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5 mauvaises raisons pour lesquelles vous n’allez pas (encore) travailler à vélo

Vous hésitez à enfourcher un vélo pour aller travailler ? Besoin de conseils pour organiser vos trajets quotidiens ? Le livre “Vélotaf” de Jérome Sorel est le parfait guide à destination des plus sceptiques comme des plus assidus. En voici un extrait, où l’auteur balaye les mauvaises raisons de ne pas s’y mettre, ou s’y remettre.

Le 18/02/2021 par Alice Pouyat
(Crédit : Shutterstock)
(Crédit : Shutterstock)

C’est une petite révolution ou “vélorution” : avec la crise sanitaire, la pratique du vélo s’est largement développée (+ 10 % en 2020, et + 30 % hors des périodes de confinement). Pour convaincre les derniers indécis et faciliter la tâche aux autres, Jérôme Sorrel, “vélotaffeur” de longue date, livre tous ses conseils dans Vélotaf, mode d’emploi du vélo au quotidien (Editions Alternatives), un ouvrage plein d’humour, illustré par Eve Coston. Choix du vélo, équipements, dangers à éviter, code de bonne conduite… Rien n’est éludé.
WE DEMAIN vous propose un extrait du chapitre “Les mauvaises raisons de ne pas s’y (re)mettre”.

1.  “Le vélo, ça fait mal au cul !”

C’est pas faux, surtout au début. Mais à la longue, les fesses s’habituent. Si vous choisissez avec attention votre selle – elle doit être confortable, adaptée à la forme unique (et magnifique) de votre postérieur –, ce “mal des transports” disparaîtra même assez rapidement. Je vous mets dans la confidence, il reviendra sournoisement, à la reprise, si vous ne pédalez pas pendant vos congés. Et oui, votre popotin à la mémoire courte mais il n’est ni ingrat ni idiot, et dans ce cas, la douleur vous accompagnera sur les premiers kilomètres de la reprise, puis se fera oublier très vite.

Dans le chapitre “Les mauvaises raisons de ne pas s’y (re)mettre”, l’auteur balaye d’un revers de main quelques excuses souvent entendues pour éviter de se mettre au vélut, au vélotaf ou bike commuting. Extraits.

2. “Me déplacer à vélo ? Pour arriver en nage au bureau, et puer la transpiration ! Non, merci !

Soyons honnêtes, dans les transports en commun, ça ne vous arrive jamais de transpirer ? Jamais ? L’hiver, quand vous passez des –10°C de la rue, emmitouflé dans votre doudoune aux +20 °C du wagon, serré comme une sardine, que le train est à l’arrêt pour cause “d’incident technique” vous ne suez pas ? Mes collègues m’auraient menti !

Oui, pédaler fait brûler des calories et donc ça donne chaud et potentiellement ça fait transpirer. Surtout au début. Car à la longue (en gros après un mois de vélo régulier), votre corps va s’habituer à l’effort (comme votre séant, cf. paragraphe précédent) et la sudation excessive ne sera plus qu’un lointain souvenir. Et puis, l’habitude aidant, vous saurez comment vous couvrir correctement en fonction des conditions météo du jour.

Vous n’êtes pas non plus obligé de commencer votre nouvelle vie de bike commuter en plein mois de juillet. Le début du printemps ou de l’automne, lorsque les températures sont douces, les journées pas trop courtes, est bien plus adapté. Si c’est votre résolution de la saint-Sylvestre, sachez que l’hiver est probablement la période la plus difficile à passer pour un vélotaffeur non aguerri. Une tentative hivernale avortée devra être relancée au printemps. Ce serait dommage de conclure après une journée de blizzard que le vélut n’est pas pour vous ! Quoi qu’il en soit, pour éviter ce moment de solitude au bureau avec des grosses gouttes de sueur qui perlent sur votre front et les auréoles sous les bras, apprenez à gérer votre effort et à ne pas forcer sur les pédales les 5- 10 dernières minutes de votre trajet, vous arriverez ainsi frais comme un gardon et non fumé comme un saumon.

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3. ” Le vélo, c’est dangereux.”

