Oubliez l’idée d’une responsabilité diffuse, partagée entre 8 milliards d’humains. Les riches brûlent la planète, les pauvres en paient le prix. Telle est en substance la conclusion d’une nouvelle étude inédite menée par des chercheurs européens et parue dans Nature Climate Change le 7 mai 2025. Le rapport montre qu’il est possible de tracer un lien direct entre les revenus les plus élevés et l’intensification des vagues de chaleur ou des sécheresses. Conclusion : depuis les années 1990, environ deux tiers du réchauffement climatique est imputable aux 10 % des individus les plus riches de la planète.
Pour établir cela, Sarah Schöngart, analyste en modélisation climatique à ETH Zurich et responsable de l’étude, explique : “Les impacts climatiques extrêmes ne sont pas seulement le fruit d’émissions globales abstraites. Nous pouvons les relier à des choix de style de vie et d’investissement, eux-mêmes liés à la richesse.” Grâce à un couplage innovant entre données économiques et modèles climatiques, les chercheurs ont imaginé un monde sans les émissions des 10 %, 1 % et 0,1 % les plus riches. Résultat : sans les plus riches, la planète aurait gagné seulement 0,01 °C depuis 1990. Avec eux, elle a pris 0,61 °C. Les auteurs de l’étude estiment que 65 % de l’augmentation de la température mondiale depuis 1990 est imputable aux émissions des 10 % des individus les plus riches. Pour les 0,1 % les plus riches, l’estimation est de 8 %.