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Télescope James Webb : selfie et premières images du cosmos

La Nasa vient de partager le détail d’une première photo prise par le télescope spatial James Webb d’une étoile de la Grande Ourse. Et un selfie en prime.

Le 14/02/2022 par Florence Santrot
Premier selfie du télescope James Webb
Premier selfie du télescope James Webb. Photo : Nasa.
Premier selfie du télescope James Webb. Photo : Nasa.

Le calibrage du James Webb Space Telescope (JWST) semble bien se passer. Le plus grand télescope spatial jamais conçu, lancé dans l’espace par Ariane depuis Kourou (Guyane) le 25 décembre dernier, est arrivé au point de Lagrange (L2) et a commencé son travail de calibrage afin de pouvoir fournir des images d’étoiles, de planètes, de galaxies et de nébuleuses d’une précision encore jamais atteinte. Fruit d’un partenariat international entre la NASA (États-Unis), l’ESA (Europe) et l’Agence spatiale canadienne (ASC), James Webb peut compter sur son miroir XXL, plus large que celui du télescope Hubble.

C’est par le biais de plusieurs tweets que l’agence spatiale américaine a dévoilé la première image prise par le télescope James Webb. Elle a photographié HD 84406. Cette étoile, dite “de type G”, est similaire au Soleil et située à “seulement” 258 années-lumière de notre système solaire. La photo publiée par la Nasa présente 18 points lumineux, 18 clichés de cette même étoile. Celles-ci ont été prises sur une période de 25 heures à partir du 2 février dernier.

De bon augure pour James Webb et les scientifiques

Cette première photo est une bonne nouvelle pour plusieurs raisons. “Ces points confirment que la caméra proche infrarouge de Webb, ou NIRCam, peut collecter la lumière des objets célestes. Et que la lumière d’une même étoile peut être réfléchie par chacun des 18 segments de miroir non alignés de Webb vers le miroir secondaire de Webb, puis dans les détecteurs du NIRCam”, indique la Nasa. Bien orienté, il peut capter cette étoile-cible sur chacun des 18 segments du miroir primaire. Une première étape cruciale dans le calibrage. A noter que, sur les 25 heures de prises de vue, James Webb a créé quelque 1560 images avec les dix détecteurs du NIRCam. La photo ci-dessous ne représente que le centre d’une mosaïque d’images de plus de 2 milliards de pixels. Vertigineux.

Cette mosaïque d’images a été créée en pointant le télescope spatial James Webb vers une étoile brillante et isolée de la constellation de la Grande Ourse connue sous le nom de HD 84406. Photo : NASA.

Désormais, James Webb doit aligner les 18 segments hexagonaux du miroir afin qu’une nouvelle photo de l’étoile HD 84406 fusionne toutes les informations en un seul point. Ainsi, cela permettra d’obtenir une image avec une précision bien supérieure. On estime que les astronomes et ingénieurs en charge du télescope vont mettre environ un mois pour parvenir à cela… et nous fournir une nouvelle image inédite de cette étoile de la Grande Ourse.

Le miroir à 18 faces du télescope spatial James Webb de la Nasa. Photo : NASA/Chris Gunn

Un selfie qui n’a rien de narcissique

Outre cette première photo de l’étoile HD 84406, les agences spatiales ont partagé un premier selfie de James Webb. Il ne faut y voir ici aucune vanité. Une caméra extérieure, placée en direction des facettes hexagonales du miroir, permet ce tour de force. Et a un véritable intérêt scientifique.

“Ce ‘selfie’ du miroir primaire du télescope spatial James Webb a été créé à l’aide d’une lentille placée à l’intérieur du NIRCam […]. Cette configuration [sert] strictement à des fins d’ingénierie et d’alignement. Dans ce cas, le segment brillant pointe vers une étoile brillante, alors que les autres ne sont pas actuellement dans le même alignement. Cette image a donné une première indication de l’alignement du miroir primaire sur l’instrument, indique l’ESA, l’agence spatiale européenne.

Cette capacité à prendre des selfies est donc un outil pour s’assurer du bon alignement des facettes hexagonales. Cela permettra aussi de s’assurer de leur état tout au long de la mission. Des débris flottant dans l’espace pourraient en effet endommager à tout moment le télescope.

Il faudra sans doute patienter jusqu’à l’été pour que James Webb envoie envoyer ses premiers clichés de l’espace. Mais le télescope devrait dévoiler des images totalement inédites du cosmos. Autant de chances de mieux comprendre la formation des étoiles et des galaxies. Mais aussi observer des exoplanètes et, peut-être, identifier un jour d’autres Terres.

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