Dites à vos amis que vous allez grimper l’Everest, ils s’exclameront : “génial !”. Dites-leur que vous vous mettez au vélo pour aller au bureau, ils vous diront spontanément “vraiment ? C’est dangereux quand même !” Pédaler n’est ni dangereux pour celles et ceux qui le font, ni pour les autres usagers qui doivent cohabiter avec les cyclistes. Mais c’est un fait, sur un vélo, vous êtes vulnérables.

Revenons quelques instants sur les chiffres de la sécurité routière. Dans des accidents impliquant des tiers, 703 usagers vulnérables – piétons, cyclistes, pilotes de deux roues motorisés – sont tués par an par un automobiliste et 5 par un cycliste. Un autre élément de lecture, lorsqu’un accident sans tiers intervient, 38 cyclistes décèdent contre 820 automobilistes. Je n’aime pas me cacher derrière ces chiffres, cinq morts à cause d’un accident impliquant un vélo restent cinq morts de trop. Gardons en tête que la sécurité passe par l’effet de masse : proportionnellement, plus il y aura de cyclistes dans les rues moins il y aura d’accidents. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’enfourcher son vélo pour se déplacer au quotidien exige d’être prudent, d’anticiper et d’accepter parfois de perdre un peu de temps pour sa propre sécurité et celle des autres. Et n’oubliez pas, les cyclistes que vous croisez ou doublez sur la route ne sont pas des trompe-la-mort. Ce sont des hommes, des femmes, des parents, des enfants, des frères, des sœurs, des femmes, des maris qui souhaitent juste se rendre quelque part, tranquillement.

4. “Y aller à vélo ? Même pas en rêve c’est trop loin.

Le bon contre-argument dépend de la distance à parcourir ! D’après l’INSEE en 2013, la moitié des navetteurs (selon l’INSEE, un navetteur est un travailleur qui quitte sa commune de résidence pour se rendre dans la commune où se situe son travail) ont un trajet de moins de 15 km entre leur domicile et leur boulot. Cela concerne 64 % de la population active, ce qui implique que 36 % des actifs travaillent dans la commune où ils habitent.

Il est certain que les lecteurs francophones qui habitent à Saint- Martin ou Wallis et Futuna devront pédaler quelques longs (très longs) kilomètres entre leur habitat et leur boulot tout en restant dans la même commune. Mais en métropole, on peut raisonnablement penser que la distance au sein d’une même commune sera de moins de 10 km.page16image27328page16image27488

Si vous faites partie des navetteurs qui travaillent à plus de 15 km de leur domicile, sachez qu’il existe aujourd’hui des vélos à assistance électrique qui devraient vous aider à reconsidérer cette distance. Sachez aussi que rien ne vous empêche de vous rendre à la gare à vélo. Ou même de l’emporter – à condition qu’il soit pliant bien sûr ! – dans un transport en commun et donc, de commencer et de finir votre trajet en pédalant. Et pourquoi ne pas emporter votre chère monture dans le coffre de votre voiture pour vous rapprocher de votre destination ? Vous décidez d’un endroit où vous laissez votre voiture pour terminer votre trajet à vélo. Cette solution peut vous éviter les derniers kilomètres embouteillés.

À lire aussi : Investir dans un vélo électrique : notre guide d’achat

5. “Je ne veux pas aller au boulot en pédalant, le vélo, c’est fait pour les ouvriers !

Le vélo, historiquement, était réservé à une certaine élite bourgeoise. À l’époque, il s’appelait vélocipède. Puis, en devenant bicyclette, ce moyen de transport est devenu populaire. C’était le mode de transport préféré des ouvriers. Aujourd’hui, vous ne souhaitez pas abandonner votre berline, je peux le comprendre (en faisant un gros effort je l’avoue) :

•parce qu’elle est importante à vos yeux ;
•parce qu’elle est le symbole de votre liberté, de votre indépendance, de votre réussite sociale.

Sur ce dernier point, sachez qu’il existe des vélos très chers, siglés Porsche, Mercedes ou Ferrari. Des vélos très efficaces, qui devraient satisfaire votre ego et vous alléger de 10 000 € et en y mettant un peu du vôtre, 15 000 € même. Notez que les plus chers sont ceux de Heroïn bike, une marque créée en France et fabriquée en Italie.

Retrouvez la suite de ce chapitre dans Vélotaf, mode d’emploi du vélo au quotidien, de Jérôme Sorrel, illustrations d’Eve Coston (Editions Alternatives), à paraître le 25 février 2021.

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