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Juliette Vogler (Okamac) : « Nos Mac reconditionnés s’adressent autant aux particuliers qu’aux entreprises »

Saviez-vous que le leader européen du reconditionnement des ordinateurs Apple était français ? Chaque jour, Okamac répare et reconditionne plusieurs centaines de MacBook et iMac dans ses ateliers à Angers. Fondée en 2010 par Alban Regnier, l’idée a germé alors qu’il était étudiant. C’est en fouillant les petites annonces du Bon Coin pour trouver un Mac portable pas trop cher, qu’il est tombé sur des annonces où le prix d’un même modèle variait du simple au double sans justification précise. Alban a cherché à apporter de la rationalité économique en construisant des grilles de prix sérieuses, il a également apporté de la valeur en se lançant dans les premières opérations de reconditionnement en changeant les éléments défectueux. Il a également apporté une garantie professionnelle qui n’existait pas avant.

Après des débuts en autodidacte, Alban comprend vite qu’il y a un vrai potentiel et lance sa société. Okamac était né ! Juliette Vogler rejoindra l’aventure en 2016, la société ne comptait alors que quatre salariés. En master II de droit à Assas, elle rejoint Okamac pour ce qui, au départ, ne devait être qu’un job étudiant. Six ans plus tard, elle est désormais directrice d’Okamac, à la tête d’une entreprise de plus de cent collaborateurs. Ces dernières années la croissance d’Okamac a été fulgurante et aujourd’hui l’entreprise angevine reconditionne plusieurs dizaines de milliers de Mac par an.

Dès le départ, Okamac avait-il pour objectif de se positionner sur les ordinateurs Apple reconditionnés ?

Absolument ! Nous avons cherché à apporter une expertise professionnelle qui n’existait pas sur ce marché. Nous avons appris à réparer les différents modèles d’Apple de A à Z. Nous avons développé une expertise nous permettant par exemple des opérations de rebillages et de soudure très complexe sur des éléments comme la carte mère. De même nous sommes en mesure de venir réparer les écrans. Nous sommes ainsi capables de traiter toute la gamme d’Apple, que ce soit des Macbook ou des iMac. Cela nous permet d’avoir une très large offre d’ordinateurs reconditionnés sur notre site, de l’ordre d’une dizaine de milliers de références. L’idée est vraiment de pouvoir proposer à chaque client LE Mac qui correspond vraiment à son budget et à son besoin.

Où trouvez-vous ces ordinateurs à réparer ?

Les Mac proviennent à 95 % d’Europe et du Royaume-Uni. Nous rachetons par exemple des Mac aux professionnels et entreprises qui souhaitent renouveler leur parc. Cela permet notamment aux entreprises de revaloriser leur matériel informatique en lui donnant une seconde vie. Nous assurons un traitement sécurisé des données tout en permettant aux entreprises de s’inscrire dans une démarche écologique et tout le monde y trouve son compte. C’est une solution clef en main qui facilite la vie des entreprises tout en leur permettant de réduire leurs couts fixes. De notre côté cela nous assure un sourcing de qualité avec une grande traçabilité. 

Nous récupérons aussi des Mac aux particuliers, même si nous aimerions développer davantage cette filière d’approvisionnement. L’idée est d’avoir à terme une offre complète en économie circulaire où nous proposons autant le rachat de Mac d’occasion, la vente de Mac reconditionnés et des prestations de réparations pour améliorer les performances et la durée de vie des Mac. 

Comment se passe la réparation ?

Nous avons quatre sites différents à Angers pour une surface de plus de 1000m2 au total. Un est dédié aux Macbook, un autre aux iMac, un sert aux fonctions support et le dernier gère le reconditionnement esthétique. En effet, nous poussons le reconditionnement d’une partie de nos appareils jusqu’à l’aspect esthétique. Avec le soutien de l’Ademe, nous avons mis au point une solution capable d’effacer les rayures pour un aspect neuf lors de l’achat même si le produit est d’occasion. Nous avons en effet été lauréats d’un appel à projet Industrie du Futur qui nous a permis d’obtenir une subvention qui finance la nouvelle ligne de production. Dans ce cadre nous avons même rencontré la Ministre de la transition écologique de l’époque, évènement qui est venu récompenser nos années de travail pour la lutte contre l’obsolescence matérielle.

Un Macbook en cours de réparation. Crédit : Okamac

Que faites-vous des pièces restantes ?

