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Plantons 1 000 milliards d’arbres pour sauver la vie sur Terre

Le 30/08/2019 par Sofia Colla
Pauline Chatin est vite passée d’Areva à  l’économie sociale, solidaire et viticole. Elle vient de sortir ses premières cuvées de vin bio. (Crédit : Johanna Himmelsbach)
Pauline Chatin est vite passée d’Areva à  l’économie sociale, solidaire et viticole. Elle vient de sortir ses premières cuvées de vin bio. (Crédit : Johanna Himmelsbach)

Retrouvez le dossier consacré aux arbres dans We Demain n°27, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne
 
Planter des arbres, en ces temps de sauve-qui-peut climatique, la tendance est devenue mondiale. Les grands projets se multiplient. En Europe, c’est Plant-for-the-planet du jeune activiste allemand Felix Finkbeiner (un milliard d’arbres plantés depuis 2007). Au Pakistan, le gouvernement a lancé le Billion Tree Tsunami. En Chine, c’est la Muraille verte. En février dernier, l’Australie est entrée dans la course, promettant un milliard d’arbres d’ici à 2050.

Même les plus grands pollueurs de la planète s’y mettent : Shell dit investir 300 millions de dollars dans la reforestation ; l’Italien ENI veut boiser 81 000 km2 en Afrique ; Total encourage les Kényans à planter des arbres dans le cadre d’un programme de développement baptisé Ecochallenge…

On ne répètera assez jamais à quel point les conditions de vie des hommes dépendent des forêts. En plus d’abriter une riche biodiversité, de limiter l’érosion et de filtrer l’eau, elles contribuent à réguler et équilibrer le climat.

“Les forêts absorbent, chaque année, environ le quart des émissions mondiales de carbone provenant des combustibles fossiles”, explique dans le New York Times Nadine Unger, chercheuse en chimie atmosphérique à l’université de Yale. L’évaporation des arbres permet en outre de rafraîchir l’atmosphère.
 

ATTENTION AU MIRAGE

Combien sont-ils au fait ? En 2015, les estimations, publiées dans la revue Nature par l’équipe du scientifique Thomas Crowther (Yale School of Forestry and Environmental Studies) sont une surprise : la Terre compterait 3 040 milliards d’arbres. C’est sept fois plus que ce qu’estimait jusque-là la Nasa. L’étude révèle une répartition plutôt inégale : 1 300 milliards dans les forêts tropicales et subtropicales ; 740 milliards dans les régions boréales ; et 660 milliards dans les régions tempérées. Et attention, préviennent les chercheurs, la tendance est à la baisse. Environ 15 milliards d’arbres sont coupés chaque année. Quant au nombre global d’arbres peuplant notre planète, il a baissé de 46 % depuis l’apparition de l’humanité. Selon une étude de la Banque mondiale, 30,7 % de notre planète étaient boisés en 2016.
 
Reforester est donc bien une idée d’avenir. Là encore, les scientifiques se sont penchés sur la question. Le chercheur belge Jean-François Bastin et son équipe de l’ETH Zürich estimaient, en juillet dans la revue Science, qu’en l’état, la planète dispose encore d’espace libre pour la mise en terre de quelque 900 millions d’hectares de forêts.

1 000 milliards d’arbres ! Soit quasiment la surface des États-Unis ; le tout sans empiéter sur les zones occupées par les humains. Le gain ne serait pas anodin : “Si nous plantions ces arbres aujourd’hui, le niveau de CO2 dans l’atmosphère pourrait être diminué de 25 %”, conclut Jean-François Bastin dans son étude. De quoi revenir, selon lui, à des taux de carbone équivalents à ceux du début de l’ère industrielle. Mais attention au mirage, préviennent cependant scientifiques et écologistes : les arbres ne peuvent pas tout et ils ne résoudront pas, à eux seuls, la crise climatique. D’abord, parce qu’un arbre ne pousse pas en un jour.

La reforestation prend du temps, que nous n’avons déjà plus : le réchauffement climatique est là, et il s’accélère. Des milliards d’arbres supplémentaires sur une planète trop chaude pour eux ne nous sauveront donc pas… L’une des priorités, alertent les spécialistes, est donc de protéger les forêts déjà matures.

Un défi loin d’être relevé : l’Amazonie a d’ores et déjà perdu 20 % de sa surface forestière, et la saignée verte continue. Ensuite, planter des arbres sans réduire, dans le même temps, les émissions de CO2, n’aura que peu d’effet. Or, après plusieurs années de stagnation ou de légère baisse, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie fossile sont reparties à la hausse (+ 1,7 %) en 2017, selon les derniers chiffres de l’Agence internationale de l’énergie. Conclusion : pour survivre, nous avons besoin des arbres, et ils ont besoin de nous. 

POUR ALLER PLUS LOIN

– Protéger : Reforest’Action, EcoTree… Si donner quelques euros en ligne à ces start-up qui plantent des arbres à votre place est tentant, l’une des priorités reste la protection des forêts existantes, très menacées par les activités humaines. De nombreuses ONG luttent sur le terrain et politiquement pour stopper la déforestation : WWF, Conservation international, Greenpeace.

– Consommer responsable : pour être sûr que le bois que nous consommons (meubles, objets, papier, etc.) est responsable des labels de certification existent, comme le FSC (comme Forest Stewardship Council) et le PEFC (Pan European Forest Council), qui garantissent l’origine du bois et la gestion durable des forêts dont il est issu.

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