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BigPicture Natural World 2022 : 12 incroyables photos de la vie sauvage

Douze oeuvres d’art. Douze clichés mettant en scène la faune aquatique, terrestre ou aérienne. Autant d’instants suspendus qui racontent la nature comme jamais. Autant de photos célébrées par le concours BigPicture Natural World 2022.

Le 25/06/2022 par Florence Santrot
mérous goliath
Chaque année, d'août à début octobre, les mérous goliath de l'Atlantique (Epinephelus itajara) se rassemblent au large de la côte est de la Floride pour frayer. Photo : Tom Shlesinger.
Chaque année, d'août à début octobre, les mérous goliath de l'Atlantique (Epinephelus itajara) se rassemblent au large de la côte est de la Floride pour frayer. Photo : Tom Shlesinger.

Capturer un instant décisif. Épier le jeu des animaux. Attendre de longues heures. Jouer avec les lumières, la nature… Les photographes animaliers connaissent bien la patience et doivent faire preuve de créativité et de débrouille. Tout en restant en permanence aux aguets pour ne pas laisser passer la bonne photo. Celui sur lequel notre oeil s’arrêtera et restera en admiration. Et quand, par miracle, le cliché parfait a été capturé, alors on ne peut que s’extasier devant cet instant suspendu. C’est le cas de ces douze photos. Autant d’oeuvres d’art tirées de la sélection annuelle du concours BigPicture Natural World 2022.

Abeille, otarie, castor, chauve-souris, étoile de mer, grenouille, insecte, mérou, hermine… autant de photos d’animaux à découvrir ou redécouvrir sous un jour nouveau sous l’oeil de photographes animaliers talentueux qui ont su être “au bon endroit, au bon moment”.

GRAND PRIX – Boule d’accouplement d’abeilles cactus au Texas, par Karine Aigner

Une boule d'accouplement d'abeilles cactus au Texas. Photo : Karine Aigner.

Au Texas, les abeilles cactus (Diadasia Rinconis) nichent au moment de la floraison du figuier de barbarie. Chaque femelle construit un nid souterrain avec plusieurs “cavernes”. Elle y prépare des boules de pollen pour les œufs qu’elle y pond avant de sceller la maison souterraine. Des semaines plus tard, les mâles en vol stationnaire descendent pour s’accoupler avec les femelles émergentes. La concurrence est féroce et les mâles forment des “boules d’accouplement”. Et ils se battent pour avoir l’opportunité de s’accoupler avec la femelle au centre de la balle. Seul le plus fort y parvient. Après quelques secondes de copulation, les deux se désengageront. La femelle s’envolera, et le mâle passera quelques minutes à se toiletter les pattes. Photo : Karine Aigner.

VIE AQUATIQUE – Otarie morte et étoiles de mer, par David Slater (vainqueur)

Un groupe coloré d'étoiles de mer (Patiria miniata) éparpillé sur le corps d'un lion de mer de Californie, comme des fleurs jetées sur une tombe.
Les otaries – ou lions de mer – de Californie (Zalophus californianus) sont des membres emblématiques de l’écosystème de la baie de Monterey. Le photographe David Slater adore plonger avec elles. “Ils se précipitent devant vous avec une telle beauté et une telle grâce qu’ils vous laissent stupéfaits”, explique-t-il. Mais lors d’une plongée en septembre dernier, David a été témoin d’une scène plus sombre. Sur la vase du fond marin, un lion de mer mort était parti pour son dernier voyage. Un groupe coloré d’étoiles de mer (Patiria miniata) s’était éparpillé sur son corps. Telles des fleurs jetées sur une tombe. Photo : David Slater.

VIE TERRESTRE – Castor et araignée dans un même écosystème, par Bence Mátélay (vainqueur)

Castor et araignée en Hongrie
À l’aube, dans le parc national hongrois de Kiskunsag, le photographe Bence Mátélay respirait à peine, allongé sur une embarcation de la taille d’un cercueil. Devant lui, un castor d’Eurasie (Castor fiber) s’affairait à ronger un arbre, en contre-jour des premiers rayons du soleil matinal. A proximité, des arbres précédemment abattus ont émergé comme des piliers de quai de l’eau enveloppée de brume. L’un d’eux était orné d’une
toile d’araignée rougeoyante. Une sublime scène éthérée qui rappelle que les castors transforment leur environnement lorsqu’ils construisent des barrages. Créant des habitats qui sont utilisés par de nombreuses autres espèces. Phtoo : Bence Mátélay.

