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Confinement : les conseils d’un psy pour calmer son anxiété

Rester enfermé a un impact non négligeable sur l’équilibre mental. Le psychanalyste Saverio Tomasella nous livre ses conseils pour mieux réguler nos émotions alors que se prolonge le confinement.

Le 29/10/2020 par Pauline Vallée
Les associations ont célébré la signature d'une charte qui protège les victimes du mal-logement à  Marseille. (Crédit : Benjamin Hourticq)
Les associations ont célébré la signature d'une charte qui protège les victimes du mal-logement à  Marseille. (Crédit : Benjamin Hourticq)

Cet article a initialement été publié en avril 2020

Face à la pandémie, la France s’enferme. Colère, anxiété, sentiment de tourner en rond… Vivre reclus n’est pas sans conséquences pour notre santé mentale et émotionnelle. Une enquête menée en Chine  pendant le premier confinement révélait que 35 % des répondants présentaient un stress psychologique modéré, et 5 % un stress sévère. Voici les conseils de Saverio Tomasella, psychanalyste et co-auteur de La charge affective, pour mieux maîtriser ses émotions et aborder la période en toute sérénité.

  • Quels sont les effets du confinement sur notre santé mentale ?

Saverio Tomasella : Un enfermement, même partiel, est quelque chose de contraignant et contrariant. Celui-ci tombe d’autant plus mal que nous sortons d’une longue période de grève dans les transports, qui a beaucoup pesé pour certains, et que nous sommes au début du printemps. Nous avons envie de sortir, de nous lancer dans de nouveaux projets.

L’obligation de confinement complique aussi le quotidien, notamment pour les parents avec enfants, qui doivent gérer l’école à la maison, parfois télétravailler, faire les courses etc.

Ajoutez à cela l’inquiétude pour sa santé et celle de ses proches, une saturation d’informations anxiogènes…  Tout cela peut provoquer un burn-out émotionnel, c’est-à-dire un épuisement à la fois physique et affectif lié à un trop-plein d’émotions que l’on n’arrive plus à assimiler ou réguler.

  • Comment peut-on se protéger de cet envahissement émotionnel ?

Certains proches peuvent appeler ou envoyer des textos plusieurs fois par jour pour relayer des informations anxiogènes. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à dire que l’on est soi-même fatigué ou éprouvé. De même, éviter de rester toute la journée sur les réseaux sociaux ou devant les chaînes d’info. Mieux vaut s’informer une fois par jour sur un site sérieux.

La marche est un des meilleurs régulateurs émotionnels. Je conseille de sortir se promener une fois par jour, en respectant les consignes du gouvernement (seul, dans un rayon d’un kilomètre autour du domicile, sur une durée maximale d’une heure).

L’alimentation joue également un rôle important. Manger trop gras, trop sucré ou trop salé est mauvais pour l’équilibre émotionnel. 

Enfin, pour vivre au mieux ce confinement, ne vous privez surtout pas de plaisir. Ecoutez les musiques que vous aimez, dansez, chantez, continuez à témoigner de l’affection à vos proches, remémorez-vous de bons souvenirs, de vacances ou de week-ends. Tenir un journal intime peut aussi aider à déverser ses angoisses. La méditation et les exercices de cohérence cardiaque, via des applications ou des vidéos en ligne, sont de bons moyens pour calmer l’anxiété.

  • Vivre confiné en couple ou avec des enfants peut être aussi source de conflits et tensions… et donc d’un stress supplémentaire.

Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure de ces conflits, qui sont aussi le reflet d’une situation de trop grande proximité et d’angoisse collective. En cas de dispute, on peut changer de pièce un petit moment, s’isoler, ou en profiter pour faire un tour ou les courses pour se calmer.

A lire aussi : Confinement : “Les parents doivent déculpabiliser de ne pas assumer tous les rôles”

Et garder à l’esprit que le confinement ne durera pas éternellement. On peut se fixer un objectif positif, par exemple un projet professionnel, mais aussi une sortie à deux, un voyage… qui permettra de mieux supporter la frustration.

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