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À la Réunion, on climatisera bientôt les bâtiments grâce à l’eau de mer

L’eau froide des profondeurs permettra à ce territoire insulaire de réaliser 75 % d’économies d’énergie sur le refroidissement de ses édifices publics d’ici à 2022. Une première mondiale.

Le 27/10/2014 par WeDemain
Schéma expliquant le fonctionnement du SWAC
Schéma expliquant le fonctionnement du SWAC

L’île de la Réunion va climatiser une soixantaine de ses bâtiments publics et privés grâce au SWAC (“Sea Water Air Conditionning” ou climatisation à l’eau naturellement froide). Déjà expérimenté à plus petite échelle à Hawaï ou en Polynésie, le procédé consiste à pomper l’eau d’origine polaire des profondeurs de la mer, qui atteint 5° à moins 1 100 mètres; pour refroidir, via un échangeur thermique, un circuit d’eau douce alimentant les locaux à climatiser.

75 % d’économie d’énergie

Les travaux commenceront mi-2015 pour une mise en service mi-2017. 23 kilomètres de tranchées seront nécessaires pour enfouir les canalisations, sept autres pour transporter l’eau de mer jusqu’à l’île et un dernier pour la rejeter dans l’océan après usage. À la clé : 75 % d’économie d’énergie, même si les consommateurs ne devraient pas voir leur facture baisser avant 2022, selon Eric Bassac, du pôle international de GDF Suez, l’un des copilotes du projet.

Ce projet de 150 millions d’euros devrait également permettre de créer 300 à 400 emplois lors de sa mise en place. L’État, la région, GDF Suez et l’ADEME ont ouvert le marché aux petites entreprises locales, alors que la Réunion compte 135 000 chômeurs pour 826 000 habitants.

Vers l’autonomie énergétique

Ce projet constitue un pas de plus vers l’objectif que s’est fixé la Réunion : parvenir à l’autonomie énergétique d’ici à 2030. L’exploitation de l’énergie marine occupe une place centrale dans cette stratégie, initiée par la Région et le Grenelle de l’environnement. À côté de la houle, l’ETM (Energie thermique des mers), comprenant la climatisation à l’eau naturellement froide, devrait assurer 20 % des besoins électriques de base de l’île en 2030, l’équivalent des importations actuelles de charbon.

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