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Odonate : un bateau, un avion ou les deux ?

En matière d’innovation, Odonate attire les regards. Voici le premier hydravion 100 % propulsé par le vent. Il a été imaginé par l’association Globe For You en Bretagne.

Le 01/07/2022 par Florence Santrot
odonate

Les habitants de Saint-Lunaire en Bretagne ont dû être pour le moins surpris de découvrir cet engin volant et flottant non identifié. Le samedi 18 juin dernier, l’Odonate a fait ses premiers essais de pilotage en mer. “Bonne nouvelle : les commandes fonctionnent, et nous sommes très satisfaits de ce premier prototype d’hydravion. Le premier entièrement propulsé par le vent. C’est prometteur pour la suite, et ce n’est pas fini !”, s’enthousiasme l’association Globe For You sur sa page Facebook.

Globe For You a choisi ce village de la Côte d’Emeraude, en Ille-et-Vilaine, pour tester ce prototype. Mais l’idée ne remonte pas à hier. Elle a germé il y a 30 ans dans la tête de Gilles Durand, ingénieur retraité du Commissariat à l’énergie atomique. Ce passionné de voile est aussi un accro à la vitesse. Il cherche depuis longtemps des solutions pour limiter les frictions sur l’eau tout en restant en sécurité. C’est ainsi qu’est né l’Odonate, le premier planeur à voile et dérive. Ou “avion à dérive”, comme le qualifie Gilles Durand.

Un bateau qui ressemble beaucoup à un avion

Difficile de savoir exactement comment qualifier cet engin hors du commun. Pour le fabriquer, il a fallu “1000km de fil de carbone, 10 paires de bras et 2 ans de travail”. Au total, l’engin pèse 150 kilos. Composé de deux flotteurs à la base, il est surmonté d’une cabine de pilotage minimaliste équipée d’une dérive. Accrochées à cette cabine, deux ailes horizontales d’une envergure de 13 mètres sont dotées de flotteurs.

Et au bout de ces ailes, sont montées deux autres ailes rigides. Inclinées, elles se rejoignent en hauteur pour former un triangle. A leur extrémité, a été placé un gouvernail de direction. Pour Gilles Durand, il s’agit bel et bien d’un bateau, en raison de sa dérive qui lui permet “d’avancer droit dans l’eau”. Et pourquoi ce nom ? “Odonate, c’est le nom latin de libellule. La libellule, c’est un oiseau lacustre à quatre ailes, et nous avons aussi quatre ailes principales. Deux pour voler, et deux pour se propulser.“, explique Gilles Durand.

L’Odonate se déplace au ras de l’eau

C’est le président de Globe for You, Titouan Sessa, qui a pris les commandes de l’hydravion hybride au large de Saint-Lunaire, non loin de l’atelier où l’engin a été fabriqué. Lors de ce test, pas question de “voler” au-dessus de l’eau. L’Odonate s’est contenté de faire des manoeuvres sans quitter la surface.

Gilles Durand explique à Ouest-France comment se manie le prototype. “Nous avons installé un palonnier sous les pieds du pilote, avec lequel il oriente un gouvernail de direction situé en haut de la voilure. Et c’est un manche qui permet de piquer ou cabrer l’Odonate.”

Grâce à ses voiles rigides, il utilise le vent comme moyen de propulsion. Et, une fois que l’Odonate atteint une vitesse suffisante, il décolle de l’eau. Mais il ne s’élève pas pour prendre de la hauteur. Il se contente de voler au ras de l’eau et d’avancer ainsi grâce à la sustentation. C’est un concept mécanique qui se définit ainsi : l’effet d’une force qui maintient un corps à faible distance au-dessus d’une surface et sans contact avec elle. Ce sont ces coussins d’air qui se forment entre l’Odonate et la surface de l’océan qui lui permettent d’avancer. Un prototype très ludique mais qui pourrait permettre de développer dans le futur de nouvelles solutions de transport maritime.

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