Le jean s'achète une bonne conduite
Les différentes pièces d'un jean fabriqué par Atelier Tuffery, dans les Cévennes (Lozère). - © Jérémy Lempin / WD
Publié le par Céline Cabourg
Longtemps symbole des excès de la mode mondialisée, le jean amorce une mue aussi vertueuse qu’inattendue. Technologies sobres, filières relocalisées, modèles économiques repensés : sous la pression écologique et sociale, l’icône des vestiaires devient un terrain d’expérimentation pour l’industrie textile. Pas encore assez pour bousculer la fast-fashion, mais suffisamment pour engager fabricants et consommateurs.
2,3 milliards de jeans produits chaque année dans le monde, dont 70 millions vendus en France. Le vêtement le plus populaire au monde ne pouvait pas rester le plus mauvais élève de la filière textile. De quoi l’accuse-t-on ? De consommer beaucoup trop d’eau, depuis les champs de coton jusqu’à la confection. D’avoir perdu sa mémoire de vêtement de travail robuste pour devenir un article jetable, incarnant les dérives de la mode mondialisée : morcellement de la chaîne de fabrication dans plusieurs pays, utilisation de produits chimiques sources de pollution multiples, exploitation d’une main-d’œuvre sous pression pour répondre à la demande exponentielle.
Pourtant, depuis plusieurs années, le jean opère sa mue. L’innovation technologique a permis de nouvelles pratiques. Certains responsables de marques sont devenus des militants du mieux faire. Les mauvais élèves d’hier sont parfois ceux qui ont ad
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