Très peu de pièces ne sont pas réutilisées. Soit on répare, soit on réemploie. Pour le reste, on va d’abord chercher à le revendre car on part du principe qu’il vaut mieux réutiliser que recycler. Le recyclage fait perdre la valeur de fabrication du produit, c’est dommage. Enfin, en bout de ligne, nous travaillons avec le réseau Envie qui va recycler les éléments restants. Chez Okamac rien ne se perd, tout se reconditionne !

Comment fonctionne la revente ?

Nous avons notre site internet bien sûr, Okamac.com, sur lequel nous offrons une garantie minimum d’un an. L’idée du site est de permettre à nos clients de pouvoir configurer sur mesure le Mac de leur rêve : ils peuvent choisir le grade esthétique, la RAM, le macOS, la capacité de stockage, etc. Tous les Mac sont fournis avec un chargeur Apple d’origine, ce qui n’est pas forcément le cas sur les autres sites. 

Nous travaillons également avec des places de marché pour avoir une plus grande visibilité. Nous sommes ainsi marchands sur Back Market, Fnac, LDLC, Refurbed et encore une trentaine d’autres marketplace. Souvent les clients ignorent le fonctionnement des marketplace mais quand ils achètent un Mac sur Back Market, c’est en réalité Okamac qui l’aura reconditionné et qui le garantira. Ces plateformes font uniquement de la mise en relation. 

Nous équipons également les entreprises et collectivités territoriales soucieuses de leurs démarches RSE et de l’impact environnementale de leurs achats IT. Nous proposons la vente, mais également le leasing d’ordinateurs reconditionnés. Cela permet aux sociétés d’équiper leurs salariés avec les Mac les plus performants, à moindre couts et dans le cadre d’une politique d’achat IT vertueuse écologiquement. Debut novembre nous sortons d’ailleurs un nouveau site en ligne réservé aux professionnels : SensIT.

Vous ne faites que des ordinateurs Apple mais vous n’êtes pas agréé par le fabricant. Pourquoi ?

C’est une volonté de notre part, nous n’avons jamais fait la démarche. D’une part parce que nous n’avons pas besoin de tant de pièces que ça dans la mesure où une partie des ordinateurs que nous récupérons sont démantelés pour récupérer des pièces détachées qui seront intégrées à d’autres machines en meilleur état. D’autre part parce que nous avons trouvé plus intéressant de faire fabriquer certaines des pièces détachées les plus importantes, comme la batterie. Nous travaillons alors en direct usine avec notre propre cahier des charges afin d’être sûr d’une qualité constante.

Ce développement progressif d’Okamac a été réalisé sans levée de fonds mais avec le soutien de Bpifrance. Pouvez-vous nous expliquer de quelle manière ?

Depuis le début, nous sommes très bien entourés par le tissu local. Nous avons commencé avec la CCI puis, quand nous avons grandi et eu besoin d’un accompagnement plus important, la CCI nous a réorienté vers la Bpifrance et la région à partir de 2019. Ils ont été là non seulement pour le financement via des prêts mais aussi pour l’aide à la formation et pour un suivi régulier car, une à deux fois par an, nous faisons un point avec eux sur nos perspectives. Ils nous aiguillent aussi vers les bonnes personnes à contacter pour nous aider dans notre développement.

Et puis, par le biais de la Communauté du Coq Vert, nous bénéficions de mises en relation avec d’autres entreprises du réseau qui peuvent nous être utiles. J’aime aussi passer du temps sur l’interface en ligne pour regarder des webinaires, toujours bien ciblés et orientés sur l’actualité économique.

Vous avez également réalisé un diagnostic par le biais de Bpifrance ?

Oui, nous avons réalisé le Diag Eco-Flux pour faire le point sur les possibles économies d’énergie à réaliser dans nos locaux. Dès le départ, nous avons fait en sorte d’être très peu énergivore – nous refusons par exemple les gros outillages – mais le diagnostic a néanmoins permis de mettre le doigt sur quelques améliorations à faire, comme le changement d’ampoules pour des LED par exemple. Sinon, nous avions déjà une démarche assez vertueuse en termes d’énergie puisque 100 % provient du solaire ou de l’éolien via un fournisseur ad hoc. Nous avons aussi pour projet d’installer des panneaux photovoltaïques sur toute la partie sud de la toiture de notre prochain bâtiment en cours de construction.

Cet article a été réalisé grâce au soutien de Bpifrance – La Communauté du Coq Vert

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