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La Convention citoyenne pour le climat prépare l’après-coronavirus

Les membres de la Convention citoyenne pour le climat ont transmis 50 premières propositions au gouvernement afin de préparer l’après-coronavirus. Voici les grands axes de leur plan de relance “économique et écologique”.

Le 14/04/2020 par Sofia Colla

Comment sortir de la crise sanitaire et préparer un monde “d’après-coronavirus” meilleur que celui d’avant ? La Convention citoyenne pour le climat (CCC) a souhaité apporter sa pierre à l’édifice, comme nous l’annonçait le garant Cyril Dion dans cette interview

Réunis en session exceptionnelle en visioconférence, les 150 citoyens tirés au sort de cette assemblée ont voté 50 premières mesures, transmises le 9 avril à Emmanuel Macron en prévision de son allocution du lundi 13 avril. Ces mesures seront complétées et validées en session plénière après le déconfinement. 
    

“Nous nous exprimons, car il est urgent d’agir pour construire demain”, écrivent sur leur site les citoyens âgés de 16 à 80 ans”.

  

Voici les quatre grands axes d’action proposés par la Convention, auxquels ont eu accès les médias Le Monde et Alternatives économiques.

1. Placer la crise climatique au cœur de l’Après-coronavirus

L’un des points principaux abordés dans le document publié par la Convention citoyenne : la crise climatique, “qui ne doit pas être effacée par la crise sanitaire actuelle et l’urgence qui s’en suit”.
   

” Nous souhaitons que la sortie de crise qui s’organise sous l’impulsion des pouvoirs publics ne soit pas réalisée au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité”.

 
Parmi les mesures “vertes” proposées, la Convention demande un plan d’investissement pour les transports en commun, notamment “de rendre obligatoire et d’augmenter (entre 500 et 1 800 euros par an) la prime de mobilité durable” et d’augmenter “les montants du fonds vélo de 50 à 200 millions d’euros par an pour financer des pistes cyclables et interdire l’accès aux centres-villes pour les véhicules les plus polluants”, révèle Le Monde
  

De plus, “pour mettre fin à la surconsommation”, les citoyens demandent l’interdiction de la publicité pour les produits hautement carbonés “dès 2023” et à retirer les publicités des “espaces publics extérieurs”. 

Enfin, ils proposent la rénovation énergétique obligatoire des bâtiments d’ici à 2040 ainsi qu’une lutte contre l’étalement des villes, notamment en stoppant “immédiatement” les aménagements de nouvelles zones commerciales périurbaines, en limitant le nombre d’hectares artificialisables.

2. Construire les bases d’une nouvelle société

Pour l’assemblée citoyenne, “la stratégie de sortie de crise, devra porter l’espoir d’un nouveau modèle de société. […] Un modèle économique et sociétal différent, plus humain et plus résilient face aux futures crises”.
 
Pour cela, elle propose notamment trois axes : 

  • Réduire la dépendance de la France aux importations
  • Favoriser l’emploi en France
  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre

   

“Expérience de sobriété poussée à l’extrême, le confinement a montré combien tout un chacun peut vivre de manière plus responsable et combien les Français sont réactifs face à l’urgence”, écrit la Convention.

   
Elle note l’importance de relocaliser certaines activités stratégiques (alimentaires, sanitaires et énergétiques), qui ont en partie fait défaut au pays depuis le début de la crise sanitaire du covid-19.
 
Et  demande notamment un plan d’investissement pour l’agriculture, avec une priorité donnée aux circuits courts, grâce notamment à “la création de fermes municipales et de plates-formes de regroupement des productions”, écrit Le Monde.
 

“Les membres de la Convention veulent avoir converti à l’agroécologie 50% des terres d’ici 2040, réduire de moitié l’usage des engrais azotés en 2030 et éliminer tous les pesticides d’ici 2040”, relaie Franceinfo.

 

3. Repenser les relations internationales

Relocaliser certaines activités certes, mais sans pour autant se couper du monde : “cette transformation de notre modèle ne peut pas s’instaurer uniquement à l’échelle nationale”, précise les membres de la CCC, qui veulent éviter le risque naissant d’un “repli national”.
 

“La reconfiguration des relations internationales doit se faire dans un esprit de justice sociale, et doit favoriser une régulation de la mondialisation en faveur du climat. […] Il est nécessaire de réaffirmer l’importance des solidarités internationales pour une action efficace”.

L’Europe apparaît ainsi comme une solution pour proposer “de grands projets afin de diffuser un message positif et d’union”

4. Prendre des décisions en impliquant les citoyens

Enfin, le confinement et l’urgence que traversent les Français auront été la preuve que dans de telles situations, les initiatives solidaires ne manquent pas, et que la plupart des citoyens s’investissent, selon la Convention.
 

 
“La participation citoyenne est essentielle. […] C’est le moment idéal d’écouter et de prendre en compte les remarques des citoyens pour la construction d’une société future”, préconisent les membres de l’assemblée. 
 
Celle-ci propose notamment de mettre en place des “miniconventions citoyennes pour le climat, pour élaborer collectivement des propositions concrètes pour l’environnement dans nos villes, nos campagnes, nos quartiers, nos régions”, dévoile Le Monde.

 Si Emmanuel Macron a évoqué, lors de sa dernière allocution, le fait de “bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience…”, reste à voir les mesures concrètement mises en place au sortir de la crise. 
 

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