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Une intelligence artificielle avait prédit l’épidémie avant tout le monde

L’algorithme mis au point par la société Blue Dot analyse de nombreuses données en ligne afin de détecter l’apparition d’épidémies. Une technique qui a permis de prédire avant les autorités la propagation du coronavirus “n-Cov 2019”.

Le 27/01/2020 par Pauline Vallée
Le virus “n-Cov 2019” a déjà  fait une cinquantaine de morts en Chine. Trois cas ont été déclarés sur le sol franà§ais. (Crédit : pixabay)
Le virus “n-Cov 2019” a déjà  fait une cinquantaine de morts en Chine. Trois cas ont été déclarés sur le sol franà§ais. (Crédit : pixabay)

Face au risque d’une épidémie mondiale, chaque heure compte : plus vite nous réussissons à localiser un foyer d’infection, plus vite nous pouvons anticiper et limiter la contagion. Et de nouveaux outils peuvent aider à gagner du temps.

C’est le cas de l’intelligence artificielle développée par la start-up canadienne Blue Dot, créée en 2014, qui identifie des zones à risque. Son algorithme avait repéré le début de l’épidémie coronavirus dans la région de Wuhan en Chine dès le 31 décembre… soit bien avant les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (6 janvier) et l’Organisation Mondiale de la Santé (9 janvier).

Comment a-t-elle réussi à repérer l’infection ? La plateforme choisit d’analyser les données accessibles en ligne plutôt que d’attendre les informations officielles. Outre les déclarations des autorités, son IA passe au crible l’actualité étrangère dans une soixantaine de langues, les rapports sur des pathologies qui touchent le monde animal, mais aussi les données issues des compagnies aériennes, comme les ventes de billets ou la carte des vols.

Elle a ainsi pu correctement prédire l’expansion du virus du Wuhan vers Bangkok, Séoul, Taipei, et Tokyo dans les jours qui ont suivi son apparition, rapporte le magazine Wired.

Faire remonter les signaux faibles

Nous ne pouvons pas toujours faire confiance aux gouvernements pour donner des infos en temps réel”, estime Kamran Khan, directeur de Blue Dot, sur le site du média américain. Le fondateur de l’entreprise fait notamment référence aux silences des autorités chinoises qui, lors de la vague de SRAS en 2003, avaient attendu plusieurs mois avant de prévenir la communauté internationale.
Nous collectons les indices sur de possibles épidémies, de petits murmures sur des forums ou des blogs qui nous indiquent que quelque chose d’inhabituel est en train de se passer.
Ces signaux faibles, une fois repérés et remontés par l’IA, sont ensuite analysés par des épidémiologistes. Si le risque est avéré, l’entreprise alerte ses clients : hôpitaux, agences publiques de santé dans une douzaine de pays, et compagnies aériennes.

Ces informations ne sont pas encore accessibles pour les particuliers, mais Blue Dot affirme y travailler. Nous serons donc peut-être prévenus de la prochaine épidémie… par une notification sur notre smartphone.

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