

En face, des banques “responsables” existent déjà, comme la Nef ou le Crédit Coopératif, en tête des classements d’Oxfam. Un fonctionnement que ces néo-banques vertes entendent démocratiser, avec des procédures simplifiées inspirées des nouvelles banques en ligne.

Chez Hélios, l’ouverture du compte se fait en “8 minutes” en ligne, sans documents papiers à renvoyer. Pour 6 euros par mois, les clients ont accès à une carte bancaire – en bois d’origine durable – et à tous les services depuis une application mobile. Comme dans une banque traditionnelle, elle propose aussi un conseiller personnalisé.

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Plus de transparence

Hélios a été créé par des jeunes passés pour la plupart par la finance traditionnelle souhaitant construire un autre modèle. (Crédit Hélios).

Un combo “écolo-digital” qui fait écho aux aspirations d’une nouvelle génération dont font partie les fondateurs de ces néo-banques, mais pas seulement. “On voit que la transition parle à tout le monde, la moyenne d’âge de nos clients est de 34 ans, avec beaucoup de jeunes parents qui ont une prise de conscience”, poursuit Julia Ménayas. Hélios a conquis 1400 utilisateurs en 3 semaines.

Depuis l’application mobile, les clients peuvent aussi suivre la destination de leur argent, uniquement vers des projets respectueux de l’humain et de l’environnement.“Notre projet entend aussi répondre au manque de transparence des banques traditionnelles“, ajoute Julia Ménayas. Selon un sondage mené avec OpinionWay, 86 % des Français ne savent pas bien ce que les banques font de leur argent.

Le premier investissement d’Hélios ? Une centrale solaire en Nouvelle Calédonie développée par l’entreprise française Akuo Energy. Une “liste d’exclusion” écarte en revanche le soutien aux énergies fossiles, aux pesticides, à l’élevage intensif ou aux armes.

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Bousculer les grandes banques

Pour cela, Hélios s’est adossée à un partenaire allemand disposant d’une licence bancaire, SolarisBank, indépendant des grandes banques, précise la FinTech. Les dépôts sont ainsi garantis jusqu’à 100 000 euros. Hélios travaille aussi à la création d’un compte joint, au plus vite, et d’un produit d’épargne “un peu plus complexe à mettre en place”.

La possibilité d’épargner sera elle proposée d’emblée par Green-Got, censée se lancer courant mai, avec déjà 14 000 pré-inscriptions. Comme OnlyOne, elle promet aussi d’aider les clients à évaluer l’impact carbone de leurs achats via un petit algorithme, et à compenser leurs émissions en faisant des dons à des associations.

“De plus en plus de Français font attention à leur alimentation, à leurs actes quotidiens, mais ils oublient la banque, alors que c’est l’un des secteurs qui peut avoir le plus d’impact écologique !”, rappelle Andréa Ganovelli, co-fondateur de Green-Got.

De nouveaux acteurs financiers qui restent bien sûr marginaux. Pour vraiment “changer le monde”, Lucie Pinson, directrice de l’association Reclaim Finance, appelait récemment dans WE DEMAIN à interpeller les grandes banques qui gèrent des milliards d’euros. Mais on peut espérer que l’émergence de nouveaux concurrents fasse aussi bouger les lignes et rebatte peu à peu les cartes… bancaires.

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