VIE AÉRIENNE – La chauve-souris, machine volante, par May Sitaram (vainqueur)

Chauve-souris frugivoire en plein vol.
En Inde, May Sitaram est un passionné de photographie animalière. Et le Covid lui a fait comprendre qu’il n’avait pas besoin de partir loin pour pratiquer sa passion. “Une nuit, assis sur mon balcon, je regardais un pommier dont les chauves-souris venaient fréquemment manger les fruits, se souvient-il. Le monde entier maudissait les chauves-souris, mais j’ai décidé de les observer.” Il a passé trois semaines à épier les chauves-souris frugivores. Il a fini par savoir prédire leur comportement et à identifier les lacunes dans la canopée des arbres où elles étaient susceptibles de faire une entrée. Lors d’une de ces ouvertures, il a réussi à capturer ce cliché, encadrant parfaitement la chauve-souris dans un anneau de feuillage vert luxuriant. Photo : May Sitaram.

PAYSAGES – La beauté cachée de la nature sous nos pieds, par Tom St. George (vainqueur)

Au fond d'un cénote de la péninsule mexicaine du Yucatán, le photographe Tom St George a rencontré cette caverne d'un autre monde, apparemment sans vie.
Au fond d’un cénote de la péninsule mexicaine du Yucatán, le photographe Tom St George a rencontré cette caverne d’un autre monde, apparemment sans vie. Il a capturé ses eaux faiblement éclairées pénétrées par des milliers de stalactites spectaculaires. Aussi inhospitalière qu’elle puisse paraître, cette grotte inondée est en fait loin d’être stérile. Elle fait partie d’un vaste réseau souterrain de passages inondés, de gouffres et de grottes qui abritent une surprenante diversité de poissons et de zooplancton. Des espèces qui, pour la plupart, ne se trouvent que dans le Yucatán. Parmi eux, Antromysis cenotensis est un minuscule crustacé qui joue un rôle démesuré dans son écosystème. Inclus sur la Liste rouge mexicaine des espèces en péril, l’organisme ressemble à une crevette. Il effectue de longues migrations verticales pendant qu’il se nourrit, déplaçant ainsi les nutriments dans la colonne d’eau. C’est également une source de nourriture d’une importance cruciale pour les poissons cénotes. Photo : Tom St George.

L’ART DE LA NATURE – L’incoryable diversité des insectes, par Pål Hermansen (vainqueur)

Des dizaines d'insectes
Lorsque le photographe norvégien Pål Hermansen est sorti un matin de mars à ski et a regardé sa maison, il a été consterné. L’une des lumières extérieures avait été laissée allumée toute la nuit et, à l’intérieur de sa coquille lumineuse, il vit les taches sombres de dizaines d’insectes, attirés vers leur mort par cette balise isolée dans la pénombre. Alors qu’il nettoyait le luminaire, Pål Hermansen a été inspiré pour photographier la collection d’insectes, dans l’espoir de mettre en lumière “les créatures cachées qui sont à la base de nos vies – des créatures que nous ignorons facilement”. Photo : Pål Hermansen.

HUMAIN/NATURE – Délicatesse écoeurante en Roumanie, par Bence Máté (vainqueur)

Lors d'un voyage dans la région roumaine des Carpates il y a plusieurs années, le photographe hongrois Bence Máté est tombé sur une scène horrible.
Lors d’un voyage dans la région roumaine des Carpates il y a plusieurs années, le photographe hongrois Bence Máté est tombé sur une scène horrible. Sur un site de ponte de grenouilles rousses (Rana temporaria), des centaines d’amphibiens (et plusieurs crapauds) gisaient morts dans l’eau, certaines s’agrippant encore à des partenaires, leurs pattes postérieures manquant notamment. Les braconniers avaient arraché les amphibiens de l’eau alors qu’ils tentaient de se reproduire, leur avaient coupé les pattes arrière pour nourrir le commerce des cuisses de grenouilles et les avaient rejetés à l’eau pour mourir d’une mort lenteparmi leur frai. “C’est la cruauté qui m’a le plus choqué, dit Máté, mais aussi le mal causé aux populations locales”. Photo : Bence Máté.

