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Bientôt des centrales solaires spatiales pour alimenter la Terre ?

L’énergie solaire captée depuis l’espace et restituée sous forme d’électricité sur Terre ? L’ESA et la NASA pensent qu’il y a une carte à jouer avec les centrales solaires spatiales et annoncent étudier de près la question.

Le 01/06/2022 par Florence Santrot
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L'énergie solaire intéresse fortement l'ESA et la NASA pour les prochains défis spatiaux. Photo : ESA.
L'énergie solaire intéresse fortement l'ESA et la NASA pour les prochains défis spatiaux. Photo : ESA.

La NASA vient de lancer une étude pour réexaminer la viabilité de l’énergie solaire spatiale sous la forme de centrales solaires spatiales. Cette solution, longtemps vantée, n’a encore jamais réellement été mise en oeuvre. Pourtant, le photovoltaïque est depuis longtemps intimement lié à la conquête spatiale. Les centrales solaires spatiales pourraient susciter un nouvel intérêt grâce aux avancées technologiques. Et permettraient d’avoir davantage de ressources en termes d’énergie propre. Lors d’une conférence de presse donnée le 27 mai 2022, Nikolai Joseph, du Bureau de la technologie, de la politique et de la stratégie de la NASA, a déclaré que l’agence allait mener une étude très rapidement.

L’objectif ne sera pas de mettre au point la technologie en elle-même mais d’étudier la viabilité d’un tel projet. “À mesure que la technologie a évolué, la faisabilité du système a changé au fil du temps. Cette étude va évaluer dans quelle mesure la NASA devrait soutenir l’énergie solaire spatiale”, a déclaré Nikolai Joseph. La question est notamment de savoir si l’énergie solaire peut se convertir en électricité comme c’est le cas sur Terre. Et s’il serait possible de faire transiter via un faisceau de micro-ondes cette électricité vers la Terre justement (ou une station spatiale installée sur la Lune, ou des engins spatiaux).

Des coûts importants pour créer ces centrales solaires spatiales mais…

Autre aspect que l’étude doit examiner : le coût d’un tel système, appelé en anglais space-based solar power ou SBSP. Ce dernier point, le prix, étudié depuis les années 70, est resté le principal argument bloquant jusqu’à présent. “Ça va être beaucoup d’argent, mais l’argent n’est pas le seul moteur ici”, a précisé le porte-parole de la NASA. Et d’ajouter : “Le gros tabou jusqu’à présent, c’étaient les coûts de lancement. Et le lancement est devenu beaucoup plus accessible. Cela change complètement notre façon de voir cela.”

D’autres domaines ont également connu des progrès majeurs ces dernières années. Comme les systèmes thermiques, l’électronique, les matériaux ou encore les panneaux solaires. Reste que l’acheminement des matériaux, l’installation des centrales et leur maintenance restent encore complexes.

En Europe, l’ESA aussi s’intéresse à cette technologie

En décembre dernier, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) avait organisé un colloque évoquant la possibilité d’avoir elle aussi recours à l’énergie solaire sous cette forme. Objectif : mettre à contribution l’espace pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Dans sa présentation, l’ESA met en avant le fait que, à la différence de l’énergie solaire sur Terre, celle captée dans l’espace peut l’être 24h/24, 7j/7 et 365 jours par an car le soleil est toujours visible que la nuit n’existe pas dans l’espace. En outre, il n’y a pas d’atmosphère ni de nuage qui absorbe, reflète ou diminue le rayonnement solaire.

“Cependant, à l’heure actuelle, malgré les avantages potentiels du SBSP, relativement peu de recherche et développement dans cette technologie sont réalisés à l’échelle internationale, par rapport aux sources d’énergie vertes alternatives”, soulignait l’ESA en décembre dernier. L’Agence spatiale européenne a indiqué qu’elle comptait réaliser des études “plus approfondies afin de comprendre si une telle technologie pourrait ou non être une nouvelle source réaliste d’énergie propre pour l’Europe et le monde pour aider à la transition vers Net Zero d’ici 2050.”

Elle estime cependant déjà que la lumière du soleil est jusqu’à 11 fois plus intense dans l’espace que sur le territoire européen. L’ESA s’est laissé un an, jusqu’à fin 2022 donc, pour faire à nouveau un point sur la viabilité de cette technologie dans l’espace. Rendez-vous en décembre.

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