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Bienvenue dans ma cantine zéro déchet

Le 02/07/2019 par Sofia Colla
Des ateliers pratiques sont organisés pour sensibiliser les enfants et pour leur apprendre les bonnes pratiques. (Crédit : We Demain)
Des ateliers pratiques sont organisés pour sensibiliser les enfants et pour leur apprendre les bonnes pratiques. (Crédit : We Demain)

Aïssa est en CE2 à l’école Lucie Aubrac, à Roubaix. À l’heure du déjeuner, il va à la cantine avec ses camarades de classe. Dans son plateau, une assiette moins garnie que celle de sa voisine. Dans ce restaurant scolaire, les enfants peuvent choisir entre deux tailles d’assiette, en fonction de leur appétit, pour éviter de gaspiller de la nourriture.
  

“Il y a des gens qui n’ont pas les mêmes moyens que nous, c’est bien de ne pas gaspiller et c’est bon pour la planète”, explique le jeune garçon. 

   
Depuis sa construction en 2014, l’établissement s’inscrit dans une démarche zéro déchet. “Avant c’était d’office pareil pour tout le monde, ce qui augmentait le gaspillage. Et on emballait tout à l’unité”, se rappelle le chef de cantine, David Lehaire. “Maintenant, ce sont les enfants qui choisissent, ce sont eux les premiers acteurs.”

Pour le premier service, les “petits” ont des plats posés sur la table dans lesquels ils se servent. Les “grands” ont un self, avec le choix de la petite ou de la grande assiette. S’ils ont encore faim, ils se resservent, plutôt que de prendre une grosse portion dès le départ.

Lutter contre le gaspillage alimentaire

Les 50 écoles roubaisiennes, soit 10 000 enfants, évoluent aussi vers le zéro déchet. “Nous avons mis en place 15 points d’action”, explique Alexandre Garcin, adjoint au maire au développement durable.
 
Parmi ces actions : la disparition des barquettes en plastique et des emballages individuels, l’utilisation de vaisselle réutilisable, la lutte contre le gaspillage alimentaire… Mais aussi la réduction de moitié de la liste des fournitures scolaires, la réduction des polycopiés ou encore l’utilisation de produits d’entretien écologiques.

“La première étape a été de sensibiliser les enfants à la démarche”, raconte Henda Lahmar, responsable des animations à l’école du sud-ouest de la ville.

    
Sur les murs du restaurant scolaire, de nombreuses affiches, faites par les enfants, expliquent quels déchets sont recyclables et lesquels sont à composter, ou incitent les élèves à ne pas se servir en trop grosse quantité.

“On reçoit aussi régulièrement des petits flyers, des quizz, des jeux du service environnement de la Ville. Les enfant retiennent mieux quand c’est ludique”, ajoute Sébastien Geoffroy, coordinateur au service jeunesse de Roubaix.

L’art du tri

Au moment de vider leur plateau, les élèves n’hésitent pas. Ils trient consciencieusement leurs déchets. “Ce ne sont pas des enfants modèles au quotidien”, précise tout de même Sébastien Geoffroy. “Il y a un animateur présent au niveau du débarrassage pour voir si tout est fait correctement et pour les reprendre si besoin.”
 
A ce jour, tous les déchets n’ont pas été éliminés. Des petits restes de nourriture, des serviettes en papier et des pots de yaourt persistent.
   

“Nous voulons supprimer les serviettes jetables, mais c’est compliqué, notamment pour les conditions d’hygiène et pour les ranger. Des expérimentations sont en cours”, précise l’adjoint au maire.

Des poubelles allégées

Si tout n’est donc pas encore parfait, les efforts ont payé : les poubelles ont diminué de plus de moitié en 4 ans.
    

“En moyenne en France, ce sont 150 g de déchets par repas et par enfant, pour un grammage de repas de 800 g. Nous, on était à 200 g par repas et par enfant au départ. Grâce aux changements adoptés, on est aujourd’hui à 76 g de déchets”, rapporte Alexandre Garcin.

    
Peu à peu, les enfants deviennent aussi des prescripteurs pour leur entourage : “Ma mère, comme elle travaille, elle n’a pas le temps de revenir à la maison pour manger. Du coup, elle prend des fruits dans du plastique. Je lui ai dit d’arrêter de prendre du plastique, après tu le jettes !”, raconte Kenza, en CE2. Tout en avouant : “Des fois elle m’écoute, des fois elle ne m’écoute pas”.
 
La prochaine étape ? “Le bio !”, répond le chef de cantine sans hésiter. “Le pourcentage de bio dans les cantines en France est de 3 %, nous on est déjà à 10 %, on passera prochainement à 20 %. Mais on aimerait être à 100 % !”

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