VIE AQUATIQUE – Shooting Star, par Tony Wu (finaliste)

Voici une étoile de mer Leiaster leachi mâle diffusant du sperme dans l'eau trouble d'une baie peu profonde au Japon.
Voici une étoile de mer Leiaster leachi mâle diffusant du sperme dans l’eau trouble d’une baie peu profonde au Japon. D’autres étoiles de mer à proximité diffusaient du sperme et des œufs dans l’eau de manière synchrone, bien qu’elles ne soient pas à distance visuelle les unes des autres. Au cours d’une heure ou plus, l’étoile de mer s’est balancée et a tournoyé en libérant des flots de sperme – une danseuse à cinq membres tournoyant à un rythme de vie silencieux et intemporel. Cet individu mesurait entre 40cm et 45cm de diamètre. La scène a été photographiée dans la préfecture de Kagoshima, au Japon. Photo : Tony Wu.

VIE AQUATIQUE – Tom Shlesinger, finaliste avec son mérou goliath

Chaque année, d'août à début octobre, les mérous goliath de l'Atlantique (Epinephelus itajara) se rassemblent au large de la côte est de la Floride pour frayer. Photo : Tom Shlesinger.
Chaque année, d’août à début octobre, les mérous goliath de l’Atlantique (Epinephelus itajara) se rassemblent au large de la côte est de la Floride pour frayer. Les nuits sombres, lorsque la lune est nouvelle, les mâles – de la taille d’un réfrigérateur – produisent des sons retentissants à basse fréquence en contractant leur vessie natatoire, appelant d’autres mérous à se rassembler autour des épaves ou des récifs rocheux. Il y a cinquante ans, plus de 100 poissons pouvaient répondre à l’appel. Mais en 1990, en raison de la surpêche, les agrégations d’accouplement étaient souvent réduites à une poignée de poissons. Désormais protégée, cette espèce se rétablit. Et il est maintenant courant de voir 20 à 40 mérous ensemble pendant la saison de reproduction. Photo : Tom Shlesinger.

VIE TERRESTRE – Le jeu de l’hermine, par José Grandío (finaliste)

Au petit matin d'un froid matin d'hiver dans les Alpes françaises, le photographe José Grandío était immobile dans la neige, attendant qu'une hermine (Mustela erminea) sorte de son terrier.
Au petit matin d’un froid matin d’hiver dans les Alpes françaises, le photographe José Grandío était immobile dans la neige, attendant qu’une hermine (Mustela erminea) sorte de son terrier. Il avait passé les derniers jours à patienter de longues heures, sans récompense. Mais sa patience était sur le point d’être récompensée. Peu de temps après le lever du soleil, l’hermine est sortie dans la lumière pâle de l’hiver et a procédé à un spectacle spectaculaire. “Il semblait jouer avec la neige fraîche qui venait de tomber, faisait des sauts soudains et rampait dans la neige”, se souvient Grandío. Photo : José Grandío

VIE TERRESTRE – C’est l’histoire de la vie (des grenouilles), par Jaime Culebras

Des embryons de "grenouille de verre"
Par une nuit éclairée par la lune près de la station de recherche de Yanayacu, dans le nord-est de l’Équateur, une femelle “grenouille de verre” (Nymphargus wileyi) a sauté sur une fougère. Tenue plusieurs heures par un mâle, jusqu’à ce qu’elle soit prête à déposer ses œufs, elle a fini par se positionner au bout d’un bras feuillu qui s’étendait au-dessus d’un ruisseau. Une fois la couvée d’œufs expulsée, le mâle la féconda immédiatement. Logés dans une masse gélatineuse qui éloigne les prédateurs, les protège de la déshydratation et prévient les infections fongiques, les embryons se sont développés pendant quelques jours sur la pointe de la fougère avant de tomber dans l’eau pour poursuivre leur métamorphose. Mais avant leur chute, le scientifique et photographe Jaime Culebras a capturé ce magnifique portrait en contre-jour. Photo : Jaime Culebras.

Ces photos ont été publiées à l’origine dans bioGraphic, un magazine indépendant sur la nature et la conservation édité par l’Académie des sciences de Californie. bioGraphic est aussi partenaire média du concours BigPicture Natural World Photography.

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