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Crise environnementale : “J’ai participé à la première assemblée mondiale de citoyens pour le climat”

Pendant trois mois, 100 citoyens ont participé en ligne à la Global Assembly, la première assemblée mondiale de citoyens pour le climat. Le 18 décembre, une déclaration a été finalisée apportant plusieurs solutions pour gérer la crise climatique et environnementale de façon équitable.

Le 21/12/2021 par Sofia Colla
assemblée mondiale pour le climat
Les 100 citoyens du monde, membres de l’assemblée mondiale pour le climat, se retrouvaient pour des réunions en ligne, tous ensemble ou bien par petits groupes de cinq, durant trois mois. (Crédit : Global Assembly)
Les 100 citoyens du monde, membres de l’assemblée mondiale pour le climat, se retrouvaient pour des réunions en ligne, tous ensemble ou bien par petits groupes de cinq, durant trois mois. (Crédit : Global Assembly)

Samedi 18 décembre s’est clôturée la Global Assembly, la première assemblée mondiale de citoyens pour le climat. Une expérience qui a commencé en octobre, à la veille de la COP26 de Glasgow. 

“L’objectif de cette assemblée était de répondre à une question : comment l’humanité peut-elle gérer la crise climatique et environnementale de façon efficace et équitable?”, explique Davy Marchand-Maillet, unique membre français de l’assemblée. 

assemblée mondiale pour le climat
Davy Marchand-Maillet, ingénieur lyonnais et unique membre français de l’assemblée mondiale de citoyens pour le climat. (Crédit : DR)

Pour cela, 100 citoyens du monde ont été “choisis”. Des zones géographiques représentatives de la population mondiale ont d’abord été tirées au sort. Puis les organisateurs ont élu un Community Host par zone. Ce dernier devant sélectionner à son tour six personnes volontaires les plus diversifiées possibles (âge, sexe, éducation, etc.). Enfin, un tirage au sort a permis de désigner un ou une finaliste. 

En France, c’est Julie Pouliquen, 34 ans, cofondatrice de la Cordée, entreprise de coworking, et de l’Institut Transitions à Lyon, qui a été choisie pour devenir la Community Host française. 

Le Lyonnais Davy Marchand-Maillet, 44 ans, ingénieur, a été tiré au sort pour représenter l’Hexagone à la Global Assembly. À ses côtés, 18 Chinois, 17 Africains, 10 Européens, 18 Indiens ou encore 5 Américains… ont réfléchi aux problèmes du réchauffement climatique lors de réunions en ligne. Autant d’hommes que de femmes. 

Accord de Paris, éducation et transition énergétique

Une première déclaration a été finalisée juste avant la COP26. Puis une seconde version a été rendue ce week-end du 18 décembre, prenant en compte tout ce qui s’était dit pendant la Conférence pour le climat. “La déclaration est assez généraliste, très universaliste”, résume Davy Marchand-Maillet. “Nous disons qu’il est important de respecter l’accord de Paris. Que c’est la meilleure façon de bien gérer la crise climatique. Mais aussi qu’il faut traiter tout cela de manière équitable. En ajoutant par exemple à la Déclaration internationale des droits de l’Homme une ligne précisant que chacun a droit à un environnement propre, à l’eau potable ou à de l’air pur notamment, détaille le participant français.

La déclaration contient aussi le souhait de la mise en place d’un délit d’écocide au niveau mondial. Ainsi que plusieurs mesures concernant l’éducation, l’accès égalitaire à la connaissance et à la sensibilisation à la crise climatique et environnementale. 

“La déclaration aborde la transition énergétique, souligne Davy Marchand-Maillet. “Avec une très forte insistance sur comment il peut y avoir un transfert technologique et financier de la part des pays développés pour aider les autres pays à faire leur transition.”

Diversité des membres

Si le Français était déjà sensibilisé à la cause environnementale, cette assemblée lui a permis de prendre de la hauteur. “J’ai pu toucher du doigt ce que vivent de nombreux citoyens dans le monde. Nous avons été confrontés à plusieurs situations, et il y en a certaines que je n’imaginais même pas”, raconte-t-il. 

Et d’évoquer l’histoire de ce berger indien qui doit faire plusieurs kilomètres pour rejoindre son Community Host et pouvoir se connecter. Ou encore ce mineur birman, ouvrier dans une mine d’or qui travaille vingt heures par jour. “Une Pakistanaise nous a même confié qu’avant de participer à l’assemblée, elle pensait que le réchauffement climatique était une punition divine”, se souvient-il. 

Une assemblée mondiale de citoyens pour le climat avec quelques couacs

Des profils variés, même si pas tout à fait représentatifs de la population mondiale, regrette Julie Pouliquen. “J’ai dû en une semaine trouver six personnes capables de consacrer soixante-douze heures à l’urgence climatique entre octobre et décembre. Vu le délai, cela a été impossible de trouver des profils qui n’étaient pas déjà sensibilisées”, raconte-t-elle. 

Des informations que l’on a fait remonter aux administrateurs. “Nous avons été beaucoup sondés au fur et à mesure du processus”, explique Julie Pouliquen. 

Autre regret de Davy Marchand-Maillet : la “complexité” de la déclaration finale. “Nous sommes censés représenter les citoyens. Pourtant, la déclaration finale utilise un langage compliqué, alors que nous devrions faire une déclaration qui puisse être lue par tout le monde”, justifie-t-il. Cette déclaration, qui n’est pas encore en ligne, devrait tout de même être traduite dans plusieurs langues dans les prochaines semaines. 

S’il s’agit  pour le moment d’une première expérience, l’assemblée mondiale pour le climat se veut pérenne. Les participants de 2021  continueront de travailler ensemble durant l’année 2022, avec une contribution en vue de la COP15 sur la biodiversité. Puis, de nouvelles personnes devraient être sélectionnées en 2023, avec un échantillon plus important (entre 300 et 400 personnes). 

“L’une des recommandations que l’on a mises dans la déclaration consiste à insérer la Global Assembly dans la gouvernance mondiale. Par exemple, qu’elle puisse avoir un siège aux Nations unies”, ajoute Davy. “Nous voudrions aussi développer des assemblées citoyennes locales”. Une dernière mesure que l’ingénieur lyonnais compte bien pousser en France, en vue des prochaines élections présidentielles.

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