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B-Corp, le super label pour repérer les marques les plus respectueuses du bien commun

Par Sofia Colla I Publié le 23 Mars 2017

En plein essor, le label américain B-Corp permet de repérer les entreprises qui allient durabilité, transparence et responsabilité sociale. En France, 24 entreprises l'ont obtenu. Son objectif ? "Faire évoluer le capitalisme".


Bio, Made In France, commerce équitable… Tous ces labels sont très utiles, mais s’ils informent le consommateur, ils peuvent aussi parfois le perdre.
 
Bonne nouvelle : un label américain unique et plus global est en train de grimper en France. Il s’agit de B-Corporation (acronyme de "Benefit Corporation").
 
Ce dernier regroupe les entreprises durables, transparentes et responsables ayant une politique sociale et environnementale positive. Le label prend aussi bien en compte l'approvisionnement en énergie renouvelable, l’impact environnemental des fournisseurs que le bien-être au travail.

L’objectif de B-Corp est de "faire évoluer le capitalisme", de repenser la notion de succès dans les affaires en faisant correspondre l’intérêt des entreprises avec celui du bien commun. Un label qui s'obtient en suivant ce précepte :

"Ne pas chercher à être la meilleure entreprise du monde, mais la meilleure pour le monde."

Un moyen pour les entreprises de certifier leurs initiatives positives et pour le public d’avoir plus d’emprise sur sa consommation, comme l'explique Joël Gaudeul, chief marketing officer de la plateforme de crowdfunding Ulule, qui fait partie des 24 entreprises françaises labellisées B-corp.
 
"Le Label nous permet d'affirmer notre ambition de nous inscrire en temps qu'entreprise 'citoyenne' et de renforcer notre positionnement d'accompagnateur de projets à portée collective."

Un label exigeant

Il ne suffit pas de montrer patte blanche pour être certifié B-Corp. Loin de là. Le niveau d’exigence est élevé. Pour recevoir le label, les entreprises doivent franchir deux étapes.
 
Tout d'abord, remplir un questionnaire, gratuit et accessible à tous, afin de s’auto-évaluer. Mais ce n’est pas si simple. Le questionnaire comprend 200 questions relatives à la gouvernance, aux employés, à la communauté et à l’environnement.  Pointues, les questions peuvent porter sur l’approvisionnement en énergie renouvelable ou l’impact social et environnemental des fournisseurs.
 
"C'est une procédure exigeante qui a impliqué que nous revoyons l'ensemble de nos fonctionnements afin de les améliorer et de les formaliser", raconte Joël Gaudeul.

Si l’entreprise atteint les 80 points, elle peut demander le label. C'est là que l’ONG B-Lab intervient. Son rôle : vérifier que tous les critères sont bien respectés avant de délivrer, ou non, la certification. Cette dernière est valable deux ans, au terme desquels l’entreprise doit repasser le test.
 
"Il a fallu faire plusieurs allers-retours avec la commission en charge du dossier afin de bien comprendre les implications et nous mettre en conformité", précise le chef marketing d’Ulule.

Une démarche participative et communautaire

Être certifié B-Corp c’est aussi faire partie d’un réseau international. Aujourd’hui, il existe plus de 2 000 entreprises B-Corp dans 50 pays et 130 secteurs d’activités différents. Une communauté qui regroupe des start-up comme des grandes entreprises.

Au niveau international, de grosses pointures telles que Patagonia (avec un score de 107 points) ou Ben & Jerry’s  (89 points) font partie du réseau.

En France, la première entreprise a avoir été certifiée en 2015 est Utopies (98 points), spécialisée dans le développement durable. Vingt-quatre marques sont aujourd'hui certifiées dans l'hexagone, à l'image d'Ulule (83 points), de la Camif (84 points), de Nature & Découvertes  (97 points) ou plus récemment de La Ruche qui dit Oui.
 
"Très naturellement, ce label nous a orienté vers des partenaires labellisés et partageant notre vision, comme Camif ou Nature & Découvertes, avec qui nous travaillons sur l'opération Make It Happen ", explique Joël Gaudeul.
 
B-Corp, créé en 2006 par Jay Coen Gilbert, n’est pas encore reconnu par la loi française. Mais il l’est dans une vingtaine d’États américains ou dans des pays européens comme le Luxembourg ou l’Italie.
 
De plus en plus répandu sur l’Hexagone, ce label pourrait permettre aux consommateurs de mieux repérer les entreprises engagées au service de la société, de l'homme et de la nature.





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